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L'exemple de Gibraltar port franc, nous le prouve

ni

sus de la vérité, il représentera un mouvement de 160.000 tonnes. Si l’on lient aussi compte des opéra- Lions effectuées au dépôt de la Darse, il faut ajouter de ce chef environ 50.000 tonnes au chiffre que nous avons indiqué. Ce sera donc en tout 220.000 tonnes, chiffre encore lrès peu considérable, si on le compare au mouvement de l’ensemble du port qui était en 1899 de 9.084.877 tonneaux afférents à 12 970 navires entrés et sorlis (1).

Enfin, voici ce que dit de Fiume la Chambre de Commerce de Marseille : «il n’en est pas moins vrai que le port franc concourt à la prospérité de Fiume, prospérité assurée tant que durera l’exploitation intensive des forèts d’Autriche-Hongrie, mais qui, celle-ci terminée, devra, pour durer, chercher d’autres voies ».

Cette part dans la prospérité de Fiume doit être bien infime, qu'il nous soit permis de le remarquer, et puisque quand lexploitation des forèts de lAutriche-Hongrie sera terminée, Fiume avec sa seule franchise ne pourra plus vivre, puisqu'il lui faudra € pour durer chercher d’autres voies », nous ne pouvons que conclure à l'inefficacité des ports francs livrés à eux mêmes.

A quelles causes il faut attribuer la décadence de notre marine marchande et de notre commerce extérieur. Conclusion.

Les partisans de la franchise prétendent que notre

4, Le Travail national du 27 janvier 1901.

tre

marine marchande Lombe parce que nous n'avons pas de ports francs.

Pour nous, celte décadence à d’autres causes (1). On a prétendu que notre marine tombait par la faute du pays, parce que nous n’étions pas colonisateurs, n1 partant navigateurs. Aujourd'hui qu'on est mieux informé, on déclare seulement que nous n'avons pas le sens commerclal développé, ni le goût de risquer nos épargnes sur mer. Et « cependant il y a du fret en France, puisque les navires étrangers passent leur temps dans nos ports, s’y emplissent à couler. Il n'y manque pas non plus d’armaleurs courageux, qui s'obstinent contre la fortune mauvaise ; on y trouve enfin des marins très nombreux qui comptent parmi les meilleurs de l'Europe. Alors, que nous faut-il si nous avons aussi l'Etat, nous protégeant de loutes ses forces jusqu'à la strangulation ? »

Rien n’est fâcheux en affaires, comme de rencontrer Etat et à fortioriles Etats. Or, e’est ce qui arrive à notre marine: elle est partout aux prises avec des gouvernements gavant de subventions leur marine; « elle est surtout aux prises avec le uôtre qui se multiplie contre elle (2) ; l'anarchie administrative, le système des voies navigables, les tarifs de chemins de fer, la décrépitude d’une législation qui traîne depuis Colbert, les droits de

1. Dans ce paragraphe, pour ce qui touche à notre marine marchande, nous faisons de fréquents emprunts au Correspondant du 10 novembre 1901. « La décadence de notre marine marchande et la responsabilité de l'Etat ».

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