III. — LES BEAUX-ARTS
Comme la littérature et le théâtre, l'art proprement dit a été détourné de sa destination qui est d'élever et d'ennoblir ; il sert comme le Journal et comme la scène à pervertir le peuple, à l'animaliser. Que sont aujourd'hui les musées et les expositions?
Des instructions ministérielles recommandent la visite des musées et des expositions d'art comme moyen d'éducation populaire; et on a vu en 1881, à Lille, et sans doute en d'autres lieux et en d'autres années, des religieux et des religieuses, conduisant par ordre leurs élèves aux expositions de peinture et de sculpture. Cependant, il faut bien le dire, jamais l'art n'a été moins que de nos jours dirigé dans le sens de l'éducation des masses, et nous croyons que, non seulement il est mauvais et dangereux de conduire les enfants dans les musées, mais que beaucoup de personnes adultes ne peuvent y aller sans compromettre leur dignité et sans exposer leur conscience à des troubles funestes.
Ce qu'on appelle le nu, en terme d'atelier, n'est plus aujourd'hui le moyen, c'est le but. On peint le nu afin d'exprimer la nudité, et beaucoup descendent plus bas encore. On peut dire d'eux qu'ils cherchent à provoquer les sensations troublantes. On fait, pour parler comme la critique, de l'art nialpropre et malhonnête. La sculpture ne se respecte guère plus que la peinture à cet égard ; et l'on voit dans nos musées et nos expositions la passion brutale rendue sous ces deux formes, les plus élevées de l'art. Il est impossible de se méprendre sur l'intention qui a présidé à l'irlspiration de ces œuvres ; et c'est pourquoi la visite des musées est périlleuse pour les mœurs, elle est de plus, dangereuse pour la foi.
Même lorsqu'ils traitent les sujets religieux, nos artistes.
élevés pour la plupart en bohèmes, n'ayant rien reçu de l'éducation qui forme l'homme et le chrétien, profanent les sujets que la Religion et les convenances doivent voiler, et travestissent l'Ecriture Sainte et ses enseignements par des interprétations fantaisistes autant que malhonnêtes. Qu'ont-ils vu dans les histoires de Joseph, de Suzanne, etc. ? Des prétextes à nudités, et, de ce qui devait être des leçons de bonnes mœurs, ils ont fait des sujets de scandale. A quelles étranges interprétations n'ont-ils pas recouru sur le fait de la chute d'Adam et d'Eve ? Il n'y a pas de termes honnêtes pour exprimer ce que certains peintres contemporains ont voulu rendre par les attitudes qu'ils ont choisies;
Pendant que les uns font de la peinture déshonnête et inepte, d'autres font de la peinture politique et antichrétienne. Les scènes de l'Inquisition, les abus des régimes déchus, etc., fournissent des thèmes variés selon le goût du jour. L'imagination de l'artiste s'y donne carrière, y accumule les erreurs.
Les musées devraient être composés de telle sorte qu'ils puissent être ouverts à tout le monde. Tous devraient pouvoir aller s'y former le goût, y prendre le sentiment du beau, même les enfants. Que nous en sommes loin !
Les EXPOSITIONS d'art prêtent à une même critique que les musées. Dix mille tableaux et plus sont présentés au Salon, chaque année ; cinq à six mille sont admis. Ce n'est que depuis 1833 que les expositions ont lieu annuellement. A partir de 1751, elles n'avaient lieu qu'aux années impaires, et pourtant, le nombre des objets exposés ne s'élevait guère au delà de cent cinquante et ils étaient généralement parlant convenables. Aujourd'hui, la profonde démoralisation qui règne à l'école des Beaux-Arts se manifeste là par l'exhibition de choses aussi répugnantes, niaises et absurdes que nombreuses.
Les grandes villes ont aussi leurs expositions ; ce qui montre que si les bras manquent à l'agriculture, ils ne font pas défaut à la peinture. L'écho de Fourvières faisait en 1894 les mêmes observations sur les Expositions en province que sur celles de Paris.
« Le salon des beaux-arts, peinture et sculpture, a le tort, selon nous,