Voir Revue des Deux-Mondes, 15 juin
4. En 1891, les Francs-Maçons de Limoges ont offert à la municipalité de cette ville, de fonder pour les écoles primaires de filles et de garçons un prix annuel à décerner à celui et à celle qui se seront le plus distingués par leur instruction antireligieuse. Et en 1905, la Société, fondée par les instituteurs français pour la propagande laïque, offrit, en étrennes, à ses adhérents, le second volume illustré du Catéchisme républicain, dont la préface résume l'idée maîtresse dans ces termes : u Ah! plus de Dieu... Ce n'est pas seulement l'Eglise qu'il faut abattre. Il faut tuer Dieu! »
Mieux encore, les inspecteurs de l'Etat s'avisèrent d'examiner les livres en usage dans nos écoles, et firent condamner ceux qu'ils ne trouvaient point d'accord avec l'esprit révolutionnaire. Chaque année, et même plusieurs fois par an, on assista à ce spectacle de congrès d'instituteurs, se tenant alternativement sur tous les points du territoire, à Lille, à Marseille, à Angers, où des maîtres, des adjoints délégués par les « Amicales » des divers départements, se transformaient en véritables Commissions de l'Index, pour signaler au ministre les livres scolaires paraissant entachés de la moindre pensée spiritualiste. Aussitôt, le ministre frappait, portait des arrêtés exécutoires dans les écoles publiques de toute la France. Le livre exclu ne pouvait plus se trouver aux mains d'un seul élève *^. Un projet de loi fut même déposé sur le bureau de la Chambre par M. Briand, en vertu duquel le gouvernement se donnerait le droit de supprimer toute maison d'éducation où circuleraient des livres contraires aux doctrines officielles. « Tout ouvrage, disait à ce sujet la correspondance Keller, qui sera privé de
4*. Voici le texte d'un de ces « décrets » :