‹ Les pourquoi de la guerre mondiale (volume 2)Chapitre 82 sur 96 · Œuvres de M. de Bonald. Mélanges, II, p. 6 et · texte numérisé non relu

Œuvres de M. de Bonald. Mélanges, II, p. 6 et

Note complémentaire.

Le 14 mai 1610, Henri IV fut assassiné à Paris. Saint François de Sales écrivit le 27 mai au Président Bénigne Frémiot : « L'Europe ne pouvait voir une mort plus lamentable que celle du grand Henri IV. . . Ce prince ayant été si grand en son extraction, si grand en la valeur guerrière, si grand en victoires, si grand en triomphes, si grand en bonheur, si grand en paix, si grand en réputation, si grand en toutes sortes de grandeur... Hé, qui n'eût dit, à proprement parler, que la grandeur était inséparablement liée et collée à sa vie... Il semblait bien qu'une si grande vie ne devait finir que sur les dépouilles du Levant après une finale ruine et de l'hérésie et du Turcisme... Au demeurant, le plus grand bonheur de ce grand Roi défunt, fut celui par lequel se rendant enfant de l'Eglise, il se rendit père de la France ; se rendant brebis du grand Pasteur, il se rendit pasteur de tant de peuples, et convertissant son cœur à Dieu, il convertit celui de tous les bons catholiques à soi. C'est ce seul bonheur qui me fait espérer que la douce et miséricordieuse providence du Père céleste aura insensiblement mis dans ce grand cœur royal, en ce dernier article de sa vie, la contrition nécessaire pour une heureuse mort. Aussi prié-je cette souveraine Bonté qu'elle soit pitoyable à celui qui le fut à tant de gens ; qu'elle pardonne à celui qui pardonnait à tant d'ennemis, et qu'elle reçoive cette âme ressuscitée à sa gloire, qui en reçut tant en ce genre après leur réconciliation l. »

Tout porte à croire que le vœu du saint évêque a été exaucé. Les jours qui précédèrent sa mort, il avait été vu tout préoccupé de la salutaire pensée des fins dernières. « Je pense, avait-il dit à son confesseur, au jugement dernier et au compte que nous devons y rendre à Dieu. » Le grand académicien en la chancellerie de Paris, Pierre de l'Etoile, a mentionné dans son journal

i. Edition complète des œuvres de saint François de Sales, d'après le: autographes, t. XIV, p. 349.

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que le jour même de sa mort le roi était allé entendre la messe aux Feuillants et qu'il y fut remarqué « qu'il avait beaucoup plus de dévotion que de coutume et plus longuement se recommanda c< à Dieu ». « Pierre de l'Etoile ajoute que la nuit qui précéda sa mort, Henri IV s'était levé, et s'était mis à prier près de son lit à deux genoux ; puis qu'il s'était retiré dans son cabinet et que ses serviteurs, voyant qu'il y demeurait longtemps, l'interrompirent et qu'il avait dit : « Ces gens-ci empêcheront-ils toujours mon bien? » On lit aussi dans les Mémoires de Pontchartrain que, ramené au Louvre aussitôt après l'assassinat, Henri IV rendit l'âme entre les mains de l'archevêque d'Embrun, ayant témoigné par signes des yeux et des mains le recours qu'il avait à Dieu pour lui faire pardon et le recevoir au nombre de ses élus. »

Le nombre des protestants en France montrera mieux que tous les raisonnements quelle incompatibilité il y a entre l'âme française et la doctrine de Luther :

Sous ce titre : « Chiffres », le second numéro du Petit Bulletin du Diaconat publie la statistique suivante :

« En 1560, le protestantisme français comptait plus de deux mille cent cinquante églises, plusieurs très importantes, et jamais plusieurs dans la même localité, avec une population protestante d'environ trois millions d'âmes sur une population française de vingt millions (rames (soit 15 pour 100) .

» Aujourd'hui, le protestantisme compte environ huit cents ou neuf cents églises, dont plusieurs très petites, et plusieurs dans la même localité, avec une population protestante d'environ cinq cent mille (je n'ose pas dire six cent mille), sur une population française totale de quarante millions d'ames. »

Et voici ce que ces chiffres signifient: Si la population de la France était restée stationnaire. en passant de trois millions à un demi-million, au lieu d'être le septième de la population de la France, soit 15 pour 100, le protestantisme serait devenu un quarantième (soif ? 1/2 pour 100). Mais la population de la France ayant doublé, le protestantisme n'est plus que un quatre-vingtième (soit I I \ pour 100).

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