PROSPÉRITÉ MORALE EN TERRE CATHOLIQUE ET PROTESTANTE
plus règle de conduite chez les protestants, et que, par conséquent ce qui était dit disciple du « réformateur » ne peut plus se dire aujourd'hui ? S'il est vrai, que dans les contrées livrées au protestantisme, bon nombre d'hommes agissent avec le sentiment de leur liberté et de leur responsabilité morale, ils ne le doivent point aux doctrines prêchées par Luther et propagées par ses disciples, mais parce qu'ils réagissent contre ces doctrines, et en neutralisent, autant qu'il est en eux, les funestes effets, par le retour aux principes qui n'ont jamais cessé d'être professés dans l'Eglise catholique. Le pasteur protestant, Paul de Lagarde, le reconnaît : « Lorsque, dit-il, les pasteurs eurent senti qu'ils ne pouvaient plus se faire accepter dans leurs communautés que par l'encouragement aux bonnes œuvres, la doctrine fondamentale de Luther fut oubliée5 ».
Malgré ce retour, on peut dire forcé, des ministres protestants h la prédication des principes de moralité que le catholicisme ,a toujours maintenus chez nous, où en sont à cette heure les basses classés des nations protestantes ?
5. Remarquons que pendant la guerre, les Allemands de tous rangs et de toutes classes ont commis avec une entière désinvolture de conscience les vols -et les crimes de tous genres qui leur étaient commandés ou qu'ils se permettaient. Disons encore que cette guerre n'aurait pu être déclarée dans les conditions où elle se présentait, accueillie et menée comme elle le fut, si le protestantisme n'avait point produit en Allemagne un profond obscurcissement ■des principes de la moralité chrétienne.