‹ Les pourquoi de la guerre mondiale (volume 2)Chapitre 84 sur 96 · LE PROTESTANTISME FAVORISÉ DANS LES COLONIES · texte numérisé non relu

LE PROTESTANTISME FAVORISÉ DANS LES COLONIES

Nous avons dit les massacres que les païens de l'empire d'Annam, ayant à leur tête les mandarins et les lettrés, purent exécuter en 1885. Vingt-huit années et plus après notre conquête vingt-quatre mille chrétiens furent égorgés ; parmi eux trois cents religieuses et huit missionnaires. Les écoles, collèges, orphelinats, communautés, églises, évêchés et nombre d'habitations particulières furent pillés et incendiés, sous les yeux de ces Français que l'amiral Courbet a si justement appelés de « sinistres polichinelles ». Un journal consacré aux intérêts de l'armée, L'Avenir militaire, dit à cette occasion :

« Il ne faut pas se payer d'apparences; l'Annam est tout entier contre nous. Le sentiment d'une religion commune, le respect d'une éducation supérieure donnée aux néophytes par nos missionnaires, détruisaient dans ces convertis la haine de l'étranger. Les chrétiens sont tombés parce qu'on voulait détruire nos seuls amis dans la presqu'île de Tlndo-Chine ».

Ce sont les Anglais et non les Allemands qui sont ici cause. Il ne faut point oublier qu'il y avait alors dans la politique du gouvernement français un double courant la portant l'un d'un côté l'autre de l'autre, selon les personnages que le parlementarisme amenait successivement au pouvoir. Tous sentaient plus ou moins les approches de la guerre. Les uns la prévoyaient avec l'alliance des Anglais contre les Allemands; les autres voyaient et préparaient la chose en sens contraire. Le gouvernement anglais n'ignorait rien, agissait en conséquence et le gouvernement français n'était point fâché de pouvoir à la fois lui plaire et satisfaire sa haine contre le catholicisme.

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