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IV. — LES EXPOSITIONS INTERNATIONALES

Faut-il parler des Expositions universelles ? Voici ce qu'en disait en 1878 M"'^ Lavergne :

(c Foule partout et grande foule de gens ahuris, dépaysés, étourdis, plus grotesques les uns que les autres^ et qui viennent à la foire babylonienne et aux théâtres faire provision de convoitises,* de scandales et d'abrutissement. »

Un journaliste a dit de l'exposition de 1899 :

(c Elle marquera, dans la mémoire du peuple, un abaissement de la moralité publique, causé par les spectacles provocateurs dont elle a fait un si grand étalage et par le rassemblement qu'on a fait avec préméditation de tout l'Orientalisme à côté de la galerie des machines, là où aboutissait le chemin de fer Decauville. M. Antoine Rondelet entra à ce sujet dans des détails qu'il nous répugne de reproduire. Il suffit de faire remarquer que cette exposition marqua l'avènement d'une licence nouvelle, noii seulement à Paris, mais dans toutes les provinces qui y avaient été convoquées, dans ces sept millions d'hommes qui n'auront rapporté de leur voyage à Paris et de leurs promenades à l'Exposition qu'un arrière-goût de corruption et de réminiscences fâcheuses. »

7- Cette exhibition sur le Champ de Mars des spécimens de toutes les races humaines a inspiré à la Revue des Deux Mondes des réflexions semblables à celles que J, de Maistre exprimait au début de la Révolution.

« Souhaitons qu'après avoir défrayé notre curiosité, l'Exposition exotique nous fasse réfléchir sur les devoirs nouveaux que nous assumons dans le monde, sur le grand changement de ce monde par l'expansion de tous sur tous. A l'Esplanade, comme à la galerie des machines et sous la Tour, tout proclame la rupture de l'ancien équilibre par Ips nouvelles conditions d'existence qui nous sont faites, par la pénétration réciproque des peuples, le poids social du nombre, la puissance dynamique des forces dérobées à la nature. Tout annonce des bouleversements à côté desquels la Révolution d'il y a cent ans n'était qu'un jeu, un germe si l'on préfère. Comme aux jours qui virent finir la vieille Rome, mais avec une impulsion infiniment plus rapide, plus mtense, plus universelle, la fusion des hommes et des idées manifeste une crise de l'histoire. Quand elle agite et mêle ainsi l'humanité, c'est pour' lui préparer de formidables coups de théâtre, le passé nous en est garant. »

Le coup de théâtre a été ouvert par la guerre. Les scènes se succèdent. quel sera le dénouement ?

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