‹ Les pourquoi de la guerre mondiale (volume 3)Chapitre 76 sur 98 · Eph., I · texte numérisé non relu

Eph., I

9. Faut-il dire que les sectaires avaient mieux que certains défenseurs de la cause de Dieu l'intelligence de ce qu'ils avaient à faire pour arriver à leur but? Dans une réun'on générale de la Commune, à rhôtel-de-ville, de Paris, Courbet avant proposé de proclamer solennellement l'athéisme, Jules Vallès lui répondit par cet odieux, mais instructif blasphème : u Je ne voterai pas la proposition ; Dieu ne me gêne pas, ce qui me gêné, c'est le Christ. » On retrouve dans ce mot l'écho lointain, mais fidèle de ce cri que poussaient un iour deux démoniaques sur le passage du Sauveur : <( Qu'avons-nous à faire a toi, Jésus, fils de Dieu tout-puissant? Pourquoi viens-tu nous tourmenter avant le temps? » (Matth.. viii, 29).

du Christ, venu il y a deux mille ans pour susciter dans le genre humain une race nouvelle et meilleure, celle des régénérés.

Nous sommes cette race. I.e baptême y incorpore nos enfants et ^éducation doit cultiver toutes leurs facultés mentales et niorales dans le sens voulu pour qu'ils arrivent à être de vrais chrétiens, d'autres christs participant à la vie que le Verbe puise au sein du Père et qu'il est venu nous communiquer.

C'est cette éducation qu'il fallait réclamer a cor et à cri. Elle est le droit primordial et fondamental de l'enfant baptisé. Aucune injustice ne peut être plus grande que celle qui le prive de la jouissance de ce droit. Ce fut ce que la secte se proposa dès le premier jour et ce qu'elle poursuivit imperturbablement. Elle s'y appliqua dès les débuts de la persécution. L'image de Jésus-Christ fut soustraite à ïa vue des écoliers. On leur disait par là qu'on ne voulait plus les considérer comme enfants du Christ, ni les élever en disciples du Christ. C'était indiquer aux parents et au clergé où allait être porté l'effort de l'ennemi et où devait se porter l'effort de la défense.

Mais non, ce front de combat fut aussitôt abandonné à l'ennemi. On se retira sur celui indiqué par Jules Simon dans son livre du « Devoir » et dans sa c< Religion naturelle », front qu'il présenta de nouveau au Parlement, lors de la discussion des lois scolaires. Qu'on relise les débats des Chambres, les articles de la bonne presse, faut-il ajouter quelques instructions pastorales, le champ de bataille est nettement délimité, on se borne à réclamer la réintégration du nom de Dieu dans les livres scolaires et sur les lèvres du maître. Rien de plus. C'était se retrancher dans le camp des musulmans.

A quel point cette tactique n'a-t-elle pas offensé Dieu, qui est jaloux des droits du Fils en qui il a mis ses complaisances et qu'il nous a donné pour être la voie, la vérité et la vie ? Il ne paraît pas possible de douter que cette sorte de renonciation à la possession du Christ ne soit entrée en compte dans les décrets divins qui exigèrent de nous réparatioTi et expiation.

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Notre Seigneur Jésus-Christ Fils de Uieu, seconde Personne de la Très Sainte Trinité, est roi de toute la création, de tous les êtres qu'il a tirés du néant et auxquels il a donné l'existence, la vie et l'intelligence. Ce n'est pourtant point en cette qualité qu'il est appelé à régner sur nous. Il doit régner dans sa nature humaine en qualité de Rédempteur, de Législateur près du Souverain- Juge. « Le Père même ne juge personne, a dit Notre Seigneur Jésus-Christ ; mais il a donné au Fils le jugement tout entier, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père... Il lui a DONNÉ le pouvoir de juger parce qu'il est le Fils de l'homme ^^. C'est à la nature divine qu'il appartient de juger le genre humain et toutes les créatures », comme Jésus le dit plus tard aux juifs ^i, mais le Père devait procurer cette glorification à son Fils, rebuté par les hommes et lui réserver le jugement à cause de ce refus insultant dont se rendent coupables non seulement les incrédules et les impies, mais ceux qui parmi les catholiques ont pris le nom de libéraux. Ils adorent Jésus-Christ comme Dieu, ils le Feconnaissent com.me le roi de leur âme et le directeur de leur conscience, ils lui refusent la souveraineté sur « les nations arrivées à l'état adulte ».

Il ne faut jamais perdre de vue l'enseignement de l'Eglise sur la Personne de Notre Seigneur Jésus-Christ, ce II y a, dit le Pape saint Léon, dans un de ses sermons sur la Nativité, il y a autant de danger à dire qu'il n'y a pas en Jésus-Christ une nature semblable à la nôtre qu'à nier qu'il soit égal en gloire à son Père.

» Dans l'une et dans l'autre nature, le Fils de Dieu est donc le même ; prenant ce qui est de nous, sans rien perdre de ce qui Lui est propre i renouvelant l'homme dans l'homme et restant en Lui-même immuable. La divinité qui lui est commune avec le Père ne perd rien de sa toutepuissance, et la nature du serviteur ne déshonore pas en Lui la nature' de Dieu ; parce que l'Essence souveraine et éternelle, qui s'est abaissée pour le salut du genre humain, nous a élevés à la participation de sa gloire, mais elle n'a pas cessé d'être ce qu'Elle était. C'est pourquoi, lorsque le Fils unique de Dieu confesse qu'il est inférieur à son Père, auquel il se dit égal, il montre qu'il a véritablement en Lui l'une et l'autre nature, car par l'inégalité dont il parle, il prouve qu'il a la nature hum.aine ; et par l'égalité qu'il affirme, il déclare posséder la nature divine. »

Il ne sera pas sans intérêt — intérêt douloure^ix — de mettre la mollesse des catholiques libéraux dans la défense des âmes appartenant, à Notre Seigneur Jésus-Christ par le saint baptême, en regard de la vigueur et de 1* ténacité avec lesquelles les Juifs voulurent maintenir dans l'infidélité urt de leurs enfants.

En 1858, alors que la ville de Bologne faisait partie dés Etats pontificaux, une famille Juive prit à son service, malgré la défense qui en était faite, tme jeune chrétienne. Cette famille s'exposait donc volontairement aux

lo. loan., V, 23, 26.lï, Joan.,. viir, 50.

conséquences qui pourraient résulter de cette violation de la loi à la fois ecclésiastique et civile. Il arriva qu'un des enfants se trouvât en danger de mort. La servante, jeune fille de quinze ans, alla consulter un pharmacien qui l'engagea à le baptiser, ce qu'elle fit.

L'enfant guérit. Six années s'écoulèrent sans que le fait fut connu. La jeune fille ne put garder plus longtemps son secret. Elle déclara ce qu'elle avait fait. Le cas fut déféré aux tribunaux de Rome qui ordonnèrent que l'enfant fût élevé au sein du christianisme dont il portait dans Varae l'ineffaçable caractère ^^. L'enfant, avec toutes les mesures de discrétion possibles, fut donc conduit dans la maison des catéchumènes à Rome. C'était le 24 juin 1858.

Là ses parents purent le voir et l'entretenir sans obstacle. Ils essayèrent de le faire apostasier: ce J'aime ma famille, leur répondit-il, je serais heureux de vivre avec elle, si elle était chrétienne, et je prie Dieu qu'elle le devienne ; mais tant qu'elle ne le sera pas, je demande qu'on ne m'abandonne pas à la séduction qui, certainement, serait employée à mon égard ». Un jour, la mère arracha à l'enfant une médaille de la Sainte Vierge qu'il portait sur la poitrine, a Tu es juif, lui disait-elle, et tu dois mourir en juif ». Et moi, dit l'enfant, je me suis tu par respect ; mais chaque fois qu'elle me répétait cela, je répétais aussi dans mon cœur ces paroles : ce Je suis chrétien par la grâce de Dieu, et je veux mourir en chrétien. » Plus tard il demanda à entrer dans les ordres. Il vit encore et se montre prêtre et religieux très digne et très zélé.

Cependant ses parents, sur les instances de leurs coreligionnaires, écrivirent aux rabbins de Piémont, de France et d'Allemagne, leur demandant de réclamer contre ce cet horrible attentat aux droits de la famille de Jacob » 13. Tous les journaux maçonniques ou simplement libéraux d'Eu-

12. Non seulement l'Eglise n'a jamais ordonné de baptiser les enfants des Juifs et de les instruire dans la religion chrétienne <( malgré leurs parents », mais elle l'a positivement interdit, et d'une manière constante. Sa doctrine est très claire sur ce point. Les enfants des infidèles peuvent être u valide^ ment » baptisés malgré leurs parents (c'est-à-dire que, les conditions requises pour la validité du sacrement étant remplies, le baptême est valide), mais ils ne peuvent l'être « licitement » ; en d'autres termes, « cela n'est pas permis », et Jules III frappe de suspense et d'une amende de cent ducats quiconque aurait conféré le baptême dans ces conditions, c'est-à-dire contre le gré des parents. (Pignatelli, t. IV, cons. 172, n. 51.) Le motif de cette conduite, c'est que « les enfants des infidèles avant l'âge de raison sont, (( d'après le droit naturel », sous la tutelle de leurs parents ». Le IV® Concile de Tolède, cap. 15, défend de faire violence à qui que ce soit pour l'amener à la foi, car (( les règles de la justice demandent que chacun soit sauvé volontairement, et non malgré lui ».

Grégoire IX, saint Thomas d'Aquin enseignent la même doctrine, et plus tard Benoit XIV traita la question d'une manière très complète, avec toutes les applications pratiques,- dans sa Lettre à l'archevêque de Tarse, (Bullar., t. II, p. 186-237).

hes seules exce.ptions à cette règle générale sont les suivantes, il est permis » de baptiser l'enfant : i. si l'un des parents, qu'il s'agisse du père ou de la mère, est devenu chrétien ; 2. si, tous deux étant infidèles, l'un des deux consent au baptême ; 3. si l'enfant, parvenu à l'âge de raison, demande lui-même le baptême. (Voir Ferraris, (( Bibliotheca canonica », édit. Migne, t. I, p. 976 ; Schmalzgrueber, <( Jus canonicum universum », édit. de 1738, t. V, p. 79.)

13. Momolo Mortara, père de l'enfant, était un type extraordinaire. Le baptême de son rejeton avait été pour lui un coup de fortune. Dès que le père Mortara avait besoin d'argent, il sentait sa douleur se renouveler et

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Tope et d^ Amérique firent un vacarme infernal. Parmi eux se distinguèrent, en France, le Siècle et le Journal des Débats, en Angleterre, le Times et le Morning Fost, en Allemagne, VAllgemeîne-Zeitung et le Volksfreund. Le Constitutionnel, Journal ofi&cîeux de Napoléon III, fit chœur avec cette bande.

Comment justifier ces criaillerîes ? La loi civile, en tous pays, ne veutelle pas qu'on enlève son fils au père dénaturé pour sauvegarder la vie de Tenfant ? Comment serait-il injuste de faire pour la vie éternelle d'une créature humaine ce qu'il paraît juste de faire pour sa vie temporelle ?

Le Pape ne pouvait livrer à un père juif cet enfant que la grâce divine avait providentiellement conquis, ce membre de Jésus-Christ, ce temple de l'Esprit saint, cet héritier du royaume céleste, avec le risque certain de voir flétrir en lui le divin caractère dont il était marqué pour l'éternité.

Le soulèvement de l'opinion contre Pie IX que les juifs et leur presse opérèrent arriva à un degré inimaginable. Ceux qui alors, comme leurs ancêtres de 89 et leurs fils d'aujourd'hui, posent en principe que les enfants appartiennent à l'Etat et doivent être élevés dans les écoles et les doctrines de TEtat, ces doctrines seraient-elles la négation de Dieu, de l'âme et de la morale, faisaient un crime au chef d'un Etat de faire élever dans les doctrines de cet Etat les plus pures et les plus saintes, non les juifs qui vivaient en grand nombre et en parfaite liberté de croyances à Rome et sur tout le territoire du Saint-Siège, mais un seul et unique enfant qui n'était plus juif, qui était devenu chrétien par le fait même de ses parents ; car ils avaient violé la loi en prenant à leur service une chrétienne. On oubliait le despotisme du Tsar et du Kaiser en Pologne, on ne parlait pas de la tyrannie anglaise en Irlande, on ne s'occupait que de la tyrannie du Pape qui faisait élever chrétiennement un enfant chrétien. Napoléon III charo-ea son ambassadeur près le Saint-Siège, M. le duc de Grammont, de faire tous ses efforts pour « éclairer » le Pape et lui représenter comment l'opinion en France envisageait « un acte qui était de nature à blesser les plus saintes affections » (voir le Constitutior.nel) , puis les comédiens de la Cour s'emparèrent de ce thème pour en divertir le public. L'empereur et l'impératrice assistèrent en grande pompe, à la première représentation de la Tireuse de cartes de Mocquart, conseiller intime de Napoléon III. Le prince Napoléon ayant à présenter un rapport sur les conseils généraux de l'Algérie, demanda qu'on y accordât une large place à l'élément juif, <c mesure bien opportune en ce moment. » Enfin l'opinion fut assez travaillée pour que l'on crût le moment venu de commencer l'année suivante la guerre d'Italie qui devait se terminer par l'invasion des Etats pontificaux et la destruction du pouvoir temporel des Papes i^.

il allait trouver Cavour. Cavour, qui prétendait que l'affaire Mortara l'avait autant aidé à faire Tltalie que Garibaldi, donnait quelques ducats au père éploré. Les journaux libéraux français recommençaient k entonner leur grand air de bravoure contre le fanatisme clérical, le Saint-Office, le despotisme papal, ils versaient des larmes sur ce père qu'ils appelaient c( une victime sacerdotale ». Cette histoire-là dura pendant dix ans.

La mort de Cavour et l'occupation de Rome par les Italiens ruinèrent l'infortuné Mortara, qu'on mit au rancart dès qu'on n'eut plus besoin de lui. Accusé d'assassinat, il passa devant la cour d'assises de Bologne, le 28 octobre 1871, et il eut la chance d'être acquitté, grâce à l'appui des Francs-Maçons.

14- L'affaire Dreyfus rappela l'affaire Mortara. D'un côté comme de l'autre, même bruit dans le monde entier, mêmes passions soulevées, mêrne alliance entre tous les ennemis de l'Eglise catholique, ennemis de la France :

Ce que fut Pie IX au sein de cette tourmente^ le R, P. Mortara l'a dît avec un cœur aussi reconnaissant que fidèle. « Tantôt, a-t-il écrit, le Pontife souriait en regardant le ciel. Tantôt, voyant à ses pieds l'enfant, cause innocente du soulèvement de l'enfer, il s'écriait en versant des larmes : ce Voyez ici cet enfant ! Grands et petits voulaient m'arracher cette âme, mais je disais à tous : ce Non, je ne le puis pas r Non^ possutnusl — Livrer une âme serait un grand crime. Or, pour rien au monde, il ne faut commettre le péché ». Pie IX disait encore : ce Cher enfant, tu ne sauras jamais ce que ton âme m'a coûté ^^ ».

Il y a un bon demi-siècle, que ces faits se passaient. En 1912, les juifs n'ont point laissé passer ce cinquantenaire sans faire entendre de nouvelles protestations. Un article n'a point suffi pour cela aux Archives Israélites, elle en a consacré trois des plus enflammés : Voler l'âme d'un enfant à son père! clamait-elle. Empêcher un enfant d'être élevé dans la religion de ses ancêtres, dans la foi de ses parents ! Voilà le crime des crimes, le crime abominable, inexpiable et monstrueux !

Et ce sont ces juifs avec la complicité des Francs-Maçons qui nous ont fait la loi de l'Instruction laïque et obligatoire qui vole aux familles et à l'Eglise chaque année, non l'âme d'un seul enfant, mais celles de millions de jeunes Français, loi qui empêche de les élever dans la foi de leurs parents ou plutôt qui arrache de leurs cœurs cette foi qui y a été implantée par le saint baptême 1

Nous rappelons ces faits, disons-le sans détour, pour faire honte aux catholiques de nos jours et en particulier aux députés et aux sénateurs élus par les catholiques.

Qu'ont-'ils fait, en comparaison de ce qu'ont fait les juifs, pour arracher ces millions de jeunes Français à l'Etat qui en a fait des athées et trop souvent des apaches ? Par d'autres lois, plus récentes, l'Etat n'a cessé de forcer les enfants chrétiens à entrer dans ses écoles afin de pouvoir pétrir plus à son aise ces âmes d'adolescents. Je ne dis pas que nos catholiques auraient dû remuer l'Europe et le monde, comme l'ont fait les juifs pour resaisir le petit INIortara ; mais n'auraient-ils pas dû entrer dans les associations de pères de famille et faire que ces associations fussent agissantes, qu'elles s'informassent de ce qui étaib enseigné aux enfants, qu'elles détruisissent les livres impies, qu'elles fissent injonction aux instituteurs de respecter la foi, et SI cela n'était point accordé, qu'elles fissent déserter en masse ces écoles de perdition ?

juifs, francs-maçons et protestants. Les deux affaires eurent des résultats semblables, elles avaient un but similaire. L'affaire Mortara fut Tune des plus puissantes machines montées pour préparer les esprits à la destruction du pouvoir temporel du Souverain Pontife ; l'affaire Dreyfus fut montée pour saisir la France dans les conditions de défense les moins favorables.

15. Pie IX changea son nom d'Edgard en celui de Pie. Son éducation fut confiée aux chanoines de Saint-Pierre-aux-Liens. Pie Mortara devint prêtre et même chanoine de Saint-Pierre-aux-Liens.

Plus tard le chanoine Pie Mortara parcourut les principales viHes de l'Europe pour y proclamer les «i^rands bienfaits qu'il avait reçus de Pie IX.

Il prit rang ainsi dans l'avant-garde des Juifs convertis où brillent les Drach, les Goscbeler, les Jarac, le Père Hermann, les deux frères Ratisbonne, l'abbé Libermann et les abbés Augustin et Joseph Léman.

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