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LA LEÇON DE 1870 LNCOxMPRISE. 35
en 1873, M. Le Play avait la douleur d'écrire : « Jamais on n'a perdu plus belle partie ».
Il avait dit aux gens de l'Empire : « C'est de la religion seule que nous pouvons attendre une évolution intellectuelle et morale. ï>
Ils n'avaient point eu le bon esprit ni le courage d'aller à cette source de toute vérité et de tout bien, ils voyaient l'imminence du danger, ils voulaient l'éviter, mais sans faire appel à l'Eglise, ils voulaient maintenir l'indépendance de l'Etat visà-vis de Dieu. M. Le Play insistait :
« Il est nécessaire que les gens de bien travaillent à renouveler les convictions nationales, alors même que le succès se ferait longtemps attendre. Des erreurs inouïes ont produit, en haut comme en bas, un mal qui ronge et dissout le corps social. Ce mal nous a jetés dans l'état où nous sommes, il appelle un prompt remède. Pour qu'il soit accepté par la nation, il faut avant tout que les hommes éminents, ayant pour mobiles la vertu et le patriotisme, secouent le joug des idées dominantes, qu'ils reviennent à la notion du vrai et qu'ils se dévouent à la propager. »
Aux politiques qui lui disaient : « Vous prêchez et nous périssons. Vous nous proposez un remède lent pour une maladie foudroyante ; vous nous conviez à une longue marche et l'abîme est devant nous ; » il répondait :
« Je repousse l'objection, et me servant de l'image favorite des découragés de toute nuance, je vous dis : « Vous ressemblez à des voyageurs marchant à l'abîme les yeux ouverts, déplorant leur fatale destinée, au lieu de changer simplement la direction de leurs pas 3. y)
Ce changement de direction, le peuple parut vo.uloir s'y prêter. Il y eut, chez bon nombre de nos concitoyens, des jours de réflexion, et même dans la masse du peuple, il y eut ce qu'on appela « un réveil de la foi ». I-a France chrétienne, poussée par une force miséricordieuse du ciel, se porta à flots vers les sanctuaires dédiés à la Très Sainte Vierge et à celui où Jésus avait manifesté le désir de voir s'établir le culte national de son divin Cœur. En même temps, la pensée de construire sur le point le plus élevé de Paris une basilique, monument éternel du repentir de la France et de sa dévotion à l'Eternel Amour « Penitens et devota » fut accueillie avec enthousiasme. Les dons du pauvre comme du riche affluèrent aux mains des collecteurs.