oui, 15.090 non
'« Cette niaionté est écrasante, dit la B.cvuc de Lausanne. W\ du côté des partisans, ni de celui des adversaires, oïl ; ne s'^attéhdaiti à un résultat
aussi significatif. La tentative de profiter de l'exemple donné par la France a abouti à un échec complet. »
Qui peut douter que le résultat eût été le même en France, si nous avions eu le Référendum ?
A son défaut, on essaya encore, malgré les insuccès précédents de la pétition. Elles furent adressées au Parlement de tous les points de la France, demandant le maintien du Concordat. On leur fît subir le sort qui avait été appliqué aux pétitions demandant que l'enseignement de la religion fût maintenu dans les écoles. Elles furent mises ^ous clef ; et ce ne fut que lorsque la loi eut été votée et promulguée, que, par une dérision insultante pour le peuple souverain, le rôle général en fut distribué au Sénat.
Après la promulgation de la loi, sénateurs et députés purent dire au peuple comme Marmontel : ce En faisant le contraire de ce que vous voulez, nous avons conscience d'avoir exécuté votre volonté ».
Entre eux, les législateurs convenaient avoir agi despotiquement.
« De bonne foi, voyons, a dit M. Clemenceau, a-t-on consulté le pays sur l'instruction laïque } Jamais. ¥A on a bien fait. Le pays, mal éclairé, aurait peut-être répondu : Non »,
Les faits que nous venons de rappeler et les paroles que nous venons de reproduire permettent d'affirmer que si ces actes, appelés lois, qui ont tous pour objet la destruction de la foi catholique en France, avaient été décidés, votés en quelques mois, en une seule session : il y aurait eu en France un cri d'étbnnement, de colère, un mouvement de répulsion extraordinaire. Mais ils ont travaillé lentement, gouvernement et parlement, poussant leur pointe tantôt d'un côté, tantôt d'un autre, tantôt contre l'enfant, tantôt contre le mourant et le mort : ils jouèrent le faux bon homme avec un rare talent ; ils tuèrent sans faire crier. A la mort de l'amiral Courbet, on trouva dans ses papiers une lettre de l'amiral Mi quel de Touches à son ami, écrite en 1885. Il disait :
« En France on démolit tous les jours de plus en plus. Rien ne reste debout, ni le respect dû à l'enfant, ni la pitié pour le mourant, ni la volonté de ceux qui ne sont plus. Le malheureux peuple regarde tomber d'un air hébété cet édifice construit par quatorze siècles, sans voir les fers
que l'on rive sur ses bras et qui le livrent, lui, ses enfants, sa fortune, ses croyances à la tyrannie la plus odieuse qui ait jamais existé, même chez les payens. Quand il se réveillera il sera trop tard et, si Dieu ne lui vient en aide, on pourra dire qu'il a existé. »
Trente ans se sont écoulés depuis que cette lettre fut écrite. On vit parfois le réveil s'annoncer, mais les endormeurs de la presse conservatrice, et même bien des organes catholiques, étaient là pour jouer un air de flûte. Le dernier qu'il leur fut donné de faire entendre, ce fut lors de l'élection de M. Poincaré à la présidence de la République, l^^^oute confiance dans l'avenir, disait cette presse, pouvait naître dans les cœurs à son avènement, l'avènement de celui qui venait de déclarer qu'entre les catholiques et lui il y avait un abîme infranchissable ! « Nous sommes, avait-il dit, séparés de vous par toute la question religieuse ; ç' 'est-à-dire : Nous, gouvernants de la République, nous avons reçu de ceux qui nous ont hissé au pouvoir et qui peuvent nous y maintenir ou nous renverser, la mission de solutionner cette question, la question religieuse dans un sens opposé à celui que votre foi vous dit de poursuivre. Nous voulons le triomphe de là Raison ; vous voulez celui de la Foi ; vous voulez le règne de Dieu, nous voulons le règne de l'homme. » De fait, M. Poincaré se mit aussitôt à l'œuvre par ses actes et ses déclarations relatifs à la question scolaire.