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A TE

du navire à quai, et dans tous les cas, avant que soit consommé son déchargement, le capitaine remettra à l’administration (des quais) le bordereau détaillé des marchandises constituant sa cargaison (art. 6). Cette déclaration, que contrôlera plus tard l'administration des quais en comparant les connaissements au manifeste, sert à établir la statistique du port. L'Etat de Hambourg perçoit de ce chef quelques droits.

Dès que le navire est amarré et que les déclarations sont faites, le déchargement de la cargaison commence. Généralement il est vite achevé, car dans ce port, toul concourt à le rendre facile. À Hambourg, en effet, même sans bassins clos, la marée se fait peu sentir. Les plus grosses différences de niveau étant de { m. 90, la hauteur des bords du navire par rapport à la rive est relativement constante, et ainsi les ouvriers peuvent travailler commodément en tout temps. Un outillage muni des derniers perfectionnements rend encore de grands services pour la manutention des objets lourds. Les « Schauerleute », ou ouvriers du port, ont pénétré dans la cale du navire ; ils placent les marchandises en haut des glissières qui les précipitent sur le quai, ou les attachent à la chaîne de puissantes grues (1), mues par la vapeur ou l'électricité, que l’on aperçoit en grand nombre tout autour des bassins, les unes fixes, les autres mobiles.

La cargaison est donc sur le quai. Le rôle des

4. «Une grue à vapeur pouvant soulever 1.500 kilos, coûte à Hambourg 14 marks, soit 17 fr. 50 par jour, alors qu'à Marseille, nous avons à payer pour une grue de la même puissance 30 francs par jour ». L. Estrine, op. cit., p. ÿ.

« Schauerlente » cesse. Ce seront les « Arbeiter » (1) qui rouleront les marchandises sous les hangars ou les chargeront sur les wagons.

Les hangars construits par la ville de Hambourg sont admirablement compris. De construction plutôt légère, leur toiture débordante permet aux ouvriers de travailler toujours à couvert. 143 kilomètres de voies ferrées, se raccordant avec les principales lignes menant à Hambourg, bordent les hangars el sillonnent les quais. La manutention des colis demande ainsi une main-d'œuvre très réduite.

Dès que les marchandises sont à terre, l'administration des quais en prend livraison. Elles ne peuvent séjourner dans ses hangars « plus de deux fois 24 heures après le déchargement », et même parfois 24 heures seulement, après avis de sa part (art. 17). Conformément aux usages maritimes, le capitaine demeure responsable de tous les dommages, Jusqu'à la prise en livraison par le destinataire, à moins qu'il ne soit prouvé que ceux-e1 sont survenus pendant le séjour des marchandises sur les quais (art. 7). La livraison des marchandises arrivées par voie de mer se fait contre présentation des connaissements. Le destinataire, à son tour, doit attester la livraison sur le connaissement (art. 8).

1. Les Schauerlente gagnent généralement 4 marks 50 par journée de durée normale (10 heures), ce qui donne par heure 45 pfennigs ou environ 0 fr. 56 l'heure, Ils sont très nombreux à Hambourg etles capitaines n'en manquent jamais. Pour plus de détails sur les Schauerlente et les Arbeiter, voir P. de Rousiers, op. cit., pp: 253 à 307.

En possession de ses marchandises, il pourra ou les déposer dans les entrepôts de la Société du port franc, ou les introduire sur le territoire douanier ; nous allons envisager ces deux hypothèses.

La Société des entrepôts du port franc, nous l’avons déjà vu, a obtenu la concession de terrains fort étendus sur lesquels elle a élevé d’immenses constructions admirablement aménagées. Les dangers d'incendie sont réduits à leur plus simple expression, et en même temps le commerçant y trouve les plus grandes facilités.

Un certain nombre de ces bâtiments sont appropriés aux genres de produits qu'ils doivent recevoir ; c’est ainsi qu'un « hangar de 300 mètres est réservé aux fruits, et particulièrement aux arrivages d’oranges ; on y entretient une température régulière, et on y emmagasine annuellement jusqu’à 800.000 caisses de 40 kilogrammes chacune (1) ».

De nombreux élévateurs hydrauliques prennent ou déposent directement les marchandises, d’un côté sur les bateaux, et de l’autre sur les voitures ou wagons.

Chaque locataire est maître chez lui. Il doit uniquement tenir un compte de ses entrées et sorties pour le calcul du droit d'emploi des élévateurs ou ascenseurs. Son compte dans la pratique n’est pas vérifié ; d’ailleurs, la douane n’a pas le droit d’en prendre connaissance.

Le commerçant hambourgeois ne va que rarement à son magasin ; des agents, dits « quartiers tente », l'y représentent, tiennent ses écritures, gardent ses clefs, font

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