‹ Les pourquoi de la guerre mondiale (volume 3)Chapitre 49 sur 98 · Le clergé n'a plus aucune part à l'instruction publique · texte numérisé non relu

Le clergé n'a plus aucune part à l'instruction publique

7. Le prêtre ne peut plus, sans être justement puni, se mêler de politique et d'élections ;

8. Des décisions gouvernementales sous forme de décrets ou d'arrêtés ont abrogé toutes les mesures antérieurement prises dans l'intérêt de l'Eglise.

« C'est après avoir constaté les résultats de ce fonctionnement législatif, qu'il pourra être opportun et expédient d'examiner s'il convient de prononcer la séparation de l'Etat. Nous avons rempli notre tâche en préparant cet avenir. »

lie même Paul Bert avait ailleurs exposé sous ce titre : Les préliminaires de la séparation de VEglise et de VEtai, ses vues et celles de la secte :

« Oui, il faut séparer firalement de l'Etat ce qu'on appelle l'Eglise catholique. Seulement, faisons bien attention ! Une fois que l'Etat ne se mêlera plus des affaires des catholiques, ils seront libres. S'ils sont libres, ils seront tout de suite très forts ; la foi reprendra le dessus sur la libre-pensée. C'est ce que nous ne voulons pas.

Donc, tenons encore quelques années l'Eglise dans la situation où elle est maintenant, sous notre tutelle. Nous choisissons les évêques, nous approuvons ou nous rejetons comme il nous plaît la nomination des curés et des vicaires-généraux ; nous les empêchons de posséder, d'ouvrir des églises ; nous leur donnons de l'argent comme nous le voulons et quand nous le voulons. C'est déjà quelque chose : cela ne suffit pas, il faut de plus affaiblir l'Eglise, la rendre complètement anémique.

Pour la tuer ainsi lentement, il y a trois choses à faire :

1° Faire observer très exactement la loi du 28 mars 1882 ; elle empêche les enfants de devenir chrétiens ;

2° Obliger au service militaire les élèves des séminaires ; par là, le nombre des prêtres sera considérablement réduit, et cela immédiatement ;

3° Supprimer, de force, par tous les moyens possibles, tous les ordres religieux, toutes les communautés d'hommes et de femmes.

De cette façon, comme d'une part il n'j^ aura presque plus personne pour enseigner et pour aider à pratiquer la religion ; et, comme d'autre part dans les écoles on apprendra à dédaigner, puis à mépriser la religion, au bout de quelques années il est bien clair qu'il n'y aura presque plus de catholiques. Alors on pourra leur dire : La direction des cultes est supprimée, vous êtes libres : mourez où il vous plaira. »

C'est bien ainsi que sont conduits les sièges des places fortes. Toutefois, ces assauts répétés, réglés par un plan de campagne savamment étudié, n'allaient qu'à paralyser le clergé. L'anéantissement de l'Eglise de France exigeait quelque chose de plus.

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