‹ Les pourquoi de la guerre mondiale (volume 3)Chapitre 8 sur 98 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La leçon de 1870 incomprise ou dédaignée.

Malgré tout, ils péchèrent encore. Dès qu'il les frappait, ils cherchaient Diett, ils revenaient et recouraient à Lui. Ils se rappelaient que Dieu est leur rempart, que le Très-Haut est leur libérateur. Mais leur cœur manquait pour lui de constance et (de nouveau) ils étaient infidèles à son alliance.

Ps. LXXVII.

C'est une nation dénuée de sens ; s'ils étaient sages ils comprendraient et ils considéreraient la fin qui les attend.

Deuter., xxxii, 28-29.

Cette leçon nous conviait à rétablir le règne de la vérité. — On s'en tint à un élan de dévotion. — L'esprit du monde reprit vigueur. — Ce qui devait en résulter. — Pressentiments même chez les étrangers. — Allons-nous à la dernière catastrophe ?

La première chose que nous avions à faire, après le désastre de 1870, était de nous pénétrer de la leçon que nous donnaient les événements auxquels nous avions assisté et de rechercher la <îause qui les avait produits, afin de l'écarter et de ne point courir à de nouveaux et de plus grands châtiments.

L'invasion de 1870 et la Commune de 1871 étaient tellement les suites nécessaires du désordre qui régnait dans les idées et dans les mœurs, que les hommes sages avaient annoncé d'avance à pleine voix ces cruels événements. Pour ne citer que M. Le Play alors que la France était dans l'ivresse de plaisir et d'orgueil que lui procurait l'Exposition de 1867, lui ne s'enivrait point de la gloire que lui valait le grand et beau rôle qu'il y

tint. Il prévoyait le désastre qui devait suivre. On peut presque dire qu'il l'appelait comme le seul moyen qui nous restât de sortir du mal où nous nous enlisions plus profondément de jour en jour. Il écrivait :

« Je crains que le salut ne puisse sortir que de terribles catastrophes, si toutefois notre nationalité peut résister à tant de crises périodiques. Que faire au milieu de ce désordre ? Ce que les apôtres ont fait au milieu de la corruption de l'empire romain : se dévouer à propager le vrai et le bien i. »

Et quelque temps après :

« Si les classes dirigeantes de tout rang et de toute profession restent dans leur état d'antagonisme, pendimt que les classes vouées aux travaux manuels s'unissent pour détruire tout ce qui existe, nous aboutirons à une catastrophe telle que l'humanité n'en a point encore vu de semblable^. »

La paix revenue, les hommes de cœur devaient se mettre généreusement à l'œuvre à laquelle la clairvoyance de M. Le Play les avait conviés, avant que vinssent les jours mauvais, dans la pensée de pouvoir les détourner. Ce qui lui paraissait plus urgent pour les éviter, c'était d'aller droit au siège du mal, les idées.

a Dans une société qui croule de toute part, écrivait-il en 1865, il y a d'abord à redresser les idées... » « Plus que jamais, il faut dire la vérité, sans finesse, ni stratégie habile. On ne sauvera pas la France avec du miel, contre les atteintes de l'erreur...

» Je ne connais rien de plus dangereux que les gens qui propagent les idées fausses, sous prétexte que la nation ne voudra jamais y renoncer. Si elle n'y renonce pas, elle périra ; mais ce n'est pas un motif pour accélérer la décadence en adoptant l'erreur. Il n'y a d'autres règles de réforme que de chercher le vrai et de le confesser sans réserve, quoi qu'il arrive... C'est l'erreur, plutôt que le vrai qui a perdu les peuples dont l'histoire nous retrace la décadence.

« Ce n'est pas à un de ses amis seul, qu'il disait cela et qu'il l'écrivait, obseroe M. Charles de Ribhes, mais à tous sous des formes variées, qui dépendaient des circonstances. »

M. Blanc de Saint-Bonnet disait dans le même temps :

« II faut que tous les hommes de bonne volonté se rallient sur les principes supérieurs ; de là découle la lumière... La Révolution durera autant de temps qu'il en faudra pour reprendre la vérité supérieure ».

Ils ne furent point entendus même après nos désastres. Aussi,

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