CHAPITRE VII
Les divers pays où l’on demande la franchise, — La France. — Le récent projet du Gouvernement.
L'extension rapide des ports de Hambourg et de Copenhague, quelle qu’en soit la vraie cause, a, depuis uae dizaine d’années, gagné à la franchise de nombreux partisans.
Dans les pays qui ne possèdent pas encore de ports francs, une campagne se fait actuellement en faveur de cette institution : 1l en est ainsi notamment en Suède, en Espagne, et dans quelques-unes de nos colonies ; en France enfin, un projet de loi est à l’étude.
Certains (1) ont prétendu que depuis 189%, la Suède possédait un port franc, Wärtan :; nous avons écrit à Stockholm, et voici la réponse que nous avons reçue de la légation de France : « J’ai l'honneur de vous informer qu'il n’y a en ce qui concerne le port franc de Wärtan que des propos en l'air et aucun projet ferme » (2).
4. Notamment le Petit Journal du 2 juin 1901. 2. Lettre du 31 décembre 1902.
En Espagne, le projet de loi quele Conseil des ministres vient d'approuver et qui va être soumis prochainement aux Cortès accordera le bénéfice de la zône neutre à tous les ports qui rempliront certaines conditions. Jusqu'à présent, Barcelone est la seule ville qui se soit sérieusement préoccupée de la question et ait pensé à construire de grands dépôts commerciaux. Aussi, sera-t-elle la première à profiter de ce bénéfice, au grand désespoir des producteurs caslillans qui poussent des cris d'alarme. « Ils craignent, en effet, que la minoteric de Barcelone, alimentée par les blés étrangers, ne parvienne à faire, grâce à la fraude, une concurrence déloyale aux blés de Castille. »
Cette question des ports francs est une de celles qui divisera le plus la majorité conservatrice, dans laquelle figurent en nombre les amis de M. Maura, l’ancien ministre de l’Intérieur du cabinet Silvela. Or, M. Maura n'a rien à refuser aux producteurs de blé de Valladolid.
Quant à Barcelone, elle compte absolument que la franchise sera accordée à son port et qu’elle parviendra ainsi à supplanter Marseille.
Au sujet de Bizerte, la résidence générale de France à Tunis nous donne les renseignements suivants :
. CILest vrai que depuis quelque temps, un certain nombre de nos compatriotes de Tunis et de Bizerte, se sont associés pour faire auprès des pouvoirs publics des demandes collectives, en vue d'obtenir la concession, soit d’un port franc, soit d’une zône franche à Bizerte. Mais rien n'est définitif encore et cette question ne
sera peut-être pas résolue avant plusieurs mois (1) ».
Saïgon et Haïphong demandent aussi la franchise. Nous voyons en effet dans le Petit Journal du 27 janvier 1903 (courrier d'Extrème-Orient) : « Un fort mouvement d'opinion se fait jour à Saïgon en faveur de l’établissement d’une zône franche dans nos deux principaux ports indo-chinois : Saïgon et Haïphong, et nos nationaux ont entrepris une vive campagne dans ce but, campagne qui va être continuée à la Chambre des députés. Le gouverneur général de l’Indo-Chine, M. Beau, a même été saisi, d'ores et déjà, d’un projet élaboré par la Chambre de commerce du Tonkin qui réclame pour cette colonie un régime de franchise, grâce auquel elle pourrait voir son commerce prendre un essor nouveau en s'affranchissant des commissionnaires étrangers dont toutes nos colonies sont malheureusement tributaires.
Ce nouveau projet va être soumis à la prochaine session du Conseil supérieur de la Colonie ».
Dans une petite brochure publiée par la Chambre de Commerce de Haïphong, en 1902, à l'occasion de l'exposition de Hanoï et intitulée « le port de Haïphong (2) », nous lisons encore :
« Nous devons ajouter qu'un vœu de la plus haute importance, a été exprimé souvent par les économistes, el surtout par les notables commerçants, qui estiment que pour donner tout son essor au commerce du pays, la