‹ Les pourquoi de la guerre mondiale (volume 3)Chapitre 61 sur 98 · SIÈGE DE Î/AME ENFANTINE · texte numérisé non relu

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écoles. A partir de 1882, le saint nom de Dieu fut rayé des livres classiques, toute parole chrétienne fut interdite à l'instituteur, toute prière suivie d'un châtiment. Dans la discussion de la loi de 1886, M. Goblet, ministre de l'Instruction pubhque, lut à la tribune une page d'un de ses subordonnés, toute débordante d'enthousiasme pour les idées panthéistiques de Kant, et après avoir fermé le livre : a II n'y a rien, dit-il, de plus beau dans les plus beaux livres de piété .^ » Le lendemain, M. de Pressensé, ministre protestant libéral, lui demanda, si en exaltant ainsi le panthéisme, il avait parlé en son propre nom ou au nom de tout le gouvernement. M. Goblet répondit que l'Etat n'avait pas à donner des notions sur l'idée de Dieu reposant sur la Révélation. Ainsi, cet homme, que l'on a vu ensuite chargé de présider à la défense nationale, déclarait que nos gouvernants avaient l'ambition de substituer le panthéisme ou le naturalisme à la religion de Notre Seigneur Jésus-Christ, et que, pour réaliser ce dessein, ils s'emparaient de l'âme sans défense des enfants.

Au cours de la discussion de cette loi furent renouvelées les scènes de la Convention qui avaient fait dire à M. J. de Maistre: (c C'est du satanisme », ce Tandis que parlent Mgr Freppel, M. de Mun, M. Keller, etc., les menaces, les imprécations, les rugissements, dit le Monde, s'exhalent de cinquante poitrines icc II n'y a pas de Dieu ! A bas Dieu ! A bas les prêtres ! A bas les curés ! Les catholiques hors la loi ! » Tels sont les cris qui, de deux heures à six heures, retentissent tous les jours dans l'arène législative. »

Malgré la loi de 1882, qui avait décrété l'instruction laïque, neuf mille deux cents communes avaient gardé le personnel congréganiste enseignant. L'article 13 de la loi de 1886 décida que, malgré toutes les oppositions que ces communes pourraient faire, ce toutes les écoles de garçons devront être laïcisées dans un délai maximum de cinq ans, et toutes les écoles de filles avant dix ans ». En attendant, toutes les fois qu'un directeur ou directrice congréganistes venaient à mourir, ou étaient mis à la retraite ou révoqués, ils étaient remplacés par des laïcs que l'on avait soin de choisir, de telle sorte qu'ils fissent déloger au plus tôt les religieux ou religieuses restés dans cette école.

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En mars 1882, la République avait forgé, en dix-huit articles, sa loi sur l'enseignement laïc.

En 1886, à cette première chaîne, la République en souda une seconde, composée de soixante-huit anneaux ou articles, au mo3^en desquels elle espéra pouvoir égorger, en cinq ans, la maigre liberté qui restait d'élever chrétiennement les enfants.

Dans la crainte cependant de n'avoir point rivé ces fers d'assez près, la Chambre des députés donna au Conseil supérieur de l'Instruction publique le pouvoir de compléter son œuvre. En deux ou trois séances, celui-ci prépara la matière d'un décret en cent quatre-vingt-quinze articles, et d'un arrêté ministériel en deux cent quarante articles, qui parurent le 20 janvier 1887 au Journal officiel. Ces décrets et arrêtés formulent, à l'égard des directeurs et des instituteurs des établissements libres d'enseignement, des exigences qui semblent dépasser le pouvoir de ce Conseil, car il n'était autorisé qu'à régler l'exécution de la loi ; il ne pouvait, par conséquent, point l'enrichir de nouvelles servitudes. Or, c'est ce qu'il fit, illégalement, mais qu'importe la légalité, pourvu que la secte puisse arriver à ses fins.

En même temps que les religieux et religieuses étaient ainsi expulsés des écoles, les postes les plus élevés du haut desquels l^ouvait être donnée la direction la plus autoritaire et la plus efficace à tout le personnel enseignant, étaient confiés aux protestants. L'enseignement primaire reçut pour souverain maître un protestant, l'enseignement supérieur fut gouverné par un protestant ; les bibliothèques scolaires, avec le choix des livres et de la propagande des bons ouvrages eurent pour régulateur un protestant; les écoles normales où l'on forme des maîtres et des maîtresses pour instruire la jeunesse ouvrière et paysanne furent soumises au façonnage protestant; l'Ecole normale supérieure, où on forme aussi des professeurs pour les lycées,, des maîtres pour la bourgeoisie, a eu des directeurs protestants ; l'Ecole supérieure de Sèvres reçut pour directrice une protestante; l'Ecole polytechnique et l'Ecole d'application de Fontainebleau eurent à leur tête des généraux protestants. L'Ecole des hautes études politiques devint grand séminaire de protestants.

Cette sélection aboutit, en définitive, à livrer aux protes-

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tants renseignement français à tous les degrés. En même temps, MM. Paul Bert, Ferry et Goblet avaient remis les maîtres d'école à la direction des préfets. « Il y a dans tout village, disait M. Paul Bert, une lumière et une bouche pour l'éteindre. La lumière est l'instituteur ; la bouche est le curé. Il convient de placer derrière l'instituteur, un fonctionnaire autorisé, vigoureux, énergique, le préfet^ ».

La création des écoles chrétiennes devenait de plus en plus nécessaire. Des manuels contraires à la foi catholique, impies ou immoraux étaient employés dans les écoles publiques avec l'approbation et l'appui du gouvernement. Le Saint-Siège en avait mis à l'index un certain nombre, et les évêques avaient complété cette liste en en condamnant d'autres qu'ils trouvaient en usage dans leur diocèse.

Tous ceux qui ont lu ces manuels ont pu se rendre compte qu'à toutes les pages notre sainte Foi y est outragée et méprisée, que l'histoire y est faussée et toujours dans le même sens. Ces* un parti-pris de dénigrement, qui excite les enfants à considère! le Pape, les évêques et les prêtres comme des imposteurs, et l'Eglise catholique, comme souverainement haïssable; tandis que les ennemis de l'Eglise sont présentés de façon à exciter à leur égard la sympathie et l'admiration des enfants, l'admiration pour la Révolution et la haine du passé de la France.

Un bon nombre des curés qui avertirent leurs ouailles du danger qu'offraient ces manuels, furent privés de leur traitement ; et cela, tandis que les sociétés irréligieuses et les loges maçonniques étaient autorisées à aggraver encore le mal en fournissant aux municipalités des livres de leur choix pour les distributions des prix (comptes-rendus des Chambres et journaux de 1883 à 1888 et au-delà) ^

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