Œuvres, ch. VII, p
d'Israël qu'il appelle : « race au cœur inconstant et à l'esprit infidèle à Dieu, race provocatrice et rebelle. »
«... Malgré tout ils péchèrent encore
Dès qu'il les frappait ils le cherchaient,
JVFais leur cœur manquait pour lui de constance. »
L'esprit du monde reprit de jour en jour son empire ; et bientôt on vit les cités, les familles et les cœurs plus complètement livrés à lui qu'ils ne l'avaient été sous l'Empire.
Déjà en 1873, la Semaine religieuse de Cambrai avait exprimé ses inquiétudes en ces termes :
c( L'Assemblée, par un acte de foi qui l'honore, demande des prières. Le peuple, dans sa partie la plus saine, fait écho à ses représentants et se presse au pied des autels.
» De la terre donc monte vers le ciel un cri suppliant qui appelle Dieu et lui demande d'intervenir. Dieu répond : Je suis prêt à entreprendre dès demain, dès aujourd'hui, dès ce moment cette grande œuvre. Mais Dieu n'est pas un manœuvre vulgaire, qui se prête à toute construction. Il veut tout d'abord savoir quel édifice on demande de lui. Avant de bâtir une maison, il désire en connaître la destination.
» Il y en a pour qui une société, un pays^ n'est qu'un paissant moyen de multiplier leurs jouissances. Ils ne conçoivent l'ordre social que comme un instrument au service de leurs plaisirs égoïstes... Faudrait-il que Dieu, propice à leurs désirs honteux, travaillât de ses augustes mains à réédifier un pays pour leur refaire une maison de plaisirs ?
» D'autres, ne voyant rien au delà des intérêts de leur commerce, voudraient voir régner l'ordre dans la société pour que leurs affaires ne fussent point compromises...
» Pas plus qu'il n'interviendra pour relever une société vouée au plaisir, Dieu n'aidera à la reconstruction d'une société vouée au lucre et à la cupidité. Il ne bâtira ni une maison de plaisirs, ni une maison de négoce.
» Ce que Dieu veut bâtir, c'est un Temple en son honneur, parce que Dieu a tout créé pour sa gloire et qu'il conserve tout pour cette fin, la seule digne de sa grandeur et de son indépendance.
» Tous les peuples ont salué du nom de Temple les lieux bénis, où Dieu reçoit l'adoration de ses créatures... Pour que la société soit un Temple, il faut donc que Dieu soit adoré dans cette société, qu'il y soit le maître des volontés ; et que sa loi demeure le principe et le contrôle de toutes les lois.
» Voilà l'idée que la raison, comme la foi, nous donne d'une société assise sur ses véritables fondements. Voilà comment Dieu la conçoit. Pourquoi faut-il ajouter que, depuis un siècle, notre pays n'a cessé de l'entendre autrement ? Le pouvoir, affranchi d'une sujétion qui pesait à l'orgueil humain, s'est isolé en lui-même. Notre société est un temple en ruines ; mais un temple souillé, où à la place du Dieu vivant, l'Etat, plus ou moins dignement représenté, réclame des honneurs idolâtriques.
» Est-ce là la maison que nous demandons à Dieu de bâtir à notre usage .'' L'heure est décisive, sans Dieu nous périssons. Mais alors renonçons à de prétendus principes incompatibles avec les droits de Dieu.