‹ Les Ports FrancsChapitre 5 sur 109 · Chiffres empruntés à M. Chaumet, Chambre des députés · texte numérisé non relu

Chiffres empruntés à M. Chaumet, Chambre des députés

Rapport sur les ports francs au nom de la Commissian du Commerce et de l'Industrie, 1903

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constructeurs vivent dans l'incertitude du lendemain : à une première loi, votée en 1881, en fut substituée une seconde en 1893, une troisième en 1902, et aujourd’hui, on parle de remanier cette dernière qui n’a pas produit les bons effets qu’on en attendait. À ces incohérences législatives, ajoutons encore cette tendance que nous avons à n’acheter que de vieux bateaux, ce qui fait que nous finirons par ne plus avoir qu'un musée et non une flotte ! Faut-il aussi rappeler l'insuffisance de nos voies ferrées et l’élévation des tarifs qui empêchent les marchandises d'arriver dans nos ports ? Faut-il enfin redire tout ce que nous avons gaspillé d'efforts et d’argent tout le long de nos côtes avec notre présomptueuse prétention d’avoir 69 grands ports ?

Ce sont là, pour nous, les causes principales qui ont arrêté dans leur essor notre commerce extérieur et notre marine marchande. Tel n’est point l’avis des partisans de la franchise : pour eux, tout le mal vient du régime proteclionniste ; ils le reconnaissent, ils l’avouent, ils le proclament bien haut. On serait alors tenté de croire qu'ils demandent un retour complet au libre-échange ; ce serait logique ; telle est bien au fond leur pensée ; mais, ils connaissent les tendances actuelles, et n’osent prôner trop ouvertement un régime qui leur soit aussi diamétralement opposé. Pour réussir plus sûrement, ils demandent peu tout d’abord; ils voudraient simplement, disent-ils, voir quelques-uns de nos ports jouir d’une entière liberté, et, de ce désir de faire ainsi une brèche dans le régime protectionniste est née la question des ports francs.

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Posée depuis quelques mois devant l'opinion, soumise depuis lors aux discussions des économistes, par la mulüiplicité des intérêts qu'elle embrasse, son importance est capitale.

« Elle louche à la fois au développement de notre marine marchande, à l’état de notre commerce extérieur, au fonctionnement de notre régime douanier, à la situation et à l'outillage de nos ports, aux causes de la prospérité des grands ports étrangers, à notre navigation intérieure el fluviale, aux transports par voies ferrées. Elle met aux prises une nouvelle fois, les adversaires de la protection et de la liberté des échanges; certains y voient un moyen de donner satisfaction aux deux écoles : tous y cherchent un remède aux maux dont souffre notre marine marchande et une transformation susceptible de modifier l’état d’infériorité de nos grands ports vis-à-vis de la concurrence étrangère (1) ».

Dans une première partie, nous verrons ce qu'est la franchise, puis dans un rapide exposé nous rappellerons ce qu'elle a été en France.

Dans une seconde partie, nous étudierons les ports francs étrangers.

Dans une troisième partie, nous relèverons les inconvénients de la franchise dans les ports étrangers, les inconvénients qu'auraient les ports francs en France tout particulièrement.

Enfin, en terminant, nous rechercherons les vraies

1. Chambre de Commerce de Lille. Rapport sur les ports francs,

causes de la prospérité des ports francs étrangers ; nous étudierons les vraies causes de la décadence de notre marine marchande et de notre commerce extérieur et nous serons ainsi amenés à conclure que la franchise n'aurait pas pour notre pays les bons effets que certains

en attendent.

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