‹ Les pourquoi de la guerre mondiale (volume 3)Chapitre 13 sur 98 · La légitimité, p · texte numérisé non relu

La légitimité, p

la grande faute que commirent les catholiques libéraux de l'Assemblée nationale. Nous Pavons dit : ils ne voulurent pas que Dieu fût reconnu le Maître des sociétés aussi bien que des individus ; et, c'est parce que le comte de Chambord avait dit le vouloir qu'ils mirent en œuvre tant d'intrigues pour l'écarter du trône. Le monde se mettait par là et par sa fureur à courir aux affaires et aux plaisirs dans un état comparable à celui qui a précédé le déluge. Nous trouvâmes deux ans plus tard cette pensée exprimée dans une brochure écrite par un protestant prussien, M. de Kirchman, vieux parlementaire et professeur de philosophie. Après avoir déploré les tentatives faites dans tous les pays pour enlever les écoles à l'influence religieuse, il disait :

« Ni les gouvernements, ni les classes dirigeantes ne sauraient arrêter la catastrophe finale. »

Puis, précisant sa pensée, il ajouta :

« Si l'Etat continue la lutte entreprise contre l'Eglise Catholique, on cherchera en vain à faire rentrer dans son lit le fleuve impétueux de la Révolution : la société périra dans le déluge, que seule l'Eglise catholique a la force d'arrêter. »

Et le 24 mai 1914, Son Eminence le cardinal Billot m'écrivait :

« On cherche en vain la digue à opposer à la marée montante des idées libérales, annonce du déluge. Nous revoilà aux jours de Noé, et le Noé d'aujourd'hui (Pie X), ne trouve pas meilleur accueil que celui d'autrefois, pendant les cent années, que l'arche fut en construction. C'est la même histoire. Aura-t-elle le même dénouement t Le dénouement du cataclysme et du renouveau qui le suivit ? Pour moi, le cataclysme ne fait point de doute et la question ne se pose que sur le renouveau ».

Serons-nous plus sages après la guerre de 1914 que nous ne le fûmes après celle de 1870 ? Un vrai et durable « renouveau » se produira-t-il dans les cœurs, dans les familles et dans l'Etat ?

Ce que nous voyons, ce que nous entendons n'en autorise guère 'l'espérance.

Isaïe nous raconte l'imbécile enflure du peuple d'Israël après les invasions qui ne lui laissèrent que des villes en ruines. Ils s'écriaient : « Nos murs de briques sont abattus, nous les rebâtirons en pierre de taille, nos sycomores sont coupés, nous les remplacerons par des cèdres ^ . »

Mais l'Esprit-Saint répondit : Dieu sera sans pitié pour le

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