‹ Les pourquoi de la guerre mondiale (volume 3)Chapitre 12 sur 98 · LA LEÇON DE 1870 INCOMPRISE · texte numérisé non relu

LA LEÇON DE 1870 INCOMPRISE

Acceptons les vérités qui contredisent ces erreurs. Et puisque l'Eglise a mission de les enseigner, demandons-lui, demandons au Syllabus qu'elle nous prêche, les fondements du nouvel édifice. Si nous nous obstinons, au contraire, dans une résistance impie, ne comptons plus sur les secours du ciel.

» Et alors, qu 'arrivera -t-il ? Ecoutez le prophète Ezéchiel : ce II y a de » faux prophètes, dit Dieu, qui trompent mon peuple en lui criant : la » paix ; et il n'y a pas la paix. Le peuple élevait une muraille et eux » l'enduisaient de boue, sans prendre soin d'y mettre de la paille. Dis- » leur, toi, mon prophète, que cette muraille tombera, car il surviendra » une pluie qui formera inondation ; je ferai tomber de grandes pierres, » et un vent impétueux soufflera pour tout emporter 5. »

» Qu'avons-nous vu, il y a quelques années .'' Tretnhlons de voir, d'une manière ou d'une autre, la justice de Dieu se donner de nouveau carrière, si nous ne revenons à lui ; car il nous en fait encore- la menace par son prophète : (c J'achèverai de donner cours à mon indignation sur » cette muraille et sur ceux qui l'enduisent d'un mortier mal préparé. )) La muraille a disparu, et, avec elle, tous ceux qui avaient voulu l'en- » duire. »

En cette même année, M. Blanc de Saint-Bonnet publiait son livre La légitimité. Nous y lisions les mêmes constatations et les mêmes craintes : ce Et dès le jour où la paix fut signée, on entendit les « sages » dire que la France se sentait prise d'un immense besoin. Etait-ce le besoin du repos après tant de désastres, ou le besoin de rendre grâces à Dieu qui nous tend la main dans l'abîme ? Point du tout, la France est prise, suivant eux, d'un immense besoin de faire des affaires... Ce n'est pas le besoin de faire ses affaires, mais de faire des affaires : autrement dit, d'accumuler des fortunes plus colossales et plus scandaleuses encore par leur cupidité ^ . »

Toujours en 1873, lord Denbigh voyait et signalait un courant plus empoisormé encore que celui des affaires, entraînant la France vers le gouffre auquel elle venait d'être arrachée.

Il écrivait à M. Le Play :

ce La France me paraît dans le même état que le monde à la veille du déluge. On rit, on s'amuse, on ne s'aperçoit pas de l'abîme qui est prêt à l'engloutir. La société danse sur im volcan ! Les puissances gouvernementales se passent du Bon Dieu, car ces hommes se croient tout-puissants. Voilà la première faute. On ne reconnaît pas Dieu comme le Maître et le Régent de l'Univers avec l'aide duquel on peut tout faire, sans lequel on ne peut rien faire de bon. »

Lord Denbigh signalait à M. I^e Play dans ces quelques lignes

5; Ezéchiel, ch. xi.

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