‹ Les pourquoi de la guerre mondiale (volume 3)Chapitre 80 sur 98 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Quel châtiment appelait sur nous la guerre faite à Dieu, à l'Eglise et aux âmes.

Il arriva, dit Ezéchiel, que lorsque j^étais au milieu des captifs, les cieux furent ouverts et je vis la vision de Dieu. Et j'entendis quelqu'un qui me parlait et disait : « Je t'envoie vers les fils d'Israël, vers cette nation apostate qui s'est retirée de moi : eux et leurs pères ont violé mon alliance. C'est une maison de reheUes. Tu leur diras mes paroles pour voir si par hasard ils se cojivertiront i. Ezéchiel, i-viii.

Énormité du crime. — Il appelle l'extermination. — Comme au temps de Noé. — La loi du talion a été appliquée à divers peuples. — Il n'y a à s'en étonner et à s'irriter que ceux qui ignorent ce qu'est Dieu et ce qu'est la créature. — Ce que doit à Dieu toute intelligence. — Plus encore l'âme chrétienne. — Et surtout l'âme française.

Si nous nous remettons devant les yeux la qualité et la gravité des péchés des Français rappelés dans la première partie de ce premier livre et celles du crime de l'Etat exposé dans la seconde, l'excès d'outrage à la majesté divine que ces offenses comportent nous incite à demander quelles suites elles devaient avoir régulièrement.

Y eut-il jamais sur la terre égarement plus grand et'dérégle-

I. Dieu a envoyé à la France et aux autres peuples de la chrétienté des Pontifes qui tous, depuis la déclaration des Droits de l'homme contre les Droits de Dieu, les ont avertis des suites qu'aurait cette apostasie. Ni la France, ni les autres peuples ne voulurent entendre.

ment réclamant une exécution plus radicale ? Il ne faut pas perdre de vue dans cet examen que les fautes croissent en gravité avec les connaissances de celui qui s'en rend coupable et avec les bienfaits reçus de celui contre qui elles sont commises.

Jamais le genre humain n'a reçu de lumières plus grandes que celles que lui a apportées le christianisme ; jamais peuple n'a été traité par la divine Providence avec plus de bienveillance que la nation française.

Nous n'avons point de renseignements précis mais seulement des indications, séparées l'une de l'autre, sur le crime qui exigea de la souveraine justice la destruction totale que le déluge infligea à l'humanité. I.a Sainte Ecriture dit que les «fils de Dieu », c'est-à-dire les pieux descendants de Seth prirent pour femme& les « filles des hommes », c'est-à-dire les descendantes de la race pervertie de Caïn. Il en résulta sans doute ce que nous avons eu occasion de constater plus haut : les épouses impies et corrompues pervertirent leurs maris, et les familles devenues ennemies de la vertu, de Dieu et de tout bien, s'avancèrent d'un pas rapide dans les voies de toute iniquité. « Lorsque les fils de Dieu, se furent unis aux filles des hommes et qu'elles eurent donné des enfants, ces enfants furent les népMlim », mot que la Vulgate a traduit par « géants » mais qui veut dire « hommes de violence et d'oppression », interprétation que la Bible justifie plus loin en disant : ce La terre se corrompit devant Dieu et se remplit de violence », de force brutale, selon l'Hébreu, d'injustice, selon la Vulgate ^. La sainte Ecriture ajoute : c( Dieu vit combien la méchanceté des hommes était devenue grande sur la terre et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal ». Elle donne comme dernier trait celui-ci : ce Toute chair (hébraïsme qui équivaut à tout homme) avait corrompu sa voie ». Dans la révélation qu'il fit à Noé, Dieu dit comme devant être le châtiment que tout ce désordre imposait : « La fin de toute chair (la fin de l'humanité) est venue devant moi ». Et ce fut la fin : les eaux du déluge engloutirent le genre humain tout en-

2. La guerre d'aujourd'hui montre à quelle hauteur peuvent s'élever l'iniustice, la violence et l-'oppression qu "exercent sur leurs semblables les hommes qui se sont défaits de la crainte 4e Dieu, alors même qu'ils en font montré et ostentation, ' , ■ • . ■

tier, à L'exception de Noé, sa femme et ses enfants, qui, seuls s'étaient maintenus dans la vérité révélée et l'adoration du souverain maître du ciel et de la terre.

Le trait essentiel, caractérisant la malice des hommes à cette époque, nous paraît être celui-ci : « Tout homme avait corrompu sa voie ». Le désordre des mœurs, la violence, l'oppression, l'injustice étaient de? péchés individuels semblables à ceux que nous avons relevés dans la première partie de ce livre. Ils appelaient des châtiments plus ou moins grands, plus ou moins étendus, mais non l'extermination du genre humain. Cette extermination totale donne à supposer qu'au-dessus de ces désordres et de ces iniquités, l'homme était arrivé, à l'heure où les cataractes du ciel fondirent sur lui, à un crime commun, universel, crime de -la société, qui exigeait sa disparition, crime que la sainte Ecriture signale par ce mot : « Tout homme avait corrompu sa voie ». La voie tracée à toute créature intelligente, la voie qu'elle doit suivre de sa naissance à sa mort, est celle qui la conduit à Dieu. On peut croire que le genre humain en était sorti dans sa totalité. Il aurait tourné le dos à sa Fin dernière, pour se renfermer en lui-même, comme firent les mauvais anges, pour se faire à soi-même sa fin dernière.

Qu'on se souvienne de la lettre écrite par lord Denbey à M. Le Play, en 1872 en voyant l'état dans lequel nous nous étions remis après la leçon qui nous avait été infligée : a La France me paraît dans le même état où était le monde à la veille du déluge. » Et il motivait ainsi ce jugement : « On ne reconnaît pas Dieu comme le Maître et le Régent de l'Univers. » On peut se souvenir aussi de S. Em. le cardinal Billot, pirévoyant, annonçant en juillet 1914 « le déluge », parce que, disait-il, on n'a point voulu prêter l'oreille aux enseignements, avertissements et prières de Noé, du Noé que Dieu nous avait donné en la personne du Pape Pie X.

C'est bien ce que veut, ce que ^joursuit l'impiété de notre temps. Un effort gigantesque, ou mieux, satanique, est exercé sur le monde, et en particulier sur la France, pour le détacher de Dieu, l'amener à ignorer Dieu, et, par un progrès indéfini, arriver à ce que ce qui est attribué à Dieu depuis le commencement du monde, soit désormais l'apanage de l'homme. C'est

€e qui est déejaré ouvertement par les mots ce religion humanitaire » et « déification de l'homme^ )>.

Si cet orgueil a creusé l'enfer pour les mauvais anges et a appelé les eaux du déluge sur la première génération humaine, n'avait-on pas à craindre que ce même orgueil n'amenât la fin de la France, et même la fin du monde, si le monde nous imite et nous suit, comme le veut la secte qui nous a entraînés où nous sommes ?

Nous savons que notre monde aura une fin : Notre-Seigneur nous l'a affirmé et les Apôtres, ses interprètes, l'ont décrite. Cette fin est-elle prochaine ? Les événements dont nous sommes témoins et qu'aucune société humaine n'avait encore vus, en sont-ils les préludes ? C'est une question qui sera posée plus loin et que nous examinerons.

Une chose certaine, c'est que la justice exacte, rigoureuse, exige la peine du talion. Vous, Etat français, vous avez voulu •exterminer Dieu, vous l'avez dit, vous l'avez fait autant qu'il était en vous. Ne pouvant exterminer la divinité, vous avez employé toutes les forces gouvernementales, toutes vos lois et institutions, et comme moyen plus direct et plus puissant, l'enseignement, à son extermination dans les coeurs et les intelligences : vous serez exterminé. Chose étrange, l'anéantissement de la France, c'est ce que se sont proposé les Allemands. Dans leurs livres et dans leurs discours, ils n'ont cessé de dire : la France doit <lisparaître de l'Europe, ou être morcelée de façon à n'être plus elle-même et à ne plus pouvoir remplir aucun rôle. C'est ce qu'ils proclamèrent vouloir faire aux premiers jours de l'invasion.

L'extermination appelle l'extermination. La volonté arrêtée, déclarée d'anéantir Dieu, met Dieu en demeure de procéder à l'anéantissement de qui a conçu la pensée, a mis à exécution la volonté de commettre ce crime.

Est-ce ce à quoi nous devons nous attendre ? Est-ce le terme que doit avoir la guerre actuelle * ?

Question terrifiante, et que celui qui s'applique à considérer a fond l'état actuel de la France, et même l'état du genre

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