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ISAÏE, XIV

Tout ce qui vient d'être dit explique comment et pourquoi jusqu'à la fin du XVIIIe siècle les Juifs furent, en tous temps, tenus en dehors du droit commun. Ils étaient traités en étrangers, soumis à une législation dont le trait caractéristique était de les tenir à l'écart du reste de la nation. Les souverains se préoccupaient de leurs sujets et pour les défendre contre les empiétements des Juifs, ils avaient multiplié les mesures coercitives. Cet état de choses prit fin dans les dernières années du XVIIIe siècle.

Les Juifs entrèrent alors dans le droit commun en France, et ils commencèrent à jouir de tous les droits civils accordés aux autres citoyens. Ce qui se fit alors en France gagna peu à peu les autres pays européens et maintenant se trouve être le régime en exercice dans toutes les contrées du monde.

Louis XVI, circonvenu, crut bien faire de s'écarter de la conduite qu'avaient gardée ses ancêtres et que les négociants de Paris avaient ainsi louée dans les avertissements donnés à son prédécesseur :

L'admission de cette espèce d'hommes ne peut être que très dangereuse : on peut les comparer à des guêpes qui ne s'introduisent dans les ruches que pour tuer les abeilles, leur ouvrir le ventre et en tirer le miel qui est dans les entrailles.

C'est donc Louis XVI qui commença l'œuvre de réhabilitation d'Israël. Il la voulait prudente et graduelle Mais la Révolution éclata et les Juifs n'y furent pas étrangers. Loin de là. Ils obtinrent de quelques membres de la Convention, l'abbé Grégoire

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entre autres, qu'ils plaidassent à la tribune de l'Assemblée la cause des Juifs. C'est ainsi que fut introduite une nation étrangère dans la nation française et qu'on lui offrit nos droits civiques, sans exiger d'elle autre chose que l'acceptation pure et simple de la faveur.

Un premier décret, porté le 20 juillet 1790, supprima toutes les redevances levées sur eux au profit du Trésor des villes ou communautés. Le 3 août, l'Assemblée Constituante, tirant les conséquences logiques des Droits de l'homme, accorda, à la suite de discussions vives et passionnées, aux Israélites la qualité de « citoyens actifs ». « Considérant, dit le décret de ce jour... l'Assemblée révoque tous ajournements, réserves et exceptions insérés dans les décrets précédents relativement aux individus juifs qui prêtaient le serment civique. » Disons que les serviteurs des Juifs, les Francs-Maçons, n'obtenaient le vote de ce décret qu'à la quatorzième délibération, après treize tentatives infructueuses 1.

L'Assemblée Constituante avait ouvert aux Juifs les portes de la société française. Napoléon, le 17 mars 1808, les leur fit franchir. « Je désire, avait-il dit, prendre tous les moyens pour leur faire trouver Jérusalem dans la France. » Dans ce but, par décret du 30 mai 1806, il convoqua à Paris une assemblée des notables. Puis, le 30 octobre, il ressuscita le Sanhédrin — un Sanhédrin de convention — qui avait cessé d'exister depuis la ruine de Jérusalem ; et il donna à leur culte une existence officielle.

De cette initiative prise par la France révolutionnaire date l'émancipation des Juifs en Europe; elle fut lente toutefois, elle ne fut achevée par l'Angleterre qu'en 1849 et 1858, par le Danemarck en 1849, par l'Autriche-Hongrie en 1867, par l'Allemagne en 1869 et 1871, par l'Italie en 1860 et 1870, par la

i. Ce jour-là, selon le poète allemand, <c un vieillard à barbe de neige, au costume antique, au regard fixe et étrange comme celui d'une statue de marbre, écoutait haletant à la porte de l'Assemblée nationale », c'était le Juif errant, espérant le mot qui lui permît de s'asseoir au foyer de toutes les patries pour les expulser toutes. Quinze mois après le décret d'émancipation, on pouvait déjà suivre l'âpre ascension des Juifs. C'était chose immanquable. Une minorité hée, pénétrant dans une société désunie, telle que la Révolution l'a faite, où le lien monarchique, hiérarchique, corporatif, domestique même (le divorce', était relâché, allait être complètement brisé, cette minorité, dis-je, était naturellement conduite à se réserver pour conquérir, régner et dominer.

Suisse en 1869 et 1874, par la Bulgarie et la Serbie en 1878 et 1879.

M. Joseph Léman a ainsi marqué les avantages que les Juifs ont tirés de leur émancipation 2 :

Us étaient de tout temps une puissance hostile. Us étaient également une puissance financière avec laquelle il fallait compter. Us sont devenus une puissance civile par les droits du Citoyen que la Constituante leur a reconnus. Napoléon a refait d'eux une puissance religieuse en rendant la vie à leur culte et à leurs rabbins. Il ne leur reste plus qu'à devenir une puissance politique qui disposera, chez les nations hospitalières, du trésor, de la législation, de l'armée et de la diplomatie. Us y arriveront...

On peut dire aujourd'hui : Ils y sont arrivés grâce au changement qui, peu à peu, s'est fait dans les idées qui avaient eu cours jusque-là chez tous les peuples.

Jusqu'aux premières années de la Révolution, il y avait des Français, des Anglais, des Allemands, des Russes comme il y avait eu des Grecs, des Romains, des Barbares, ayant chacun leurs lois, leurs constitutions, et les droits qu'elles conféraient aux nationaux à l'exclusion des étrangers. Les principes de 89, les principes modernes ont changé cela. Ils ont décrété I'Egalité. Tous les hommes sont égaux. Un Anglais doit être pour un Français l'équivalent d'un autre Français, étant l'un et l'autre membre de la famille humaine, hommes n'ayant d'autres droits que ceux qui appartiennent à l'homme. C'est le Juif qui, par les Loges, a répandu cette idée qui, après avoir amené son émancipation, devait, dans sa pensée, amener la fusion de toutes les nations dans une République universelle, dont il sera le «. Protecteur » .

Les Juifs ont dit ouvertement, il y a un demi-siècle, le parti qu'ils ont su tirer des fameux «principes» s. Le 29 juin 1869, au moment où s'ouvrait le concile du Vatican, ils tinrent à Leipzig, sous la présidence du docteur Lazarus, de Berlin, une sorte d 'anti-concile 4, où figuraient les représentants de l'Allemagne, de la Russie, de la Turquie, de l'Autriche, de l'Angleterre, des

2. Les nations frémissantes contre Jésus-Christ et contre l'Eglise, p. 191.

3. M. Lucien Brun, dans son livre: La condition des Juifs en France depuis 1789, cite cette phrase typique prise dans les Archives Israélites de 1847 : « De là même est venu pour nous le 28 février 1790 avec les Droits de l'homme. »

4. Le même jour la secte ouvrit à Naples un autre anti-concile présidé par Ricardi et composé de sept cents délégués.

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Pays-Bas, de la France, etc. La conclusion en a été donnée, aux applaudissements de tous, par le Dr Philipson, de Bonn, appuyé par le grand rabbin de Belgique, M. Astruc. Elle fut ainsi formulée : « Le Synode reconnaît que le développement et la réalisation des principes modernes sont les plus sûres garanties du présent et de l'avenir du. judaïsme et de ses membres. Ils sont les conditions les plus énergiquement vitales pour l'existence expansive et le plus haut développement du judaïsme5. »

Les Juifs ne s'étaient point trompés. Dès avant 1789, ils s'étaient appliqués, grâce au concours des Francs-Maçons, à répandre les idées libérales qui, comme ils le pensaient bien,, devaient préparer au judaïsme le plus haut point de son développement. La propagande des idées facilita l'acceptation des institutions : les constitutions à la Jean-Jacques, le suffrage universel, le régime parlementaire. L'antique constitution de la France fut radicalement détruite et remplacée par ce dont nous jouissons depuis lors, c'est-à-dire la race juive au faîte, et la nation française dans l'abaissement où nous la voyons.

Depuis le XVIIIe siècle, Juifs et Francs-Maçons ne se sont point lassés de se faire les propagateurs du libéralisme pour maintenir et développer l'état de choses qui en est sorti.

« Être Franc-Maçon, a dit le F.*. Lafferre, c'est être apôtre. »

5. Les Francs-Maçons de Lyon y avaient envoyé le F.-. Andrieux qui fut préfet de police, ce que V Excommunié du 27 novembre 1869 avait ainsi annoncé : « Le candidat de l'excommunié, Louis Andrieux, avocat, a été acclamé comme délégué au concile de Naples. » La déclaration des principes de cet anti-concile a été publiée dans le journal officiel de la Maçonnerie à Florence. Elle est ainsi conçue :

« Les soussignés, délégués des diverses nations du monde civilisé, réunis à Naples pour prendre part à l 'anti-concile, affirment les principes ci-après:

» Ils proclament la liberté de la raison contre l'autorité religieuse;

» L'indépendance de l'homme contre le despotisme de l'Eglise et de l'Etat ;

» L'école libre contre l'enseignement du clergé ;

» Ne reconnaissant pas d'autre base des croyances humaines que la science et proclamant l'homme libre et la nécessité d'abolir toute Eglise officielle.

» La femme doit être affranchie des liens que l'Eglise et la législation opposent à son plein développement.

» La morale doit être complètement indépendante de toute intervention religieuse. »

Dans une autre déclaration contresignée par le président et adoptée par acclamation, il fut dit : « Considérant que l'idée de Dieu est la source et le soutien de tout despotisme et de toute iniquité ; considérant que la religion catholique est la plus complète et la plus terrible personnification de cette idée ; que l'ensemble de ses dogmes est la négation même de la société ; les libres penseurs assument l'obligation de travailler à l'abolition prompte et radicale du catholicisme, à son anéantissement par tous les moyens, y compris la force révolutionnaire. »

Ils sont apôtres non seulement par eux-mêmes, mais par les associations qu'ils ont « organisées tout en restant dans la coulisse et qu'ils inspirent par des voies occultes », par des « influences individuelles soigneusement couvertes »,, auxquelles se joignent l'enseignement et la presse. Grâce à cet apostolat les droits de l'homme ont gagné de proche en proche, si bien qu'on les trouve admis dans le régime constitutionnel de tous les peuples et même par l'immutabilité jusque-là proverbiale des Chinois 6.

Partout le régime constitutionnel a porté un coup mortel à l'autorité, et partout les Juifs, armés de l'égalité civile, ont pu faire invasion dans la cité désemparée. A l'égal d'un torrent dévastateur, on les voit tout submerger, tout dominer, les banques et le commerce d'abord, puis la presse, et enfin les charges les plus importantes dans la diplomatie, dans l'administration politique, dans l'enseignement, dans l'armée : tout est aujourd'hui entre leurs mains, ou dans les mains de ceux qui dépendent d'eux et travaillent pour eux, les Francs-Maçons. Par eux, par l'enseignement et la presse, le Juif manipule l'opinion et prépare le public aux événements qu'il fera éclater à son heure pour l'avancement de sa cause, comme il pousse les représentants à voter les lois, à établir les institutions favorables à ses desseins.

Le fondateur de Y Alliance Israélite Universelle (fondée en juillet 1860) 7 qui, quoique Juif, ou plutôt parce que Juif, a pu

6. Peu de temps après l'ouverture des Etats-Généraux, en 1789, le comte de Nicolaï avait réuni dans son salon des députés de la droite, tels que Moury et Cazalis, des philosophes tels que La Harpe et Marmontel, et d'autres hommes moins connus, que M. de Nicolaï nomma également aux siens, lorsqu'il leur rapporta ce fait avant de monter sur l'échafaud. Une discussion s'éleva entre ces personnages: La France a-t-«lle une Constitution? lui en faut-il une? l'aura-t-elle ? Les avis étaient partagés. Lorsqu'un personnage, silencieux d'habitude et passant pour appartenir aux sociétés maçonniques, se leva et dit: « Nous n'avons pas besoin de constitution, c'est vrai; mais nous allons en avoir une et cette constitution fera le tour du monde. Elle ira jusqu'en Russie, jusqu'à Constantinople. Oui, un jour viendra où il y aura une constitution à Constantinople. »

La France a eu une constitution écrite. Et ce mot de constitution a été pendant tout le XIXe siècle le cri de ralliement de la secte révolutionnaire en tous les pays. La jeune Turquie a donné une constitution à Constantinople et même au Caire. Le tsar qui vient d'être détrôné en a donné une à la Russie, et la constitution est passée d'Europe en Asie, au Japon et en Chine.

M. Claudio-Janet, Les sociétés secrètes et la société, III, 77.

7. Cette Alliance traite d'égale à égale avec les Puissances. Elle leur envoie des notes, des protestations, des ultimatum que les souverains reçoivent avec une humble docilité.

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s'emparer d'un fauteuil ministériel dans chacun des gouvernements provisoires issus de nos révolutions, Isaac Crémieux, a pu dire dans un discours adressé aux délégués de son Alliance venus de tous les points du monde : *

Comme déjà tout est changé pour nous, Messieurs, et en si peu de temps! Lorsque j'étais enfant, les juifs ne comptaient pour rien, et à mesure que l'âge est venu, je les ai vus conquérir dans toutes les carrières, une position élevée... Courage, mes amis, redoublez d'ardeur: quand on a si vite et si bien conquis le présent, que l'avenir est beau! Eh bien! Messieurs, continuons notre mission glorieuse. Que les hommes éclairés, sans distinction de culte, s'unissent dans cette association dont le but est si noble, si sagement civilisateur. Faire tomber les barrières qui séparent ce qui doit se réunir un jour, voilà, Messieurs, la grande et noble mission de notre Alliance israélite universelle. Marchons fermes et résolus dans la voie qui nous est tracée.

J'appelle à notre association nos frères de tous les cultes; qu'ils viennent à nous, avec quel empressement nous irons vers eux 8.

Ce cri de joie : « Comme tout est changé pour nous et en si peu de temps ! » que d'autres l'ont répété. L'abbé Lemann, Juif de race, prêtre catholique, a dit de même : ce Quand on s'est aperçu que les Juifs étaient citoyens, ils étaient partout les maîtres. » Et Disraeli, autre Juif bien placé pour connaître la vérité de ce qu'il avançait : « Le Juif arrive de nos jours à exercer sur les affaires de l'Europe une influence dont le prodige est saisissant. »

Les Archives Israélites 9 n'ont pas craint de se vanter de ce prodigieux résultat d'un style si clair et si ferme que tous les caractères se fixent dans l'esprit de celui qui les a lus :

Tel Jésus s'est substitué d'autorité aux dieux établis et a trouvé une plus haute manifestation dans le sein de Rome, tel un Messianisme des nouveaux jours doit éclore et se développer, telle une Jérusalem de nouvel ordre, assise entre l'Orient et l'Occident, doit se substituer à la double cité des Césars et des Papes.

On voit dans ces quelques lignes le passé acquis et l'avenir que prépare au monde la malice juive. Tout doit disparaître, la cité des Césars ou l'ordre civil, politique, national, et la cité des Papes ou l'ordre religieux, pour faire place au Messianisme, un messianisme nouveau, une Jérusalem nouvelle qui doit dominer l'Orient et l'Occident, c'est-à-dire toute la terre.

Chose bien digne d'attention, cette pensée, qui est la pensée

H. Archives Israélites, XXIV , p. 1074. Année 1866. 9. XXV, p. 650-651.

fondamentale de l'esprit juif, a éclaté dès les jours mêmes de l'émancipation d'Israël. Il s'est dit aussitôt, et il n'a pas craint de dire publiquement et hautement, que délivré de ses entraves, il allait se lancer à la conquête du monde pour le soumettre à son sceptre. Dès ce moment, en effet, fut offert aux avidités de l'opinion, en quête de ce que la Révolution voulait, ce mot de République universelle qui n'a cessé de retentir en toute occasion favorable10.

Déjà, en 1740, le duc d'Antin, dans un discours prononcé à une tenue, avait dit : « L'amour de la patrie détruisit souvent l'amour de l'humanité en général... Le monde entier n'est qu'une grande République dont chaque nation est une famille et chaque particulier un enfant... »

Le 19 juin 1790, Anacharsis Kloots (le baron J.-B. Hermann Marie de Kloots, né au duché de Clèves) se présenta à l'Assemblée nationale avec une troupe de trente-six étrangers, qualifiés l'ambassade du genre humain. Deux ans plus tard, il publia un livre ayant pour titre : la République universelle, évidemment inspiré par les Juifs, car il y dit :

Nous trouverons chez eux de fervents apôtres, de puissants auxiliaires dans les tribus judaïques. Nos concitoyens circoncis nous bénissent dans toutes les synagogues de la captivité. Le juif avili est devenu citoyen français, citoyen du monde par nos décrets philosophiques (pages 186-187) .

Ce livre lui valut le titre de citoyen français qui lui fut conféré cette même année par l'Assemblée législative. Il peut se résumer en une phrase : « Le genre humain vivra en paix lorsqu'il ne

io. Effacer parmi les hommes les distinctions de rang, de croyances, d'opinion, de patrie, faire en un mot de tout le genre humain une seule et même famille, voilà le grand œuvre qu'a entrepris la Franc-Maçonnerie et auquel l'apprenti, le compagnon et le maître sont appelés à associer leurs efforts. » F.-. Clavel.

Le <( Temple » que la Maçonnerie édifie, c'est la République — Respublica — c'est, dans sa dernière perfection, la République humanitaire, c'est le pouvoir, les biens, les personnes devenus choses communes, « c'est, comme l'a dit Billaud-Varennes à la Convention, la fusion de toutes les volontés, de tous les intérêts, de tous les efforts, pour que chacun trouve dans cet ensemble de ressources communes une part égale ».

Dans le rapport que la Chambre des députés chargea M. Prache de faire sur les pétitions qui lui étaient adressées relativement à la Franc-Maçonnerie, il est dit que cette association cosmopolite et humanitaire rêve d'établir une République universelle, et s'efforce de préparer les Etats-Unis, non seulement de l'Europe, mais de la terre entière*.

Les pétitions contre la Franc- Maçonnerie, p. 22 t.

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formera qu'un seul corps, la nation unique. » C'est ce que les pacifistes ne cessent de nous chanter, surtout depuis 1914.

Ceci peut suffire à montrer la pensée des fondateurs de la première république ; nous ne nous attarderons point à produire d'autres citations de cette époque11. Venons-en aussitôt à la seconde République et aux régimes qui suivirent.

Garnier Pages, membre du Gouvernement provisoire en 1848, déclara publiquement que « les Maçons voulaient achever l'œuvre glorieuse de la République, et que cette République était destinée à être établie dans toute l'Europe et sur toute la surface de la terre. » Un autre membre de ce même Gouvernement provisoire, Crémieux, recevant en cette qualité les délégués de la Franc-Maçonnerie, leur dit : ce La République fera ce que fait la Maçonnerie, elle deviendra le gage éclatant de l'union des peuples sur tous les points du globe, sur tous les côtés de notre triangle ; et le Grand Architecte sourira à cette noble pensée de la République qui, se répandant de toutes parts, réunira, dans un même sentiment, tous les habitants de la terre12. »

Toujours en 1848, M. J. Weil, Franc-Maçon Juif, écrivit : « Nous exerçons une influence pressante sur les mouvements de notre temps et sur les progrès de la civilisation vers la républicanisation de tous les peuples. »

Un autre Juif, Louis Bence, dit dans le même temps : « D'une main puissante nous avons secoué les piliers sur lesquels est basé l'ancien édifice de manière à le faire gémir 13. »

Il n'est pas inutile de rapprocher de ces paroles celles qu'un Maçon allemand disait en ce même moment dans la Loge de Goettingue, Au Compas d'Or : « La grande époque prédite si souvent, est-elle enfin arrivée, où notre association doit se transformer en alliance universelle entre les membres de l'humanité?... La liberté que réclame la génération actuelle, c'est la suppression de toutes les barrières, devenues superflues lorsque tous les hommes seront réunis en un seul Etat. »

ii. On peut les lire dans l'ouvrage de Deschamps, continué par Claudio- Janet, IIe et IIIe volumes, et dans d'autres auteurs qui se sont occupés de cette question.

12. Histoire du Grand-Orient de France, par Jouaust, pp. 502-505.

13. Voir Mgr Meurin, La Franc-Maçonnerie, synagogue de Satan, pp. 197-198.

Jean Macé publia, en cette même année 1848, un opuscule intitulé : Les Vertus d'un Républicain. Il y dit :

Le vent qui passera sur la France se chargera d'emporter, par delà les fleuves et les montagnes, les germes fécondants destinés à faire éclore les républiques. Nous ferons la conquête du monde sans quitter nos femmes et nos enfants.

Jean Macé fut l'un des plus grands propagateurs de l'idée de la République universelle, comme il fut l'organisateur de la Ligue universelle de V Enseignement.

Victor Hugo prêta aussi, dès 1848, sa voix sonore à l'union des peuples, à la confusion des races, à ce point qu'on l'appela « le barde de l'humanitarisme ». Présidant le congrès de la Paix qui eut lieu à Paris en 1849,, il signifia, au nom de l'Evangile, devant deux mille personnes, à la France, à l'Angleterre, à la Prusse, à l'Autriche, à l'Espagne, à la Russie, qu'un jour les armes leur tomberaient des mains. Il déclara entrevoir les Etats-Unis d'Europe tendant les bras aux Etats-Unis d'Amérique par-dessus les mers 14. Dans sa préface au Paris-Guide, il acclamait les Allemands comme nos « concitoyens dans la cité philosophique », ce nos compatriotes dans la patrie-liberté ». Le 1er mars 1871, à l'Assemblée de Bordeaux, il souhaitait à la France de reconquérir la rive gauche du Rhin, mais pour le plaisir d'en faire présent à l'Allemagne.

Oh! une heure sonnera, nous la sentons venir cette revanche prodigieuse... On verra la France se redresser, ressaisir la Lorraine, Trêves, Mayence, Coblentz, toute la rive gauche du Rhin... On entendra alors la France s'écrier : Je t'ai tout repris et je te rends tout à une seule condition : c'est que nous ne ferons plus qu'un seul peuple, une seule république. Tu m'as délivrée de mon empereur et je te délivre du tien ! Plus de frontières! Le Rhin à tous! Soyons la même République! Soyons les Etats- Unis d'Europe ! Soyons la paix universelle ! 1S

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