M. Muzet, op. cit., p
ses livraisons el ses expéditions. Le négociant hambourgeois est à la Bourse ; il y a sa place marquée, el dans l'Annuaire du Commerce, elle est mentionnée à côté de son numéro de téléphone, à côté de l'adresse de son bureau et de celle de son banquier.
Un journal spécial lui fait connaître les manifestes des bâtiments qui viennent d'arriver, avec l'indication des destinataires des marchandises.
La rapidité des transactions, un outillage muni des derniers perfectionnements, une absence totale d’ennuis et de retards venant de la douane, telles sont, en résumé, les facilités que trouve à Hambourg le commerce, pour les échanges, les transbordements, les débarquements et les embarquemeunts de marchandises.
Au milieu de celte cité commerciale si vivante, s’agite aussi une ville industrielle. M. le Consul général de France à Brême, dans une lettre du 22 décembre 1902, nous la présentait ainsi :
« Lors des négociations longues et laborieuses, relatives à l’incorporation des deux villes hanséatiques à l’Union Douanière, Hambourg obtint (à l'insu de Brême, bien qu'il eût été convenu qu'on marcherait d'accord dans les revendications communes) le droit de conserver dans le territoire de son port franc les industries qui y existaient, ainsi que celui d’eu créer de nouvelles. C’est ce droit, unique en Allemagne, qui a permis la création sur un terrain non contrôlé par l’administration d’un certain nombre d'industries, dont les produits ont parfois donné lieu à des critiques sévères, notamment en ce qui concerne la fabrication des boissons, laquelle
n’exige d’ailleurs qu’un personnel ouvrier restreint. Je ferai cependant remarquer à ce propos que dans la vaste étendue du « freihafen » de Hambourg (10 kilomètres carrés), le nombre des ouvriers industriels, n’était il y a quelques années, que de 7.000 — dont 6.000 à peu près étaient occupés aux constructions navales. Les 1.000 restants travaillaient à diverses industries, entre autres à celles auxquelles il vient d’être fait allusion. Je dois ajouter, que loin de chercher à développer l’industrie dans l'enceinte du port franc de Hambourg, l’Administration Impériale — ne serait-ce que pour ne pas provoquer les réclamations justifiées d'industriels résidant en territoire douanier — met plutôt des entraves au fonctionnement d'établissements existants (interdiction d’habiter la nuit dans toute l'étendue du port france, par conséquent, obligation pour les ouvriers de se loger en dehors de son enceinte, ordre de n’y consommer que des denrées alimentaires provenant du territoire douanier, etc.). Le port franc de Hambourg est donc avant tout et surtout un port de commerce, et l’industrie y joue un rôle d’autant plus secondaire que les chantiers de constructions navales n’y sont installés que pour leur commodité, et non pas pour échapper à des droits de douanes qui n'existent pas sur les matériaux nécessaires à cette industrie ».
Si l'on en juge par un récent (1) rapport du Consul général de Hambourg, l’industrie se serait depuis peu
1. Rapport de M. le Consul Général de Hambourg (30 septembre 1902).
développée dans le port franc. Le nombre des ouvriers est monté de 7.000 à 10.014, se répartissant ainsi :
Désignation Nombre Nombre ; ; des établissements industriels des ouvriers occupés 13 Chantiers de constructions navales, docks et | fAbHqUCS de MACHINE CC 7,340 8 FOTBES LR D AN ce En el ee EU 91 4 CHBUUTONTETICS Re 229 5 Fabriques ide COURUTS CCE 37 4 HôOndernesde fer PRET CR 150 12 Fabriques d'huiles graissantes, de savon et dés Vase line MP CAR EUR Ne Pr 286 15 Usines à rectifier l’alcool, fabrique de spiri- LUEUR TOEIQUEULS RP EE 445 6 Fabriques de produits chimiques et usines de BUANO RE CR et 486 3 Fabriques pour travailler les minerais , . . . 286 1 Fabrique demargarine. 34 2 Fabriques de caisses d’emballage. . . . . . . 88 2 DONNO TETE SE 263 1 HEDrIQUERdEMOULEAULE EEE : 146 1 Fabrique de’biscuits (Cakes) ES ON 65 2 Usines pour cuire le sucre candi et fabriques CSROIOUENMINNLES SR en à 11 4 MOUTID ENTIZ SE A S4 1 Usine pour torréfierle café, : . è: . à: : 16 1 Fabrique d'appareils centrifuges . , . . . . . 12 1 Usine an thTA Gite SEE ER RE 45
Le port franc est devenu industriel et cela se com-
prend aisément. Le « freihafen » est regardé comme
territoire étranger ; or, sur un territoire étranger, les agents de l'Etat voisin ne peuvent ni pénétrer, ni surveiller en quoi que ce soit ; dans le port franc la liberté est donc absolue.
L'Etat lui-même a craint que cette liberté si complète ne devint pour ni une cause de dommage, et ne pouvant faire surveiller ce territoire par ses agents, il a demandé aux industriels qui voulaient s'y fixer des garanties morales.
L’Administration hambourgeoise, avant d’y autoriser l'établissement d’une industrie, se livre au préalable à une minutieuse enquête « sur les conditions dans lesquelles l’entreprise se présente et aussi sur la moralité des chefs d'entreprise ».
Le commerçant ou industriel, admis dans le port franc, doit « prendre l’engagement qu'il ne fera chez lui, ni fraude, ni commerce de détail (1) ». Il lui est interdit de sous-louer à ceux qui auraient contrevenu aux règlements. Responsable de son personnel, il doit renvoyer ceux de ses employés qui auraient commis des contraventions. La consommation de tabacs non dédouanés est formellement interdite.
1. La vente de détail interdite s’entend pour des quantités inférieures à 50 kilogrammes de marchandises ou 36 litres de spiritueux. Exception est faite pour la fourniture de denrées à quelques cantines ouvrières situées à l’intérieur du port franc et soumises au contrôle de l'administration. Les capitaines, pour le ravitaillement de leurs navires, peuvent aussi faire des achats d’une importance moindre que 50 kilos ou 36 litres. Les fournisseurs désignés pour ces opérations sont alors soumis à une visite périodique des délégués du Sénat de Hambourg.