‹ Les pourquoi de la guerre mondiale (volume 3)Chapitre 83 sur 98 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

La France n'a=t=elle rien à présenter pour sa défense?

Malgré une guerre de trente ans et plus, menée de complicité avec l'ennemi du dehors, sur Vâme et sur le corps de la France, sur ses richesses morales et matérielles, l'ennemi du dedans n'a pu entièrement triompher.

Qui expliquera ce mystère ? si ce n'est celui qui sait qu'il y a au ciel et dans nos tabernacles le Christ qui aime les Francs, qui les aime toujours malgré les infidélités qui font saigner son cœur, parce qu'il trouve parmi eux des âmes qui répondent à son amour.

Le châtiment que nous subissons. — Motifs de miséricorde du côté de Dieu et d'espérance pour nous. — La prière des âmes saintes et même de la foule. — L'effort de l'enfer contre la France depuis des siècles. — ■ Effort en somme inefficace. — Sans doute de nos jours les législateurs de l'athéisme ont reçu le pouvoir de faire ce qu'ils ont fait. — Mais ce n'est point la France qui leur a donné ce pouvoir. — Elle a été victime de la secte, elle n'a point été criminelle. — Et aussi elle a été mal dirigée. — Elle a su faire de grands sacrifices. — Dieu lui fera miséricorde.

Seigneur, a dit le patriarche Tobie, vous ne prenez point plaisir à notre perte; mais après la tempête, vous ramenez le calme, et après les pleurs et les larmes vous i-amenez la joie. Que votre nom, Dieu d'Israël, soit béni dans tous les siècles ! » Et le Sage : « Parce que vous êtes tout-puissant, ô Dieu, vous avez pitié de tous, et vous fermez les yeux sur les péchés des hommes pour les amener à la pénitence ; car vous aimez toutes

VOS créatures et vous ne haïssez rien de ce que vous avez fait. Vous pardonnez à tous, parce que tout est à vous, Seigneur qui aimez les âmes ^ !

Entendons encore Moïse parlant aux Anciens des tribus et aux Magistrats rassemblés autour de lui aux approches de sa mort :

ce Je proclamerai le nom du Seigneur, il est juste et droit.

(Mais son peuple) s'est corrompu ; ce ne sont plus tes enfants.

Est-ce là ce que vous rendez au Seigneur,

peuple insensé et dépourvu de sagesse !

N'est-il pas votre Père et votre Créateur ?

Quand le Très-Haut assigna aux nations leur héritage,

quand il sépara les enfants des hommes,

qu'il fixa les limites des peuples,

il fit des enfants d'Israël (l'Israël du nouveau testament) son peuple,

sa portion à Lui, Il l'a entouré, en a pris soin, l'a protégé comme la prunelle de son œil. Comme l'aigle excite sa couvée, voltige sur ses aiglons, ■ , - f ,

Déploie ses ailes, les prend, les emporta sur ses plumes, Ainsi le Seigneur seul a conduit le peuple (de son choix) il l'a fait monter sur les hauteurs.

Et lui s'est regimbé,

et, il a abandonné le Dieu qui l'avait formé. Le Seigneur l'a vu et s'en est courroucé, et il a dit : Je leur cacherai ma face et je verrai quelle sera leur fin.

Le feu de ma colère s'allumera, consumant la terre et ses fruits.

Au dehors l'épée fera des victimes et au dedans des calamités épouvantables. Pour le jeune homme comme pour la jeune fille, pour l'enfant à la mamelle comme pour le vieillard. C'est moi qui donne la mort et la vie, moi qui frappe et qui guérit qui purifie la terre qu'il a donnée à son peuple 2.

D'après ces oracles divins, osons donc dire que, malgré la grandeur de notre crime, nous pouvons espérer miséricorde. Osons même ajouter que, pour nous faire cette miséricorde, la bonté de Dieu n'est point dépourvue de motifs. Scrutons-les avec plus de reconnaissance encore que de respect, car les raisons que Dieu peut trouver en nous de nous gracier, nous les tenons de sa munificence.

Page 1