‹ Les pourquoi de la guerre mondiale (volume 3)Chapitre 57 sur 98 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Le siège de l'âme enfantine.

Tout système d'éducation qui ne repose pas sur la Religion, tombera en un clin d'œil, on ne versera que des poisons dans l'Etat, la religion étant, comme l'a dit excellemment Bacon, l'aromate qui empêche la science de se corrompre. L'édifice de l'instruction publique posé sur cette base avait duré jus' qu'à nos jours. Ceux qui l'ont renversé chez eux s'en repentiront longtemps inutilement*

De Maistre.

Sous la 3« République. — L'enseignement secondaire. — Faux prétextes invoqués pour ouvrir les hostilités. — Direction donnée par les Loges. — L'article 7. — Soulèvement du public : conseils généraux. Presse. Pétitionnement. — Échec. — Les décrets. — Intervention de la magistrature. — L'emploi de la force armée. — Ce n'est qu'un commencement.

La campagne d'irréligion au moyen de l'école, entreprise et poursuivie par la troisième République, commença dès le lendemain de la guerre, dès le jour des élections qui constituèrent l'Assemblée nationale. Profitant de l'état d'esprit où les malheurs récents avaient mis le public, la secte voulut faire avaler ce sophisme au suffrage universel : « C'est le maître d'école prussien qui nous a vaincus ». Toute notre législation scolaire s'appuya sur cette solennelle niaiserie. Jules Ferry proclama, qu'un pays, où il y a 10 pour 100 d'enfants illettrés n'est pas un pays civilisé. « Comment pourrions-nous songer à la revanche, disait-il, tant que nous croupirons ainsi dans notre ignorance ? » On ne tarda point à voir combien la pensée de ces hommes était éloignée de la revanche et ce qu'ils firent

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pour la rendre impossible autant qu'il était en eux. Ils avaient d'autres desseins à poursuivre. Nous verrons d'ailleurs que leur enseignenient laïc, quoique obligatoire, n'a pas diminué mais augmenté le nombre des illettrés.

Le mouvement d'opinion, tendant à arracher l'école à l'influence de l'Eglise et à rendre l'enseignement de la jeunesse indépendant de la religion, remonte au Second Empire. Il a eu pour initiatrice en France La Ligue de V enseignement . Elle fut fondée le 15 octobre 1866 par le F.:. Jules Macé avec l'actif concours de M. Charles Robert, directeur général au ministère de l'Instruction publique sous M. Duru}^ L'objet que cette Ligue s'était donné à atteindre était de réaliser la tendance qui existait dans les conseils de l'Empire depuis le mémoire confidentiel de M. Rouland ^, d'anéantir l'enseignement libre que les lois de 1833 et de 1856 avaient permis de mettre à côté du corps puissant de l'L^niversité d'Etat. Sous l'impulsion du gouvernement impérial, les fonctionnaires de tout ordre s'empressèrent de propager la Ligue. Le général Mollinet, grand maître du Grand-Orient, recommanda immédiatement la Ligue aux Loges dans une circulaire officielle. Dès la fin de 1868 elle était établie partout et comblée de subventions.

La Ligue jouit sous le gouvernement de IM. Thiers de faveurs officielles semblables à celles qu!elîe avait reçues sous l'Empire. A la fin de 1877 le nombre des cercles était arrivé au chiffre de 400. Le 14 octobre de cette année le triomphe des radicaux aux élections encouragea M. Macé à découvrir de plus en plus ses intentions, qui étaient de jouer le rôle de précurseur de la Franc- Maçonnerie dans la campagne qu'elle allait engager pour livrer l'enfance et la jeunesse et, par elles, la population française à l'athéisme.

Au-dessous d'elle et sous forme populaire, la Ligue avait créé des œuvres qui, comme le .sow des écoles laïques, étaient des moyens de propagande de sa campagne antichrétienne.

Il est tristement intéressant de voir comment et par quelles étapes la Franc-Maçonnerie a pu établir et resserrer de jour en jour pendant trente-cinq années ses lignes de circonvallation assiégeant l'âme enfantine, et les faire arriver au point où

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