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Traité delà tolérance, chap. XX

LiLiA PEDiBUs DESTiiUE. Ce mot d'ordre de la conjuration judeo-maçonnique eut sa première et principale exécution le 21 janvier 1793. La condamnation préalable de Louis XVI par la franc-maçonnerie est maintenant un fait ne laissant plus presque de doute. Parmi les preuves apportées, il y a d'abord le témoignage bien connu mais aussi bien important, vu la qualité du témoin et les circonstances dans lesquelles il a parlé.

Le comte de Haugwitz avait accompagné le roi de Prusse au Congrès tenu à Vérone en 1822 ; on lui demanda un mémoire sur les Sociétés secrètes. On y lit les lignes suivantes : ce J'acquis alors la ferme con- » viction que le drame commencé en 1788 et 1789, La Révolution française, » LE RÉGICIDE AVEC TOUTES SES HORREURS, non Seulement avaient été résolus, » mais encore étaient le résultat des associations et des serments... Que » ceux qui connaissent mon cœur et mon intelligence, ajoutait-il, jugent » de l'impression que ces découvertes produisirent sur moi «.

Le livre fort curieux du conventionnel Mercier publié en 1771 sous ce titre : L'an 2240 ou Rêve s'il en fut jamais, présente un autre témoignage d'autant plus remarquable qu'il est donné sous forme prophétique. Dans le chapitre intitulé Pas si éloigné qn'on le pense, on lit :

« La monarchie n'est plus ; le râteau, la navette, le marteau sont plus » brillants que le sceptre. Pourquoi le gouvernement ne serait-il pas » républicain ? Ce sera l'époque terrible et sanglante d'une guerre civile, I) mais le signal de la liberté, remède affreux, mais nécessaire ; La Bastille » est renversée... Les monastères sont abolis, les moines mariés, le divorce » permis, le Pape dépossédé de .ses Etats. O Rome que je te hais ! Que » tous les coeurs embrasés d'une juste haine ressentent la même haine » que j'ai pour ton nom ! «

Qui donc avait ainsi renseigné si exactement et si longtemps à l'avance €6 soi-disant prophète ?

On lit dans les Portraits contemporains de Sainte-Beuve (pages 36-37, Paris, Calmann-Levy, 1832) : « Ballanclie, dans l'Homme sans nom, a » expliqué le régicide commis par les Conventionnels par l'action d'une » force occulte, mystérieuse, qui s'était emparée de leur volonté et les » avait fait agir comme sous l'empire des puissances du Destin. Il y a » un fond effrayant de réalité, dit Sainte-Beuve, dans une partie de » V Homme sans nom, un fond d'autant plus extraordinaire que M. Bal- » lanche l'ignorait tout à fait, lorsqu'il bâtissait idéalement son poème. » Un conventionnel régicide, Lecointe-Puyraveau, des Deux-Sèvres, aurait » pu raconter la séance du vote exactement comme l'Homme sans nom » la raconte. Comme celui-ci, I^ecointe-Puyraveau assistait en frémissant » aux votes qui précédaient le sien, il s'agitait sur son banc avec angois.se » et, à chaque suffrage de mort, qu'accueillaient les applaudissements » des tribunes, son voisin, de qui je tiens l'histoire, (M. Daunou) le voyait » pâlir et s'indigner. Il appelait impatiemment son tour et avait hâte do » dire une parole de justice. Son tour arriva, il s'élança à la tribune, » des murmures accueillirent ses premiers votes, puis des menaces ; il .se » troubla et par degrés ses paroles changèrent de sens, jusqu'à ce qu'en- » fin, comme à l'Homme sans nom, une parole inconnue, vme parole qui » n'était pas la sienne, vint se placer sur ses lèvres. Il s'en retourna » égaré à son banc, ayant voté la mort, w

La parole inconnue dont parle Sainte-Beuve, la force mystérieuse que

constate Ballanche sont aujourd'hui en pleine lumière. Un autre conventionnel, Jean Debry, cité dans la lettre de Mgr Besson (V^ Intermédiaire dea chercheurs, p. 1270, col. 511) a dit plus explicitement que son collègue Puyraveau quelles elles furent. « On me rappela d'un signe le » serment des Loges ; les menaces des tribunes achevèrent de me trou- » hier; je votai la mort. »

Le mystique Ballanche commenté et développé par le critique Sainte- Beuve, voilà une démonstration qui répond aux dispositions d'esprit les plus opposées.

M. de Ségur, ambassadeur de France à Berlin avant le 10 août, a raconté que la dernière fois qu'il vit le célèbre orateur de la Gironde, ^'ergniaud, celui-ci a signalé avec force les dangers qu'entraînerait pour la France la condamnation de Louis XVI, il a démontré l'affreuse iniquité d'une pareille condamnation et il a terminé par ces paroles : « Moi, M voter la mort de Louis X^'I î Non, non, c'est m'insulter que de me )) supposer capable d'une action aussi indigne. »

Puisque Vergniaud ne voulait pas voter la mort et qu'il l'a votée cependant, c'est que quelqu'un ou quelque chose la lui a fait voter ; « puisqu'il n'obéissait pas à une conviction dictée par la passion ou par le fanatisme, » c'est qu'il obéissait à une suggestion exercée par une puissance mystérieuse, par une influence cachée. Comme Jean Debry, comme Lecointe-Puyraveau, Vergniaud, en votant la mort de Louis XVI, obéit à la consigne maçonnique, qui lui fut rappelée par un signe suprême, au moment de son vote ; comme eux et comme bien d'autres, qui n'ont pas eu occasion de l'avouer, il subit l'action effroyable que la Maçonnerie réussit à créer autour des votants dans les fatales séances des 16 et 17 janvier 1793.

Et cette action dut s'exercer d'autant plus impérieusement sur ^'ergniaud que son vote devait être doublement décisif. Il était, en effet, président de la Chambre et le roulement fixé par le sort l'appelait de plus à voter le premier.

« Le vote de Vergniaud », a dit Poujoulat (Histoire de la Révolutiov , p. 337, Tours, Marne, 1857), « fut le signal de la désertion des députés » qui votèrent la mort contre leur conscience. »

On peut trouver d'autres témoignages dans l'Intermédiaire des chercheurs qui, à partir de 1898, a poursuivi à ce sujet une discussion qui a duré plusieurs années.

En 1898, le P. Abel, Jésuite jouissant d'une grande renommée dans toute l'Autriche, fit dans la cathédrale de Vienne des conférences pour hommes. L'une d'elles avait pour sujet l'action maçonnique. Devant une foule considérable, le P. Abel s'exprima ainsi :

« ... Et ne croyez pas, chers messieurs, que l'influence de la Franc- » Maçonnerie ne s'exerce que contre l'Eglise. Elle n'épargne pas davantage » la société civile. En voulez-vous un exemple ? Le voici : En 1784, il y )) eut à Francfort une réunion extraordinaire de la Grande Loge Eclec- » tique ; un des membres mit aux voix la condamnation à mort de )> Louis XVI, roi de France, et de Gustave, roi de Suède. Cet homme » s'appelait Abel : c'était mon grand-père ».

Le lendemain le journal juif La Nouvelle Presse cita le fait sous ce titre qui marquait bien son intention : « Piété filiale ». A la conférence suivante, le P, Abel répondit : « je vous dirai, chers messieurs, que mon » père en mourant, m'a marqué, comme sa dernière volonté, que je

2\i CULPABILITÉ DE LA NATION.

» nj'a|)I)li(juc à réparer le mal que lui et nos parents avaient fait. Si je » n'avais pas à exécuter cette prescription du testament de mon père, du » 13 juillet 1870. je ne parlerais pas comme je le fais. Je ne crains donc » pas de l'avouer : il a été commis des fautes dans ma famille, et je suis )) îieurcux de travailler pour ma part à les réparer, quoi qu'en puissent j> dire les juifs et les francs-maçons. »

Lors de l'enquête dont nous venons de parler, V Intermédiaire du cher- <'hcur publia le témoignage écrit que lui envoya le P. Abel. Il y est dit ({ue le 13 juillet 1870 son père vint le voir au parloir du collège de Kals- Jburg (près de Vienne) et lui dit :

« La miséricorde divine m'ayant ramené en 1841, sur la voie de la religion, il me reste encore à m'acquitter d'une grande dette. C'est pourquoi je désire qu'un jour, après ton ordination sacerdotale, tu puisses publier mes confidences, afin d'éclairer les foules ignorantes sur le vrai but de la Franc-Maçonnerie, et de la combattre efficacement. Au congrès de la Franc-Maçonnerie, le grand-maître de la loge de Wetzlar, ton grand-père proposa l'assassinat de Louis XVI et de Gustave III de Suède. Cette proposition fut acceptée et deux F.:. Bode et Knigg furent envoyés à Paris et à Stockolm avec le mandat d'exciter les loges des deux pays à l'exécution du plan général tracé pour la Révolution. » Dans cette même communication à VlMermédiaire du cliercJieur, le P. Abel dit que son ^rand-père, professeur de droit à Wetzlar fut chargé par les chefs des Illuminés de propager le joséphisme dans les pays catholiques de l'Allemagne. En 1808 il fut appelé à la célèbre université de Landshut (Bavière) avec mission de travailler à la propagande des idées maçonniques. Le P. Abel est fils du fameux ministre de Bavière, qui, bien qu'agent du parti prusso-maçonnique en ce pays, refusa de signer un acte d'indigénat pour la danseuse I^oîa Montis que le roi voulait créer comtesse. Il fut congédié. Il se convertit à la suite de la mort de sa femme et devint ce que l'on appelle un ultra-montain, un clérical.

Que la Franc-Maçonnerie dans ses conciHabules ait résolu plusieurs années à l'avance la mort de Louis XVI, qu'elle ait pris de longue main ses mesures pour que la sentence fût exécutée, qu'elle ait exigé et surveillé le vote de ses adeptes lorsque vint l'heure de prononcer la condamnation, rien de tout cela ne peut étonner celui qui sait ce que la Franc-Maçonnerie s'est proposée dès ses premiers jours et l'importance qu'avait pour le but à atteindre, la sentence de mort, puis le jugement solennel et l'exécution sous les yeux de tous les peuples de celui qui personnifiait le plus hautement la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ, sacré par Lui, professant n'être que son lieutenant et son sergent et régnant en son nom.

C'est ce que Robespierre a fait entendre lorsqu'il a dit aux juges : <c Vous n'avez point à rendre une sentence pour ou contre un homme, mais un acte de providence nationale à exercer. » C'est-à-dire, voiis avez à pourvoir à ce que la nation soit désormais affranchie de l'Autorité de Dieu et de son Christ.

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