Luc, XIX, 19; Matt., XXI
même semaine, les Princes des prêtres et les anciens du peuple s'assemblèrent dans la salle du grand-prêtre Caïphe et tinrent conseil sur les moyens de se saisir de Jésus par ruse pour le faire mourir, mais de nouveau ils craignirent une émeute populaire. Judas mit fin à leurs hésitations. Il vint leur dire : ce Que voulez-vous me donner, et je vous le livrerai 5. » Ce qui fut fait.
Lorsque Jésus fut amené au tribunal de Pilate, celui-ci dit aux Princes et à la foule : c< Que voulez-vous que je fasse du Roi des Juifs? » Ils crièrent tous : « Crucifiez-le, crucifiez-le, qu'il soit crucifié. »
Après cet interrogatoire, Pilate, dit l'évangéliste saint Jean, prit Jésus et le fit flageller. Après lui avoir fait subir ce supplice, les soldats en ajoutèrent un autre que Pilate n'avait point ordonné, le couronnement d'épines. Fut-ce de leur propre mouvement? Jésus s'était dit roi, ils l'avaient appris. Fut-ce à une inspiration de la malice des Juifs? Nombre d'auteurs l'ont cru et dit. Les soldats romains procédèrent à cette dérision. Ils le revêtirent d'un manteau royal, une de leurs casaques rouges; ils lui donnèrent un sceptre, un roseau ; ils le couronnèrent d'une couronne d'épines ; ils lui donnèrent un siège qui servit de trône. Toute la cohorte se rassembla. Ils vinrent l'un après l'autre fléchir le genou devant le Seigneur, cracher sur lui et le frapper avec le roseau. Il était dans les conseils de la Providence, disent plusieurs commentateurs, que Jésus eût à souffrir d'un supplice spécial pour réparer les révoltes des hommes contre la Royauté de Dieu, pour expier les manifestations qui devaient se produire de la haine du monde contre la doctrine qui proclame la royauté de Jésus-Christ et de l'Eglise, doctrine qui cependant est aussi nécessaire pour le salut de la société en tant que société, que l'adoration est nécessaire au salut des individus.
Pilate, voyant ce que ses soldats avaient fait, crut pouvoir s'en servir pour apitoyer la foule. Il lui présenta donc Jésus affublé de la pourpre et de la couronne. Mais ils crièrent avec plus de véhémence : « Crucifiez-le, crucifiez-le!... Quiconque se fait roi se déclare contre César. » Pilate s'assit sur son tribunal et il insista : « Voilà donc votre roi. » Ils s'écrièrent : « A mort ! A mort ! crucifiez-le ! » — c< Je crucifierai votre roi ?» — « Nous n'avons pas d'autre roi que César. »