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V. Soutenir énergiquement l'enseignement de l'Etat

VI. Revenir autant qu'on le peut sans pousser les choses à outrance, à l'exécution des dispositions organiques, qui mettent de salutaires obstacles à l'envahissement du pouvoir du Pape sur le clergé et sur l'Etat.

Régler l'office du Nonce en France ; ne souffrir en ri^n qu'il corresponde au nom du Pape avec les évêques français, ni qu'il fasse aucun acte de juridiction, ni qu'il ait le moindre regard sur le choix des évêques.

Tenir énergiquement la main à ce qu'aucun acte de la cour de Rome ne puisse être reçu, publié, ou distribué en France sans l'autorisation du gouvernement.

Restreindre peu à peu la faculté d'assembler des conciles provinciaux sans l'autorisation spéciale du gouvernement.

Choisir résolument les évêques parmi les ecclésiastiques pieux et honorables, mais connus par leur attachement sincère à l'Empereur et aux institutions de la France.

Supprimer les journaux religieux dont personne ne supposait le besoin avant l'invasion et les agitations du parti ultramontain «.

Encourager l'étude publique des anciennes libertés françaises et professer partout et avec énergie les principes conservateurs de l'indépendance de l'Etat vis-à-vis de la Papauté.

VIT. Rien ne serait plus habile et plus iuste à la fois que d'augmenter le traitement du clergé inférieur. C'est ainsi qu'il faut l'attacher au gouvernement. Si l'épiscopat, par faiblesse ou tout autre motif, abandonnait l'Empereur, il faudrait se concilier le clergé inférieur, qui souffre parfois du despotisme ^iscopal.

VIII. Peut-être, enfin, serait-il opportun que le gouvernement se préoccupât des grandes institutions laïques, telles que St-Vincent de Paul, St-François

3. Quelque temps après VJJnivcrs était supprimé par mesure administrative.

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Xavier, etc. Les conférences de St-Vincent de Paul dépassent aujourd'hui le chiffre de 900... C'est une redoutable association. Nos lois n'admettent nulle part l 'organisation indépendante de pareilles associations... à l'aide desquelles des millions de citoyens peuvent recevoir telle ou telle impulsion, ou tel et tel mot d'ordre. (Et la franc-maçonnerie?) Etre membre de la société de St-Vincent de Paul, aujourd'hui, c'est entrer dans un monde occulte fortement organisé... Quel immense levier ce pourrait être, dans des masses hostiles, pour remuer les idées politiques !

La ligue de l'enseignement a été aux mains de nos gouvernants et des francs-maçons l'instrument le plus actif et le plus puissant pour faire entrer dans le public et dans les lois la laïcité et la neutralité et ce qui s'en suivit.

Les rapports qui existent entre cette association et la Franc-Maçonnerie demandent à être plus complètement établis.

Son fondateur fut Jean ISIacé, né dans un village près de Strasbourg. Il en fonda le premier cercle à Metz, de concert avec le V.:. de la Loge de cette vill«, le F.:. Vacca. Lui-même était dès lors franc-maçon et il n'a jamais cessé d'affirmer le caractère maçonnique de la Ligue. Il le proclamait, dès 1868, dans le Bulletin officiel de la Ligue, en déclarant que ses collaborateurs « n'abandonneraient pas le travail commencé, pour avoir appris que c'est un travail maçonnique. » En 1885, au Congrès de Lille, il se vanta d'avoir redit cent fois « que la Ligue est une maçonnerie extérieure ». En 1895, apportant au Grand-Orient de France, qui est le centre de la maçonnerie française, le salut de la Ligue, il disait : « Ici, la fiille est chez sa mère. ))

La Franc-Maçonnerie, de son côté, reconnaissait hautement la Ligue comme sa fille de prédilection, et la recommandait à tous ses F.:.. Dès 1868, l'un de ses organes officiels, le Monde maçonnique, écrivait : « Les maçons doivent adhérer en masse à cette Ligue bienfaisante, et les Loges doivent étudier, dans la paix de leurs temples, les meilleurs moyens de la rendre efficace. Les principes que nous professons sont en parfait accord avec ceux qui ont inspiré le projet du F.-. Maçé. »

En 1881, elle voulut symboliser son action par un buste de la République qui, inauguré, le 21 janvier, à la Loge maçonnique de Saint-Germain, devait être adopté par tous ses cercles. Son Bulletin (p. 463, an. 1881), décrivait en ces termes le dessin du socle : « L'ignorance et la superstition, symbolisées par un moine mitre, sont étranglées par un cordon sur lequel on lit : <( Ligue de l'enseignement ». Le rideau aux emblèmes maçonniques couvre la partie gauche. Voltaire le soulève et rit au progrès qu'ont fait ses idées. »

Un an plus tard, était votée la loi sur l'enseignement laïque, que la Ligue préparait depuis son fameux pétitionnement de 1872, et qu'elle se vante d'avoir fait v-oter. Paul Bert reporta tout le mérite de cette victoire à la Ligue, dans son discours du 6 avril 1882 ; il y célébrait « cette Association qui a tant travaillé sous l'Empire et à laquelle nous devons, pour la plus grande part, le bon mouvement d'opinion qui nous a permis de doter ce pays de l'instruction gratuite, laïque et obligatoire. »

Devenu sénateur, le F.* Macé exprima en ces termes la pensée qui le dirigerait dans l'exercice de ses nouvelles fonctions : « Il faut que chaque jour qui s'éteint emporte avec lui les restes, les débris des croyances mortes. »

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