LES SECTES TAPAGEUSES
D autres exemples puisés dans l’antiquité méritent encore d'être rapprochés de certaines pratiques religieuses encore en vigueur de nos jours.
Les Curètes et les Corybantes, prêtres de Cybèle et de Rhéa, dansaient aux fêtes de la déesse au son des tambours, des trempes et des boucliers frappés (1. Suivant une légende rapportée par Nonnos, ils auraient été les premiers éducateurs de Dionysos, dont les adorateurs ont conservé et amplifié plus tard le caractère chorégraphique de ces rites primitifs.
La vie des Curètes s’écoulait en rondes tumultueuses. Ils promenaient de ville en ville l’image de la divinité, chantant et dansant sans trêve. Leur esprit s’égarait au cours de leurs folles gesticulations, et il leur arrivait parfois de commettre des actes d'une odieuse sauvagerie.
Parmi eux, se trouvaient aussi les Galles qui, dans leur délire, en arrivaient à se mutiler.
L'analogie de ces débordements avec ceux des possédés du diable, avait déjà été entrevue au xvic siècle. On désignait sous le nom de corybaniisme ou coryhan-
(I) V. Lucrèce, Liv. II.
tiasme , les troubles hallucinatoires dans lesquels certains démoniaques, s'imaginaient voir des apparitions surnaturelles ou entendre des voix diaboliques.
Les prêtres Saliens (de salire , sauter) sont dans l’antiquité romaine, les analogues des Curètes et des Corybantes. « Us doivent leur nom, dit Plutarque, à ces sauts qu’ils font lorsqu'au mois de mars, ils portent en procession les boucliers sacrés dans les rues de Rome, vêtus de tuniques de pourpre, ayant un casque et de larges boucliers d’airain, qu’ils frappent de leurs courtes épées ».
La procession se terminait par des festins qui étaient devenus proverbiaux ( Saliares epulæ , dapes). Là, se trouvaient aussi des vierges saliennes qui prenaient part aux danses.
Des chants spéciaux étaient réservés pour ces cérémonies. C'était un langage tellement bizarre que personne au temps d'Horace ne pouvait arriver à le comprendre, les prêtres les premiers.
Or si, comme certains mythographes le prétendent, le culte de Bacchus a été importé de l'Orient, il n’est pas sans intérêt de rapprocher ces cérémonies tapageuses et barbares de celles qu’on voit encore aujourd’hui se produire dans certaines sectes religieuses des pays musulmans.
Si l’on compare, par exemple, ces rituels antiques à ceux de la secte des Aïssaoua, on relève entre eux de singulières analogies : même musique discordante, mêmes danses déréglées, même délire naissant dans un énervant tourbillon.
Ainsi les décrit un témoin oculaire (1) et nous avons pu nous même contrôler plusieurs fois la véracité de son récit.
(1) De Neveu. Les Khouan. Ordres religieux chez les musulmans de l’Algérie. Paris, Imprimerie Guvot, 184b.
« C’étaient d'abord des prières lentes et graves qui durèrent assez longtemps ; vinrent ensuite les louanges de Sidi Mhammet-ben-Aïssa, le fondateur de l'ordre ; puis les frères et le mokaddem, prenant des timbales et des tambours de basque, animèrent successivement la cadence, en paraissant s’exalter eux-mêmes, d'une manière toujours croissante.
Après deux heures environ, les chants étaient devenus des cris sauvages, et les gestes des frères avaient suivi la même progression...
Bientôt le bruit augmente, les gestes les plus extravagants commencent, les turbans tombent, laissant paraître à nu ces têtes rasées qui ressemblent à celles des vautours ; les longs plis des ceintures rouges se déroulent, embarassent les gestes, et augmentent le désordre.
Marchant sur les mains et sur les genoux, l'homme imite alors les mouvements de la bête. 11 essaie de faire croire qu'il n'agit plus que par l’effet d’une force musculaire que ne dirige plus la raison. Il paraît vouloir oublier qu’il est homme... »
Puis ce sont des acrobaties surprenantes, des tourbillonnements vertigineux, des jongleries où l’adresse ne joue souvent qu’un rôle accessoire. Les blessures, les mutilations, les piqûres et les brûlures profondes, parfois simulées, mais fréquemment véritables, n'ont plus rien qui doive nous étonner, si nous reconnaissons que la plupart de ces religieux tapageurs sont dans un état identique à celui de nos malades hystériques.
A l’occasion de la fête d'Aïssa, nous retrouvons aussi le cérémonial des pompes dyonisiaques.
« A Tunis, à l’approche de l’anniversaire de la naissance du prophète, les Aïssaoua avaient coutume de promener des hommes nus, enchaînés, et ayant de longs cheveux flottants. On les entourait de drapeaux et de guirlandes, et on leur faisait parcourir la ville en poussant de grands cris. »
Nous avons vu qu'au cours des fêtes de Dionysos, il se produisait de véritables scènes de boucherie, une curée où hommes et femmes s’arrachaient des lambeaux de chair fraîche qu’ils dévoraient furieusement.
C’est un spectacle identique qu'on voit annuellement dans la mosquée de Sidi Aïssa, à l’approche de la fête dite Maouled.
Les fidèles amènent des chameaux, des bœufs, des moutons, des chèvres, des poulets et des pigeons qu’ils immolent et dépècent ensuite. Chaque espèce de viande est placée, avec le sang, la peau et les os des animaux dans une fosse qui lui est destinée. Après ce sacrifice, les Aïssaoua commencent leurs danses frénétiques ; ils s’exaltent peu à peu, et, lorsque, exténués de fatigue, ils sont pressés par la faim, ils se précipitent sur ces morceaux sanglants et les dévorent (1).
De même que l’art dramatique semble avoir pris naissance en Grèce, au cours des fêtes de Dionysos, de même on trouve dans les cérémonies de certaines sectes musulmanes, les éléments d’un théâtre rudimentaire.
La secte des Aïssaoua donne sur les différents marchés de l’Algérie la représentation d’une action mémorable accomplie par Lella Khamsia, une femme qui sauva d’un grand péril la renommée des disciples de Sidi Aïssa.
A la mort de ce dernier, le sultan Mouleï Ismaël, qui n'avait cessé de lutter contre l’influence croissante de la secte, résolut de la détruire avec éclat (2). Il fit composer un repas d’animaux venimeux et de viandes assai-
(1) De Neveu. Les Khousui.
(2) L’ordre de Sidi Mhammed-Ben-Aïssa tut fondé à JVlekaès, en Maroc, il y a environ trois cents ans, à l’époque où Mouleï Ismaël était sultan de cette ville.
sonnées de poisons et ordonna à tous les disciples de venir y prendre part. Ceux-ci, qui, du vivant de leur maître, acceptaient aveuglément de sa main la nourriture la plus répugnante, n’osèrent plus, Sidi Aïssa étant mort, se risquer à tenter l’expérience. Ils s’enfuirent piteusement, et c’en était fait désormais de leur prestige, sans l’intervention d’une femme nommée Khamsia qui avait été servante de Sidi Aïssa. Elle se rendit sur le lieu du festin, et, saisissant les reptiles à deux mains, sc mit à les dévorer. Les Aïssaoua, encouragés par ce spectacle, s’unirent à elle et tirent disparaître en entier le repas du sultan, pour la plus grande confusion de ce dernier.
C’est pour célébrer cet événement que les Aïssaoua donnent aujourd'hui encore des représentations allégoriques :
« Un tambour de basque et une flûte en roseau forment un orchestre, qui joue sur une mesure très accélérée.
» Une sorte d'inspirée , visage découvert, tète nue. cheveux épars, représente Lella Khamsia. Elle prend dans ses mains des couleuvres et des serpents, les agite devant le public, les place dans sa bouche et autour de son cou. en faisant mille contorsions; aussitôt qu'une foule assez considérable s'est formée, les exercices s’arrêtent, et un ou plusieurs Aïssaoua se mettent à chanter, à haranguer, racontant ce qu'ils savent des nouvelles les plus récentes des pays d’où ils viennent. Puis, par intervalle, les jongleries recommencent, et les chants reviennent à leur tour. « (1)
N’est-ce pas là un récit qui semble calqué sur une description des Dyonisies primitives. Cette Lella Khamsia n'a-t-elle pas véritablement l’allure des ménades ligurées sur les vases antiques ?
(I) Le Neveu. Les Khouans,
Il semble donc que les rites désordonnés se soient continués dans les siècles en conservant leurs caractères. La déséquilibration nerveuse en fait tous les frais.
B ailleurs, entre les âges anciens et les temps modernes on trouve toute une série de faits intermédiaires.
Saint Augustin, en son temps, s’élève contre les danses extravagantes des gens du peuple à certaines époques de l’année.
Plus tard, à l’occasion de la Noël, de la fête des Rois et surtout de la Saint- Jean, on vit se reproduire les scènes des Dionysiaques et des Bacchanales.
On allumait à ces dates annuelles, de grands feux sur les places publiques, et tous les habitants dansaient autour, une ronde échevelée en poussant des cris sauvages. Là aussi, il arrivait souvent que quelques-uns de ces énergumènes se roulaient par terre en faisant des gestes désordonnés, ou que, soudain, ils se mettaient à prédire l'avenir.
On le voit, à plusieurs siècles de distance, le tableau n’a pas changé. Et les exemples abondent dans les anciennes chroniques. Il suffira de rappeler les épidémies de danse de Saint-Guy du xive siècle, dont la nature hystérique n’est pas douteuse.
On voyait, en Allemagne et en Hollande, des hommes et des femmes sortir nus ou presque nus de leurs maisons, se couronner de fleurs, et parcourir les rues en dansant et en chantant. Plusieurs tombaient sur le sol, hors d’haleine, et restaient ainsi longtemps inanimés. Leur ventre paraissait gonflé, et ils portaient une ceinture avec laquelle on les comprimait quand ils se livraient par terre à des convulsions trop violentes. A peine revenus à eux, ils recommençaient à danser et à hurler jusqu’à extinction de forces (1).
(1) V. Brovius. Annales , 1374, No 13, p. 1501. Ravnaldus, 1374, N° 13, p. 327,
Quelques-uns poussaient des exclamations, desphrases entières que l’on croyait dictées par le démon.
Sauvages (1) rapporte d’après Mézeray des détails analogues sur une épidémie qui sévit en Hollande en 1373, et qu’on nomma mal de Saint-Jean. « On croit, dit-il, que ce mal se communiquait à ceux qui regardaient les malades trop attentivement. » Il n’est pas sans intérêt de rapprocher ce détail du procédé usité aujourd'hui sous le nom de fixation du regard pour provoquer le somnambulisme.
A côté de ces faits, il faut encore citer ceux qui se produisirent au xve siècle dans la Pouille, et qui sont décrits sous le nom de Tarentisme.
Matthiole nous apprend que ceux qui ont été mordus de la tarentule chantent et crient, pleurent et se mettent à rire sans motif, qu’ils sont tous furieux et exaltés, tantôt assoupis et comme morts. Il faut, pour les satisfaire, avoir des musiciens à gages qui jouent sans interruption jusqu’à leur guérison complète.
Il confesse d'ailleurs que tous ceux que frappe ce mal étrange n'ont pas été mordus par la tarentule (2).
Ce sont encore des accidents de même nature qu’on retrouve dans les pratiques de certaines sectes religieuses.
Au xvne siècle, les Cicètes sautaient et dansaient en priant Dieu.
Dans le pays de Galles, vers 1760, une secte de méthodistes, les Jumpers (sauteurs), avaient pour usage de sauter et hurler pendant leurs prières. Ils répétaient jusqu'à cinquante fois les mêmes mots ou les mêmes prières, et s'excitaient en gesticulant jusqu’à tomber par terre.
u L’enthousiasme se communique à la foule, hom-
(1) Sauvages, Nosoluyie, t. 2, p. '735.
(2) P. An Matthiole, Commcntarii in 6 libros , P. Dioscordiis, etc., p. 223.
mes el femmes échevelés, les habits en désordre, qui crient, chantent, battent des pieds, des mains, sautent comme des maniaques, ce qui ressemble plus h une orgie qu'à un service religieux. En sortant de là, ils continuent leurs grimaces à trois ou quatre milles de distance ; mais il en est, surtout parmi les femmes, qu’on est obligé d'emporter dans un état d'insensibilité »( 1).
Telles sont aujourd’hui encore les danses de l’Ounyanyembé :
« Quand les vivres ont été abondants et que la lune brille, le tambour fait rage, les mains battent avec force, et le chant monotone que la foule dit en chœur, appelle à la danse toute la jeunesse des environs. L’exercice est laborieux ; mais ces Africains ne sont jamais las quand il s'agit de plaisir. C’est d'abord une simple ronde où chacun se balance avec lenteur ; peu à peu le cercle s'anime, les bras s’agitent, les corps se baissent, touchent le sol et rebondissent ; le groupe se condense, le mouvement s'accélère, et une sorte de galop infernal emporte ce tourbillon satyriaque aux gestes délirants. Lorsque la frénésie est à son comble, le chant s'arrête et les danseurs, éclatant de rire, se jettent par terre pour reprendre haleine et se reposer » (2).
Les Grecs avaient également des danses funèbres, qui prirent souvent une allure désordonnée.
Des cérémonies aussi tapageuses se produisent également au Soudan à l’occasion de certaines funérailles. M. Marcel Monnier raconte dans un style plein de verve et de couleur, l’étrange rituel des indigènes à
(1) Abbé Grégoire, Ilist. des Sectes religieuses, éd. 18Ü, t. I. p. Sï.
(2) Burton, Voyage aux grands lacs de l'Afrique orientale , (1857-59). — Tour du Monde •/ 860,2c semestre trad. H. Loreau).
l’occasion du décès subit d’une femme soupçonnée d’avoir « gagné mort » par le fait des mauvais esprits.
« Le groupe des anciens, le féticheur et ses acolytes portant la civière se dirigent, escortés de la foule, vers la demeure des fétiches, le temple de Sakarabrou, enceinte palissadée enveloppant un arbre à demi mort dont le vieux tronc est fouillé de cavités béantes. Là sont déposés des fruits, des plats de fouto , offrandes aux mauvais génies ; inutile de se mettre en frais pour les bons : on ne flatte que ceux qu'on redoute. A une basse branche,, pendent les guenilles que revêt le démon lorsqu’il apparaît dans le cercle des danseurs, à la lueur des torches, les soirs de grande fête : la tunique de feuilles, la tête de dragon à la gueule menaçante. Et sous cette défroque, le vulgaire croit à la présence réelle. Invisible, impalpable, Sakarabrou est là ; il plane dans le rayon de soleil, dans la poussière que le vent soulève. C’est lui que le féticheur invoque en touchant de sa baguette les hardes de la morte....
Les deux hommes ont placé la civière sur leur tète : frémissants, ils attendent, ils hésitent. Indifférents tout à l'heure, un frisson les secoue , leurs faces se convulsent ; ils fléchissent sous le léger fardeau. Ils ne s’appartiennent plus ; un singulier phénomène de suggestion en fait les dociles instruments du sorcier qui, d’un geste irrésistible, les ploie, les lance en avant.
Ils détalent, ils bondissent, parcourant le village en tous sens, heurtant les cases de-ci de-là. Parfois, ils s’appuient à une porte, aux écoutes, et repartent d'un train fou.
Il est plus de midi quand, pour la vingtième fois, les deux énergumènes reviennent près de l’enclos sacré, où ils s’arrêtent enfin haletants, une écume aux lèvres. Ils s'adossent, têtus, à la palissade, d’où l’on ne peut les arracher. Le crime n’a pas été commis par un humain. C’est de là que, la nuit derrière, les fétiches ont frappé
Namarou. Elle est jugée maintenant ; son corps ne reposera pas dans la terre.
Alors éclate une clameur féroce, un concert d’imprécations ; la meute se rue à la curée. On amène au milieu de la place les tam-tams géants creusés dans un tronc d’arbre, et l’orchestre prélude à petits coups. Puis la cadence s’accélère, le bruit s’enfle en grondement d’orage .
Namarou a été roulée dans une natte ; on l’apporte, on la traîne pour mieux dire ; dans la bousculade, la sinistre bourriche crève, la tète pend, raclant le sol de son haut chignon en cimier. Et, le corps jeté à terre, autour une ronde s’organise. D’abord serrés l’un contre l’autre marquant le pas, l’échine courbée, les bras ballants, les danseurs se redressent et partent d’un vertigineux galop. Dans un poudroiement de sable rouge, le village entier, un millier de personnes, tourbilonne, les enfants et les femmes, les jeunes mères elles-mêmes avec leur marmot pendu en sautoir comme une giberne. Le féticheur et ses gens, à coups de martinet, activent le branle ; sur les épidermes en sueur, les lanières claquent avec un bruit de linge mouillé
Au plus fort du tumulte, des hommes se précipitent, s’emparent du cadavre et l'emportent en courant vers les bois. »,....
Nachtigal(l) relate des phénomènes nerveux analogues à l’occasion des cérémonies funèbres qui accompagnent la mort des chefs :
« Lorsqu’un homme et surtout un chef vient à mourir sans que ce soit de vieillesse, on attribue sa mort à l'influence maléficiante d'un ennemi. Voici comment procèdent les Somraï et les Sara pour retrouver cet ennemi. Chez les Somraï, deux prêtres saisissent le mort, l’un
(I) Nachtigal, Saha/'a und Sudan , Berlin 1886, vol. 2, p. 686.
par les pieds, l’autre par la tète ; ils marchent en hésitant d’abord, puis peu à peu l’esprit du mort les envahit , et sous son influence ils courent pour ne s’arrêter qu’à la maison du coupable supposé. Chez les Sara, le prêtre se coiffe d’une gerbe de certaines plantes; le même phénomène se produit, après quelques hésitation, le prêtre, comme sans volonté propre et conduit par une volonté supérieure, va trouver le coupable. »
Nachtigal rapproche les phénomènes qui accompagnent ces cérémonies, de phénomènes analogues constatés chez certains épileptiques. C’est hystériques qu’il faudrait dire.
Ainsi, à des milliers d’années et à des milliers de lieues, les mêmes pratiques reparaissent, sans qu'aucun lien traditionnel puisse en expliquer l’uniformité. La raison de ces singulières analogies ne peut être qu'une loi de nature à laquelle l’espèce humaine est soumise universellement : cette loi de l'identité d'une manifestation pathologique chez tous les individus à laquelle nous faisions allusion en commençant.
Sous l’influence d’une excitation vive, par le bruit d'une musique étourdissante ou par le tourbillonnement d’une danse effrenée, l’homme perd parfois la possession de lui-même.
Chez le sujet normal, cet égarement est fugitif ou incomplet ; la conscience demeure entière ou n’est que temporairement amoindrie. Mais chez le névropathe, chez l’hystérique surtout, la perte de la conscience peut être totale et s’accompagne alors de tout l’appareil désordonné qui est l’apanage de la névrose.
Cris déchirants, gesticulations extravagantes, tremblements frénétiques, extases où sont proférées des paroles mystérieuses, convulsions et tremblements quand les corps s’abattent sur le sol sans connaissance, inertes ou raidis : ce sont là, à n’en pas douter, des phénomènes identiques à ceux qu’on observe de nos jours chez les hystériques avérés.