Isaïe, L. III
(jiie sa miséricorde est éternelle! Que de Moïse ou passe à David, les mê-" mes traits abondent. Ecoutez, par exemple : Miserlcors et miserator' et }ou(j(inin}is et 7nultinn misericors. Le Seigneur est miséricordieux ; et (]u*est-il donc encore ? Il est encore miséricordieux. Misericors et miserator ; puis, qu'est-il ? Il est longanimité et miséricorde ; sa miséricorde est de longue haleine. Misericors et miserator et longanimis ; et qu'est-il enfin .'^ Il est beaucoup miséricordieux. Et multum misericors.
Nous avons voulu reproduire cette belle page. Quand elle pourra paraître dans ce livre, l'épreuve aura sans doute pris fin, elle nous invitera à l'admiration et à la reconnaissance. Si nous étions encore sous le pressoii', elle nous donnerait la patience en attendant la fin de nos maux, avec cette persuasion que l'œuvre de rénovation que Dieu a entreprise nécessitait une telle préparation, si longue et de si grande importance. Mais que si la terre a dû être ainsi labourée en ses profondeurs, c'était pour recevoir une semence qui produira une récolte toute nouvelle, objet d'admiration et de bénédiction en même temps Cjue cause de bonheur pour les générations futures. Ecce nova facio omnîa.
Dieu ne nous a-t-il point donné pendant la guerre un avantgoût des fruits de miséricorde qu'il se propose de nous offrir quand l'heure sera venue ?
En fin d'août 1914 et dans les premières semaines de septembre, nous avions la douleur d'assister à la retraite de Charleroi et au recul de la ligne de bataille jusqu'à la Somme. Voici, nous disions-nous, les Allemands à Amiens, à Saint-Quentin, à Compiègne, à Senlis. Que va-t-il advenir"*?
Le PREiNiiER MIRACLE DE LA Marne. — Les Français en retraite depuis Charleroi-Rossignol-Virton, avaient semé bien des tués, blessés, traînards, et canons. Tous étaient « rendus », •beaucoup démoralisés. Au conseil de guerre de la cinquième armée, le 3 septembre, beaucoup de chefs jugeaient leurs troupes incapables de faire demi-tour.
Et le lendemain,. c'était Esternay, et le 11, c'était la victoire. Von Kliick manquait l'occasion de prendre Paris et de finir la guerre ; il avait pensé à tout, sauf à la possibilité de redressement d'une armée pareillement refoulée et affaiblie.
Les (( impondérables » ont agi. D'où venaient-ils^?
■T^. Le récit qui suit est l'abré^c d'une correspondance adressée à la revue La foi catholique par un officier supérieur qui si^ne Bavard. 4. C'est-à-dire les Puissances célestes et La Foi des Français et les prières.
qu'attendre; ? 421
Le miracle de Verdun. — - Un soir de février 1916, 1' « ad latm » du général en chef, inquiet des nouvelles reçues, préfère ne pas se coucher et prier Dieu dans les allées de Chantilly.
La nuit est avancée lorsqu'arrive le compte-rendu du général H.... annonçant l'évacuation de la Woëvre ; on repassera rive gauche et Verdun sera abandonné.
Le général, ainsi avisé à temps, part avec tout pouvoir, débarque <\ Bar, rejomt Dugny en auto, décide le maintien sur la rive droite, la conservation de Verdun, rend le calme et la confiance et appelle le général Pétain...
Verdun est sauvé, le Boche s'3^ usera.
Les (( impondérables )) ont agi. D'où venaient-ils ?
Le deuxième imiracle de ia Marne et la bataille des Cent Jours. — Le Lieutenant-Colonel A..., du G. Q. G., vient nous tâter le pouls, le 10 juin 1918, dans la forêt de R...
ce Nous nous en tirerons, c'est certain ^. Mais il ne faut pas se dissimuler que nous traversons la phase la plus critique de la guerre. Il n'y a pas une seule faute à commettre, pas un seul chef insuffisant à garder ; il faut tenir jusqu'à octobre. Puis, avec la mauvaise saison, on se réorganisera et au printemps, on attaquera ».
Prévisions peu optimistes, on le voit.
Or, voici ce qui s'est passé :
Quelques jours avant la contre-offensive du 18 juillet, le Maréchal Foch consacre les armées au Sacré-C^œur et lui demande : « Une victoire prompte et décisive, une paix glorieuse pour la France ».
Il est bien faible encore.
« Nous n'étions pas gros, déclare-l:-}!' lui-même, et ne voulions que dégager la ligne de Châlons, de même que le 8 août, lors de 1' « Aventure d'Amiens :», nous ne comptions libérer que la grande ligne du Nord. L'ambition ayant été dépassée, nous poussons, nous poussons ^ ».
La confiance en Dieu n'exclut pas la prudence humaine ' . Le-
18 juillet, le Maréchal couvre sa gauche par l'Aisne, comme,
le 8 août, il la protégera par la Sensée. Voici les paroles du
Maréchal lui-même :
I.a progression est admirable. Alors, je dis à Humbert : « Allez-y !
5. C'est toujours ce qu'on dit, lorsqu'on n'est pas certain du tout.