‹ Les pourquoi de la guerre mondiale (volume 3)Chapitre 26 sur 98 · LES BEAUX-ARTS · texte numérisé non relu

LES BEAUX-ARTS

de braver par trop la morale et les convenances. Le nu, qui s'étale dans toutes les différentes salles avec une licence complète, paraîtra toujours repoussant aux yeux chastes et honnêtes... Que n'a-t-on installé deux salons séparés, l'un à l'usage des artistes, et l'autre qui serait accessible à tout le monde ? »

Bien loin d'écarter de la vue du public les tableaux qui sont des offenses à la pudeur, les autorités gouvernementales, préfectorales et communales autorisent des hommes pervers à transporter de foire en foire des musées dits d'anatomie qui sont ce que l'on peut imaginer de plus ignoble.

Un prêtre de Paris appelé dans une de ces baraques par une jeune fille à l'agonie, demanda à son père pourquoi il exhibait de telles choses, ce Que voulez-vous, monsieur l'abbé, dit-il, je ne suis pas riche. Depuis trente ans je fais partie de la Franc- Maçonnerie, et 3 'ai accepté la baraque. » Piiis, sur une demande d'explication, il ajouta : « Vous savez bien qu'une loge de Toulouse donne poiu* rien^ aux forains qui veulent représenter les scènes de l'Inquisition, les statues et l'orgue de Barbarie et le reste, tout ce qu'il faut ? »

Le Nouvelliste de Bordeaux, rappela à cette occasion qu'en 1883 la baraque des francs-maçons avait été dans sa ville l'occasion de quelques désordres; en 1884, les mêmes désordres se produisirent à Toulouse même. Une interpellation fut adressée au ministre Waldeck-Rousseau, qui couvrit de sa protection les musées anatomiques. Ce musée occasionna de même des désordres à l'une des foires de Uiile et il fut également protégé.

On trouva, et on fit pis encore. En 1887 les murs de Paris furent couverts d'afiîches annonçant que des habitants de l'Afrique équatoriale, les Achantis, étaient exposés au jardin zoologique où chacun pouvait les aller voir. Ces pauvres Africains étaient exposés aux regards du public dans un état de nudité repoussante : les femmes comme les hommes, les jeunes filles comme les petits enfants.

En 1887 c'était la onzième exhibition. On exposait alors les Achantis, auparavant les Esquimaux, les Fuégiens, les Gauchos, les Araucans, les Galibes, les Cjmghalais. La leçon qu'on voulait que le peuple en tirât est celle-ci : l'homme et la bête ont un ancêtre commun ; l'homme du XIX"* siècle a progressé plus que l'Achante qui est encore au premier degré au-dessus de l'animal.

144 CIJLPAHILITÊ DU PUBLIC.

I.e savant qui se distingue du primaire conclut, lui, de ses observations que cette race est telle, non parce qu'elle vient de .sortir de la période simienne, mais parce qu'elle descend au contraire, et toujours plus bas, d'un état où elle a connu la lumière de la révélation primitive et de la civilisation qui en sortit.

De Paris les Achantis furent transportés dans plusieurs villes ^

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