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CHAPITRE XLIII

Le protestantisme en France de nos jours (Suite.) 2° En Algérie et dans nos provinces.

Ce qu'il faut dans leur intérêt et dans le notre, aux musulmans de V Algérie, c'est une douce et charitable initiation aux vérités du christianisme . Qu'on leur donne des Sœurs de charité, des Frères de la Doctrine chrétienne, des Trappistes ; qu'on leur ouvre des ateliers, des hôpitaux, des asiles. Par là, sans bruit, sans contrainte, ils sortiront de leur ignorance et de leur dépravation pour entrer dans la foi, c'est-à-dire dans la civilisation de la France.

Missions, écoles, ouvroirs, orphelinats anglicans en Algérie. - Haine de la France enseignée dans ces établissements. — Témoignage de M. Saint-Germain. — Evangélisation de la France par les Anglicans. — Au Sud, au Nord, au Centre. — Rapports présentés à la Société évangélique de Genève. - Les faits parlent de même. — Méthodistes à l'Ouest, Baptistes au Nord, Calvinistes dans le Centre et le Midi. — L'ambition des Anglais. — Son organe La société biblique

Nous trouvons en Algérie et même en France, même protection et mêmes encouragements donnés aux protestants dans nos colonies. Ces agissements, tout semblables, donneraient à penser que ce n'est pas seulement nos possessions d'outre-mer, mais la pal rie elle-même, que nos gouvernants méditaient de livrer au protestantisme, sans songer sans doute que par là ils facilitaient l'invasion des nations protestantes, rendaient les conquêtes qu'elles espéraient faire plus assurées et plus stables.

Dans son discours du 16 mai 1893, M. de Mahy n'avait point seulement dit à la Chambre ce qui se passait à Madagascar, il avait aussi parlé de l'Algérie. Il avait dit : « Les missions anglicanes sont en train d'empoisonner l'Algérie elle-même. )> Et voici les preuves qu'il en donna :

La propagande anglicane est servie, dans la France algérienne, par vingt-huit diaconesses de la Congrégation de Mild May, dont le siège est à Londres, sept pasteurs et seize missionnaires libres : soit, au total, cinquante-et-un agents répartis dans douze centres d'action : Tlemcen, Mascara, Mostaganem, Alger, Birkadem. Cherchell, Djemma-Saharidj, Abkou, Azefoun, Azazga et Constantine.

D'autres missions anglicanes opèrent en Tunisie, en Tripolitaine et au Maroc. Les postes marocains sont établis à Tanger, Fez, Casablanca et Tétuan.

Mais c'est surtout dans la Kabylie, ce foyer de révoltes, qu'elles exercent avec le plus de zèle leur active propagande. De Djemma-Saharidj, leur centre principal, elles rayonnent sur toutes les tribus environnantes.

Tandis qu'il est sévèrement défendu au clergé, aux religieux et aux religieuses catholiques de parler de religion en dehors des édifices consacrés au culte, les missionnaires anglicans peuvent pratiquer ouvertement, publiquement, leur propagande.

Les diaconesses ouvrent des école?» sans autorisation, y réunissent illégalement les enfants des deux sexes, refusent de communiquer aux inspecteurs primaires les cahiers de leurs élèves, sur nombre desquels on a pu relever des phrases comme celles-ci : « Nous sommes impatients de devenir grands pour nous faire naturaliser Anglais. »

M. Ponrquery de Boissin, dans son rapport sur le budget de l'Algérie, donna le même avertissement :

Notre devoir est de signaler au gouvernement l'habileté avec laquelle, sous le couvert de missions protestantes, les méthodistes anglais, aidés par de zélées diaconesses, font en Algérie une propagande anti-française. Ils étendent leur action tout à la fois sur les indigènes et sur les européens de nationalité étrangère. Aux premiers, ils font entrevoir les bienfaits prétendus d'une occupation anglaise, et disent que l'administration française ne cesse de se livrer à des tracasseries et à des persécutions. — Aux seconds, ils font miroiter la chimérique espérance de la constitution d'un Etat indépendant puissamment protégé...

Les diaconesses anglaises dont viennent de parler M. de Mahy et M. Pourquery de Boissin avaient toute liberté pour créer des écoles, des ouvroirs et des orphelinats, distribuer des pièces de calicot, des bibles, des tracts, etc., alors que les religieuses catholiques et françaises étaient traitées en suspectes et traquées.

Un officier qui avait des loisirs eut la curiosité d'entrer dans une de ces écoles clérical o-anglicanes et de jeter un coup d'œil sur les cahiers. Il y trouva des axiomes de ce genre dictés aux jeunes Kabyles :

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