DE BONALD
s'y retirer. Il se rendit à Paris, où il se cacha pendant cinq ans. Dans cette retraite, environné de dangers il composa plusieurs ouvrages : Le divorce considéré au XI X" siècle; L'Essai analytique; La législation primitive; Les Recherches philosophiques; un Recueil de pensées; une foule de brochures et d'articles de journaux sur les questions alors agitées, ou contre les erreurs qui troublaient l'ordre social. Dans les premiers jours de 1830 il publia sa Démonstration philosophique du principe constitutif de la société, résumé de toutes ses théories politiques et religieuses. I.e prince de Mertcherky, chargé par la Cour de Russie de se mettre en rapport avec les hommes de France les plus instruits, lui écrivit : « Vous avez arraché à la vérité un rayon lumineux qui éclairera l'univers ». De Maistre lui écrivit : « Vos ouvrages sont faits pour les lecteurs de mon espèce ; on les ouvre où l'on veut ; on les lit, on pense, on vous aime ». Ceux qui n'adoptent pas entièrement ses théories politiques et religieuses ne peuvent se refuser à reconnaître combien elles ont été fécondes en conséquences utiles, en aperçus ingénieux et quels développements inattendus il a su leur donner. Il est l'un des tenants les plus célèbres du traditionalisme. Il n'a point toujours su distinguer suffisamment l'ordre de la nature et celui de la grâce, l'ordre de la raison et celui de la foi.
Il n'avait jamais cessé d'espérer le rétablissement des Bourbons sur le trône de leurs ancêtres, malgré tous les événements qui semblaient le rendre impossible. Il célébra ce retour qui donnait tant d'espérances, mais la concession de la charte le déconcerta. Il écrivit à J. de Maistre : ce C'est sous l'égide des nomis les plus respectables et à la faveur des circonstances les plus miraculeuses qu'elle a introduit en France, qu'elle y a établi ce que Bonaparte aurait toujours repoussé, et dont il avait même déjà culbuté les premiers essais. Si l'Europe est destinée à périr, elle périra par là... »
Le 7 octobre 1815 les Chambres se réunirent. M. De Bonald y fut envoyé comme député ; puis il fut élevé à la pairie. Il prit part à toutes les discussions importantes de cette époque. Il demanda d'abord l'abolition du divorce, et la Chambre se hâta de faire disparaître cette pierre de scandale. En 1817 il sollicita la restitution au clergé des biens non vendus; rien ne lui paraissait plus pressant que de réparer autant qu'il était
possible la spoliation sacrilège de l'Eglise. Mais l'opposition prenait de jour en jom- de nouvelles forces et paralysait les vues les plus sages.
Charles X le nomma président de la Commission de censure établie en 1827, nécessitée par les excès de la Presse devenus déjà bien menaçants. Aussi tenta-t-elle d'intimider M. De Bonald et même de le rendre odieux. Il n'envisagea que le bien public, méprisant les menaces et les calom.nies. Lors de la Révolution de 1830, il renonça à la pairie qu'il avait le droit de conserver.
Il mourut sans fortune personnelle, comme il avait sacrifié ses biens aux premiers jours de la Révolution, ce Jamais, a dit de lui Sainte-Beuve, il n'a fléchi, jamais il n'a cédé une ligne de terrain. »
Juan-Francisco-Manuel naquit à Valle de la Serena, près de leur terre patrimoniale, Valdégamas, de don Pedro Donoso Cortès, de la race du conquérant du Mexique, et de Dona Maria-Elena-Fernandez Canado. Extraordinairement studieux, Donoso Cortès avait, à onze ans, achevé ses humanités. A douze ans, il commençait l'étude du droit, à Salamanque ; à seize, il recevait de l'Université de Séville le diplôme de licencié ; à dix-huit, il était professeur au collège de Carcérès.
Il se laissa séduire par les écrits de Jean-Jacques Rousseau ; mais il revint bientôt de ses erreurs.
a Ni le talent, ni le raisonnement n'ont eu de part à ma conversion, écrit-il à un ami ; je serais arrivé à la tombe avant d'arriver à la foi. Le mystère de ma conversion est un mystère d'amour. Je n'aimais pas Dieu; il a voulu être aimé de moi, et je l'aime, et je suis converti parce ([ue je l'aime. »
J'étais arrivé au nnlieu de la vie, disait un soir Donoso Cortès, dans un salon de Paris ; la lecture ries ouvrages français qui avait suivi celle des auteurs latins m'avait fait perdre des convictions chrétiennes. Cependant je me regardais comme aussi honnête homme qu'on peut l'être. J'accompagnais à Paris la reine Christine. Là je fis connaissance avec un espagnol : don Manuel... C'était un homme d'un esprit simple, droit, peu brillant, très
religieux et tout dévoué aux bonnes œuvres. Je l'observais et je disais : « C'est singulier, je suis certainement un honnête homme, et son honnêteté est autre que la mienne. Il y a dans son honnêteté quelque chose que je ne m'explique pas et qui me semble la rendre supérieure à la mienne. D'où vient cela ? » J'en parlai à don Manuel lui-même. Il me répondit avec simplicité : « Je suis demeuré chrétien, et vous ne l'êtes plus. » Ce mot m'avait frappé; j'y pensais souvent, mais je n'avais pu encore réussir à me l'expliquer. Quand j'appris que mon frère était tombé malade à Madrid, je partis précipitamment pour l'Espagne, je trouvai, en arrivant, mon frère très dangereusement atteint. Pendant que je le soignais, je lui racontai ma conversation avec don Manuel, ce Oui, » me dit-il, « il t'a donné la vraie raison ! » Il m'expliqua alors cette parole, et ce qu'il me dit, en me l'expliquant, me toucha tellement, que quand il mourut, quelcjues jours plus tard, ce que j'estimai le plus de son héritage fut son confesseur qu'il me laissa. »
Après son retour à Paris, un personnage lui dit : ce En vérité, Monsieur l'Ambassadeur, en vous éclairant aussi subitement, et quand vous ne pensiez plus à le chercher. Dieu vous a fait une grande grâce. Il faut qu'il y ait dans votre vie quelciue circonstance particulière qui vous ait mérité une telle faveur. » — « Toute ma vie a été fort ordinaire, » reprit Donoso Cortès. c( Peut-être cependant un sentiment a pu être agréable à Dieu : je n'ai jamais regardé le pauvre qui était assis à ma porte sans penser que je voyais en lui un frère. »
ce Ma conversion, écrit-il plus tard à Montalembert, est due premièrement à la miséricorde divine, et ensuite à l'étude profonde des révolutions. Ees révolutions sont les fanaux de la Providence et de l'histoire. Elles confirment dans la foi, en rendant sa lumière plus resplendissante. » Et dès son début dans les polémiques du jour, il arriva à proclamer que les^ sociétés sont condamnées à la stérilité et à la mort lorsque la religion les abandonne.
Elu député de Cadix, il vit Espartero jeter en exil la reine Christine, qu'il suivit à Paris en qualité de secrétaire. Au même moment, il appréciait ainsi l'usurpation et le gouvernement de Louis-Philippe :
c( Un trône élevé sur une insurrection, n'est-ce pas une con-
tràdiction flagrante ? Lorsque vint la république de 1848, il montra par l'histoire que le germe des révolutions n'est pas dans ' la misère, mais dans les désirs de la multitude sm-excitée par les démagogues, qui l'exploitent à leur profit. « You?, serez comme les riches, telle est la formule des révolutions socialistes contre les classes moyennes. Vous serez comme les nobles, telle est la formule des révolutions des classes moyennes contre la noblesse. Vous serez comme les rois, telle est la formule des révolutions des classes aristocratiques contre les rois. Enfin, Messieurs, vous serez comme les Dieux, telle est la formule de la révolte du premier homme contre Dieu. Depuis Adam, le premier rebelle, jusqu'à Prud'homme, le dernier impie, telle est la formule de toutes les révolutions. »
Le Prince Louis-Bonaparte, en 1849, était président de la République et luttait déjà contre le Parlement. « Le président triomphera, écrivait Cortès, mais le succès ne sera ni pour le président, ni pour l'assemblée, il sera pour la Révolution à laquelle, d'ailleurs, la victoire définitive appartiendra de toutes manières. Il est dans les mains de sa destinée, qui est de faire appel à la révolution et de succomber misérablement dans un autre Waterloo ». Etait-il possible de mieux prévoir et de mieux prédire l'histoire du second Empire et de sa fin ?
En regard de l'esprit révolutionnaire et de ses suites, Donoso Cortès nous montre ce qu'a produit l'esprit chrétien : « Toute vraie civilisation vient du christianisme, dit-il, cela est tellement certain que la civilisation entière se trouve concentrée dans la zone chrétienne. La culture est le vernis, mais rien que le vernis de la civilisation. Seul, le christianisme civilise le monde et il le civilise par trois moyens : en faisant de l'autorité une chose divine, de l'obéissance, un devoir non plus envers l'homme, mais envers Dieu, et du sacrifice, de l'oubli de soi, la règle de quiconque veut plaire à Dieu. »
En 1850, le gouvernement envoya Donoso Cortès comme ministre plénipotentiaire à Berlin, avec la mission de travailler à renouer les rapports interrompus entre la Russie et l'Espagne. Et il fit cette autre prophétie (me nous devions voir se réaliser : « U Allemagne me paraît destinée à devenir la proie de la Prusse... Tout s'avance vers le terme de cette unité allemande ; c'est le rêve du roi de Prusse, qui a toujours cru que sa glo-
rieuse famille était prédestinée à gouverner l'Allemagne. Si cette unité allemande se fait un jour, la France devra alors se déclarer ouvertement contre un ordre de choses qui tendrait uniquement à la déposséder de l'Alsace et de la Lorraine. »
La guerre de 1870 a dépossédé la France de l'Alsace et de la Lorraine et donné naissance à l'empire d'Allemagne. Un prophète inspiré n'aurait pas parlé avec plus de précision et de vérité.
Donoso Cortès se demande ensuite, si l'unité allemande une fois faite, cet empire plus fort militairement que chacune des autres puissances de l'Europe, va se reposer sur ses lauriers, agrandi et invincible. Lisons attentivement la réponse qu'il se fait : ce Ce n'est là que le premier acte, dit Donoso Cortès. Vous verrez ensuite les démagogues allemands traîner dans la boue le trône impérial par eux-mêmes édifié. Pour le parti démocratique allemand, l'empire n'est qu'un voile qui masque la république. Or ce parti est aujourd'hui le plus entreprenant ; il sera le plus fort demain. Au jour où le protestantisme achèvera de se dissoudre, la Prusse entrera dans une rapide décadence. La Prusse vit dans le protestantisme et pour le protestantisme.
» Là est le mystère de sa gloire, mais là aussi est le mystère de sa mort )•.
Voici maintenant le pronostic de Donoso Cortès sur la Russie.
ic Les nations slaves comptent, Messieurs, quatre-vingts millions d'habitants. Eh bien ! lorsque la révolution aura détruit en Europe les armées permanentes ; lorsque les révolutions socialistes auront éteint le patriotisme en Europe ; lorsque à l'Orient de l'Europe, se sera accomplie la grande fédération des peuples slaves ; lorsque, dans l'Occident, il n'y aura plus que deux armées, celle des spoliés et celle des spoliateurs, alors l'heure de la Russie sonnera, alors la Russie pourra se promener tranquillement, l'arme au bras, en Europe, alors le monde assistera au plus grand châtiment qu'ait enregistré l'histoire. -
» Ce châtiment épouvantable, c'est l'Angleterre surtout qui le subira ; contre le colosse qui tiendra d'une main l'Europe et de l'autre les Indes, ses vaisseaux ne lui seront d'aucun secours ; l'immense empire britannique croulera, tombant par morceaux,
et le lugubre fracas de sa chute et sa longue plainte retentiront ju-squ'aux pôles. »
]Mais. ajoute Donoso Cortès, a l'administration russe est aussi corrompue que l'administration la plus civilisée de l'Europe, et l'aristocratie russe ne le cède pas en civilisation à la plus dépravée des aristocraties. Placée au milieu de l'Europe conquise et prosternée à ses pieds, la Russie absorbera par toutes ses veines le poison c[ue l'Europe a bu et qui la tue, puis elle ne tardera guère à tomber, elle aussi, en putréfaction. J'ignore, Messieurs, ajoutait mélancoliquement le prophétique orateur, le remède universel que Dieu tiendra prêt pour cette universelle pourriture. »
Quant à la question particulièrement appelée sociale, Donoso Cortès pensait C|u'elle ne peut avoir de solution que par le catholicisme et son esprit de charité. Après avoir démontré que l'Eglise était un véritable ministère de bienfaisance publique, qu'elle était l'intermédiaire entre le riche et le pauvre, qu'elle avait imprimé aux classes nécessiteuses un mouvement d'ascension qui assurait l'asile aux mendiants, le travail aux artisans, la terre aux laboureurs ; il i^rouve que la Révolution a fait juste le contraire. Elle a engendré le socialisme.
« C'est en France, disait-il, qu'on se rend compte des progrès du socialisme. Eh bien ! sachez que le socialisme a trois grands théâtres : En France sont les disciples, rien que des disciples ; en Italie sont les séides, rien que des séides ; en Allemagne sont les pontifes et les maîtres... Le sphinx effrayant est devant nos yeux, et il ne s'est trouvé jusqu'à présent aucun CEdipe qui sût déchiffrer l'énigme; le redoutable j)roblème est debout, ef l'Europe ne sait ni ne peut le résoudre! voilà la vérité. Pour l'homme qui a une raison saine, du bon sens et un esprit pénétrant, tout annonce une crise pi-ochaine et funeste, un cataclysme comme jamais les honnnes n'en ont vu... »
« Ea nature des choses veut f|ue toute c[uestion ])olitique aboutisse, en dernier résultat, à ce dernier dilemne : la l'eligion ou les révolutions; le catholicisme ou la mort... »
« Notre atmosphère contient un poison qui ne permet à rien de bon de parvenir à sa maturité. Ou l'esprit fléchit, ou l'honnne tombe; celui qui ne trahit pas sa destinée, sa destinée le trahit :
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si bien que nous périrons faute d'un homme qui ose dépasser le niveau du vulgaire ! »
Cet homme qui a tant travaillé se disait dans son humilité un être mutile ! Cet homme qui se tenait en si piètre estime, était un généreux, chez qui la charité était comme une nécessité. Chaque semaine il visitait les indigents; chaque semaine, à Pans, il voyait la Sœur Rosalie, recevait d'elle des recommandations pour le quartier Mouffetard et lui transmettait les aumônes recueillies chez les riches et les puissants du monde.
ce Qu'est-ce que Dieu me dira quand il m'interrogera sur l'emploi de ce temps qu'il me donne pour mon salut, et que je lui répondrai : Seigneur j 'ai fait des visites !»
« Un jour, écrit Louis Veuillot, que je lui demandais secours pour une famille réduite à la dernière extrémité : « Tenez, me dit-il, en me remettant une forte aumône, achetez-leur du pain, achetez-leur du linge ; je vou's donnerai encore quelque chose le mois prochain ; maintenant, je suis épuisé. » En parlant ainsi, il s'habillait ; je lai fis remarquer que sa chemise était déchirée, il m'avoua qu'il n'en avait guère de meilleures. Il faisait une pension annuelle à un autre pauvre que je connaissais, et il m'envoyait fidèlement dans les premiers jours du mois la somme qu'il avait promise. Il se souvint de l'envoyer la veille de sa mort. »
Les visions si attristées que l'étude de l'histoire et le spectacle des misères contemporaines faisaient passer devant ses yeux, ne lui enlevaient rien de sa sérénité, ce Si Donoso Cortès est un Jérémie, disait M. Guizot, c'est un Jérémie de bonne humeur. »
Dieu le prit dans l'ardeur de sa foi et de sa charité, dans lagénérosité de sa vertu, dans toute la plénitude du talent, dans toute la sève de sa vie naturelle et surnaturelle, au moment où il allait compléter sa quarante-quatrième année. On lui annonça que Napoléon III envoyait un aide-de-camp pour lui témoigner son affectueux intérêt. Il remercia d'un signe de tête^ se tournant vers l'image du Christ : ce Pourvu, dit-il, que Celuilà s'intéresse à moi, c'est tout ce qu'il me faut. »
Le 3 mai 1853, Cortès quittait la terre pour le ciel. Voici le témoignage qu'il se rendit à lui-même au Parlement espagnol, dans l'impérissable discours du 4 janvier 1849 : ce Lorsque arrivera le terme de mes jours, je n'emporterai pas avec moi le
remords d'avoir laissé sans défense la société bar.barement attaquée, ni Pamère et insupportable douleur d'avoir jamais fait aucun mal à un seul homme » .
Frédéric Le Play.
Frédéric Le Play a été le créateur d'une science et le fondateur d'une œuvre : il a créé la science sociale, et par son œuvre, U Union de la paix sociale, il est devenu chef d'une école, à la fois «spéculative et pratique. Il est né à la Rivière, en Provence, en 1806, et mort à Paris en 1882. Jusqu'en 1856 il n'avait eu un nom et n'avait exercé une action publique que comme ingénieur des mines. Le Play fit son premier voyage d'études scientifiques et sociales, en 1829. On sait que l'instruction pratique de l'Ecole des mines comprend, pour chaque élève, des explorations à l'étranger, dans les régions où fleurissent spécialement les industries métallurgiques. Les mines, les usines et les forêts de l'Allemagne du Nord attirèrent d'autant plus fortement I^e Play, qu'un des amis de son oncle, celui qu'il appelle le gentleman, lui avait signalé cette région comme la patrie de la sagesse, à cause des fortes traditions domestiques et sociales qui s'y étaient conservées. Il entreprit ce voyage avec son ami Reynaud. Il dura deux cents jours, pendant lesquels ils firent, à pied, six mille huit cents kilomètres, c'est-à-dire dix-sept cents lieues. Ce voyage, fait avec autant d'application que de suite et méthode, influa sur toute la vie de M. Le Play. D'une part, il fut le début de sa carrière laborieuse, utile et l^rillante dans l'administration des mines; de l'autre, il lui fit commencer ses études sociales, non point dans les livres, mais sur place, en pénétrant dans les foyers des mineurs, des charbonniers, des pêcheurs, des paysans, des ouvriers d'usine. C'est là qu'il fit ses premières observations, recueillant des détails dont le trésor accumulé pendant un demisiècle a fourni la synthèse la plus coniplète et la plus exacte que possède l'économie sociale. La prudente circonspection, la sage lenteur que Le Play apporta dans ses déductions le fortifièrent dans cette conviction, C{m a été la résultante de tous ses travaux : « La solution de la question sociale est en grande partie