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INSUFFISANCE DES GARANTIES ACCORDÉES A LA FRANCE

1837-1838, où deux archevêques, Mgr Droste-Vischering et Mgr Melchers, furent jetés en prison.

Après notre victoire, un souffle libérateur s'éleva sur le Rhin. On se demanda pourquoi les Alliés n'ont pas laissé ce mouvement, légitime à tous les points de vue, s'étendre à plaisir.

Il y avait d'autant plus de motifs d'arracher cette contrée du prosélytisme luthérien et de confier ses destinées à la France que cette mesure était demandée, pour le bien général.

Le maréchal Foch a cru devoir faire ses représentations à la Commission de la Paix. Il lui adressa quatre rapports dans lesquels il s'éleva avec vigueur contre l'insuffisance des garanties accordées à la France plus dangereusement exposée qu'en 1914. Il rappela le sacrifice de nos millions de morts et demanda si c'était pour de telles conditions d'insécurité qu'ils avaient donné leur vie.

Le Maréchal a ensuite reproduit et confirmé ces représentations au Conseil des Ministres, en présence des plénipotentiaires. Il résuma ainsi les mesures à prendre :

1° La France doit se garder contre le retour d'agressions nouvelles ;

2° Jusqu'au dernier centime, nous devons nous faire payer.

3° Pour atteindre ce double but, les alliés doivent occuper la rive gauche du Rhin jusqu'au moment où l'Allemagne aura payé intégralement sa dette.

Quand elle en aura versé le dernier centime, alors seulement devrait intervenir une décision des alliés pour savoir s'il y a lieu de réduire, de maintenir ou de supprimer l'occupation.

Si ce point de vue était adopté, la France serait à l'abri derrière une frontière plus facile et moins coûteuse à défendre.

Le service militaire pourrait, en France, être fixé à un an, et cent mille Français, casernes dans les villes rhénanes, y vivraient dans les magnifiques casernes édifiées par nos ennemis séculaires.

Enfin l'Angleterre, la Belgique et la France seraient, sinon à l'abri d'une agression, au moins dans d'excellentes conditions pour la repousser le cas échéant.

On se contenta d'avoir écouté le Maréchal avec la déférence qui lui était due.

La prévision d'une nouvelle et plus terrible agression n'est, hélas ! que trop fondée. Le New-York Herald a aussitôt publié la prévision que le cardinal Mercier a exprimée à son arrivée à New- York, résumé de ses commentaires sur les affaires du monde :

Interrogé sur le traité, la Ligue des Nations et autres questions politiques, le prélat belge restait silencieux. Mais, quelqu'un ayant fait en-

366 l'œuvre de l'assemblée de Versailles.

trevoir la possibilité d'une autre guerre qui pourrait à nouveau dévaster la Belgique, il hocha tristement la tête et fit solennellement la déclaration que voici :

« S'il y a une nouvelle guerre contre la France, ce sera toujours une guerre contre la Belgique. Nous serons sur le passage. Et vous pouvez être sûrs qu'il y aura une autre guerre contre la France. L'Allemagne se prépare à la revanche. L'esprit qui règne là-bas est le même qu'au moment de la déclaration de guerre. »

Que de journalistes, de parlementaires et d'hommes d'Etat allemands ont exprimé la même pensée, non pas comme prévision mais comme volonté bien arrêtée.

Note complémentaire.

Dans ses Réflexions sur l'intérêt général de l'Europe, M. de Bonald a traité en 1815 la question actuelle des droits de la France à posséder les rives du Rhin. Bonald pose en principe que si l'Europe a besoin de la paix, elle a, surtout et avant tout, besoin de V ordre, sans lequel la paix n'est qu'un calme trompeur.

Puis il retrace à grands traits l'histoire de France à travers les âges, montre que rien de grand dans le monde politique ne s'est fait sans la France, qu'elle a toujours exercé une sorte de magistrature dans la chrétienté, qu'elle semble avoir été destinée à instruire l'Europe, tantôt par l'exemple de ses vertus, tantôt par les leçons de ses malheurs, si bien qu'un grand Pape a pu dire : « La France est un royaume gouverné par la Providence ».

Après cet hommage rendu à l'importance sociale de la France et à sa nécessité politique, Bonald observe que l'accroissement de la France est fini sur tous les points, hors un seul, la frontière du Rhin, « dernière limite des Gaules, berceau de la monarchie française, mouvance ancienne de sa couronne, et même, autrefois, partie de son territoire ».

Les sociétés, comme la nature, ayant leurs lois, la France, par la seule force du principe intérieur qui l'agite, sera portée à faire de continuels efforts pour s'établir sur le Rhin.

« Jusqu'au Rhin, la France est dans ses eaux ; au delà, c'est ur autre ciel, une autre terre, d'autres hommes, d'autres moeurs, une autre langue. Tout est français en deçà du Rhin et le devient tous les jours davantage : tout est allemand au delà : c'est la Gaule, d'un côté, la Germanie de l'autre. »

L'historien-philosophe montre ensuite avec force que la présence de la France sur le Rhin est beaucoup plus utile à l'Europe qu'à la France elle-même.

« Non : ce n'est pas à la France qu'il importe d'aller jusqu'au Rhin. Les habitants de l'ancienne France n'en seront ni plus ni

moins heureux ; son gouvernement n'en sera ni plus ni moins stable et fort. C'est pour l'Europe que cette mesure politique est nécessaire, parce qu'alors et seulement alors la France sera utile à tous les Etats et ne sera dangereuse pour aucun,

» C'est alors que la France pourrait donner l'exemple, unique au monde, d'une société qui, parvenue à ses derniers développements, n'ayant rien à craindre, rien à désirer, rien à acquérir, rien à perdre, en paix avec tous ses voisins, tranquille sur toutes ses frontières, peut agir sur elle-même, et employer ses talents naturels et ses connaissances acquises à perfectionner ses lois, ses mœurs, son administration, sa constitution, à tout réparer et à tout maintenir dans l'ordre, à fermer les plaies faites à la religion, à la justice, à la morale, à la propriété, ces bases fondamentales de l'Ordre social. Qu'on daigne nous en croire, c'est un pareil modèle qu'il faut à l'Europe, pour apaiser ce lion irrité d'un long combat et prêt à le recommencer. »

Bonald montre ensuite la France, quand elle sera parvenue jusqu'au Rhin, procédant à la démobilisation de ses armées, les réduisant au strict nécessaire pour le maintien de sa police intérieure et la sûreté de ses frontières, diminuant peu à peu les impôts, faisant cesser enfin cette guerre intestine, fiscale, entre l'Etat et la famille, qui trouble les Etats européens et qui, en ôtant à la famille le nécessaire, ne parvient pas à satisfaire les besoins sans cesse accrus des gouvernements.

ce Dans cette situation où jamais nation ne s'est trouvée, tout bien intérieur est possible. Il appartient, ce semble, à la France qui a ouvert à tous les peuples les routes de la civilisation, d'être la première à en atteindre le terme ; et, en réduisant la perfection possible d'une société à ses justes bornes et à la mesure de la faiblesse humaine, j'ose avancer comme un axiome de haute politique et de véritable philosophie, qu'il n'y a qu'une société finie qui puisse devenir une société parfaite. »

L'Assemblée des nations ne s'est point contentée de s'appliquer à énerver la France chez elle, à lui refuser ce qui devait faire sa force de résistance dans l'avenir, elle s'est aussi appliquée à lui ravir ce qui avait fait jusqu'aujourd'hui sa considération devant le monde, son prestige, sa magistrature, comme a dit J. de Maistre, et la puissance morale dont elle s'était servie pour élever en tous temps et partout la civilisation.

C'est ainsi qu'a été reconnu et est rémunéré notre ce geste >.> libérateur qui aurait pu devenir pour tous les peuples la rédemption du joug que la secte judéo-maçonnique fait peser sur tous, de l'esclavage dont elle menace le genre humain.

Nous disons ailleurs la situation qu'avaient faite à la France dans la Syrie les traités conclus entre nous et la Porte par Charlemagne, S. Louis, Louis XIV, etc. Nous y disons aussi quelle était encore cette situation en 1914, la sympathie des populations, la confiance dont elles nous honoraient, notre commerce avec elles, les écoles et autres établissements fondés par nous sur leur territoire. Enfin nous avons dit les efforts faits en ces derniers temps par les nations rivales, notamment par l'Allemagne et l'Italie, pour s'emparer du protectorat que nous y exerçons, les lâchetés, on pourrait dire les connivences de nos gouvernants, et la fermeté que le Saint-Siège a déployée pour nous maintenir dans nos droits.

Le premier devoir des Alliés, après notre victoire et la conclusion de la paix, était de nous réintégrer dans la plénitude de ces droits et même d'obtenir de la Turquie qu'ils fussent amplifiés.

Qu'ont-ils fait 8 ?

En 1914, la succession turque parut définitivement ouverte

8. M. de Brèves, qui négocia la Capitulation de 1604, écrivit dans son Discours sur l'alliance qu'a le Roy avec le Grand Seigneur, et de l'utilité qu'elle apporte à la chrétienté :

<( Quelle gloire au roy de France très chrétien d'être seul protecteur du saint lieu où le Sauveur du monde a voulu naître et mourir ! Quel contentement de voir que le Saint-Sépulcre soit servi de trente ou quarante Cordeliers, choisis de toutes les nations, lesquels prient Dieu continuellement pour la prospérité des princes chrétiens et particulièrement pour notre Roy, leur seul conservateur, sous l'aveu duquel ils ont pouvoir d'habiter en Hierusalem, y faire librement le service divin, et recevoir les pèlerins de toutes nations ! »

M. de Brèves soulignait en outre l'avantage d'avoir à Constantinople des collèges où Dieu était servi avec le même culte et presque la même liberté que l 'on peut faire au milieu de la France :

(( Sans mettre en considération un nombre infini de chrétiens grecs et arméniens, lesquels en leurs plus pressantes nécessités, et lorsqu'ils se sentent oppressés, n'ont recours plus assuré, et ne cherchent autre protection que le nom puissant de nos rois, qui les met à couvert par le ministère de nos ambassadeurs... Tous les évêques des îles de l'Archipel subsistent par le seul nom français et se maintiennent avec cette protection. »

Après avoir évoqué ces vieux textes, on n'ouvre pas sans mélancolie le Journal où Saint-Brice examine les clauses essentielles du traité turc et constate qu'il signifie a fin du protectorat catholique : « Non seulement la garde des Lieux Saints est abandonnée à une commission britannique, mais la protection de toutes les minorités est attribuée à la Société des Nations. Le protectorat catholique est absolument supprimé. »

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et devoir être définitivement réglée. A l'heure actuelle, il n'en est rien. Les compétitions sont toujours aussi nombreuses et aussi ardentes.

D'abord la Russie, force de V orthodoxie, protectrice des chrétientés schismatiques. Dans les Balkans et en Turquie, tous les chrétiens étaient encouragés à se tourner vers elle comme vers leur protectrice attitrée. De larges subsides les maintenaient dans cette disposition et tout ce qui sert au culte : livres liturgiques, ornements, vases sacrés, images, leur venait de la « sainte Russie ». Si la Révolution n'eût éclaté en Russie en pleine guerre, le Tsar entrait triomphant à Constantinople. Ses alliés le lui avaient promis, et il était maître de la moitié de l'Empire turc. C'était, pour de longues années, l'impossibilité pour les chrétiens orthodoxes d'envisager la question du retour à la véritable Eglise, c'était pour des millions de catholiques la persécution dont leurs pères ont eu à souffrir si souvent et si cruellement sous le sceptre des Romanoff. La Providence n'a pas permis cette exaltation de la Russie. La Russie orthodoxe n'est plus un charme ni une menace pour les chrétiens orientaux, séparés de l'Eglise catholique. Ils peuvent ouvrir les yeux à la lumière de la vraie foi qui pourra leur être présentée par de vrais apôtres.

La Russie écartée, restent en présence l'Angleterre et la France. Nous laissons de côté les concurrents de moindre importance : la Grèce, qui occupe le vilayet de Smyrne et qui va s'installer en Thrace ; l'Italie, qui a débarqué à Adalia et a jeté son dévolu sur une notable partie de l'Anatolie; l'Amérique, qui recommence avec l'Arménie les intrigues qui, sous l'action de la Russie, troublèrent si souvent la paix du monde et qui ne cache pas sa convoitise de Constantinople.

L'Angleterre a déjà mis la main sur l'Egypte, si française de cœur et de culture, sur l'Arabie, la Mésopotamie et les trois quarts de la Syrie-Palestine.

Toutes ces Puissances ne sont d'accord que pour évincer la principale héritière qui est la France. Il a été décidé à la Conférence de la Paix que la Syrie tînt entièrement son autonomie sous la tutelle ou le protectorat d'une des Puissances victorieuses. M. Wilson voudrait que ce mandat fût donné aux Etats- Unis. Pour le moment, de par le général anglais Allenby qui

commande en chef les troupes alliées dans cette région, la Syrie est divisée en trois zones. L'administration anglaise régit le pays situé au Sud de Tyr ; à l'administration militaire française a été confiée la partie de la côte qui, de cette ville, atteint Alexandrette avec Saïda, Beyrouth, Tripoli et le Liban ; aux Arabes la partie orientale, y compris le vilayet de Damas, Alep et le Hauran. La France aurait pu envoyer des troupes plus nombreuses en Asie-Mineure et y avoir une occupation plus grande, mais elles étaient occupées en Belgique et dans le Nord de la France à combattre pour couvrir les côtes anglaises.

La France, à l'exclusion de n'importe quelle autre Puissance, a de temps immémorial des traditions, des intérêts et des droits en Syrie et en Mésopotamie. Elle ne saurait y renoncer; et de son côté, la Syrie compte sur le protectorat de la France. Confiants en ses déclarations ses habitants ont manifesté hautement leur attachement à la France. Certains, pour ce fait, ont été déportés, d'autres pendus, d'autres voués à la faim. Il est de notoriété, d'ailleurs, que le caractère et les aspirations des Syriens ne s'accordent qu'avec la France.

Cependant le gouvernement anglais réussit à mettre des entraves à notre droit en favorisant l'intrusion du gouvernement chérifien dans les affaires de la Syrie. En même temps, les incidents fâcheux, les atteintes à notre prestige et à nos droits se multiplient dans des proportions graves.

Un comité mixte, composé de chrétiens et de musulmans, s'est constitué à Jérusalem. Il ne veut pas plus du mandat britannique que du mandat américain, tous deux comportant le sionisme.

Le Times a abordé ce sujet difficile des agissements de l'Angleterre en Syrie avec un effort de franchise louable. Il convient de quelques-uns des torts qu'ont eus les agents militaires et civils de son pays. Il reconnaît chez eux une « tendance indéniable à ignorer les droits et les intérêts traditionnels de la France en Syrie ». Le Times exprime sur le fond de la question l'avis de la bonne foi et du bon sens, en reconnaissant, dans des formules assez ambiguës cependant, que le point de vue français est d'accord avec la géographie, l'histoire et la population.

Dans l'obstination de nos hommes politiques de ne pas causer

avec le Pape, le Saint-Siège a pris, pour ainsi dire, un moyen détourné d'affirmer de nouveau nos droits. Dans un Bref officiel, l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand a été conféré à M. de Pierredon, « principalement pour l'appui considérable donné au protectorat de la République française sur les Lieux-Saints de Palestine ». Le Saint-Siège confirmait ainsi une fois de plus notre mission douze fois séculaire !

Le bénéficiaire de ce Bref, qui était alors à l'armée, s'empressa d'en donner connaissance au gouvernement français. Ce nouveau titre a dû être mis à notre actif et joint aux nombreux titres anciens, parmi lesquels il est bon de rappeler la circulaire de la Propagande « Aspera rerum conditio » du 22 mai 1888, et la lettre mémorable adressée le 20 août 1898 au cardinal Langénieux par S. S. Léon XIII.

En septembre 1919 est venu à Paris Mgr Hoyek, patriarche des Maronites, sur qui il n'a pas seulement juridiction spirituelle, mais dont il est le chef civil dans des conditions traditionnelles spéciales à ce pays. Il est venu, non seulement au nom des Maronites, mais au nom de toutes les communautés libanaises dont il est le représentant qualifié, demander à la Conférence de la Paix l'autonomie complète du Liban agrandi, restauré dans ses frontières naturelles. Il demande pour le Liban la protection de la France.

« Dieu, le Pape, la France », a déclaré à maintes reprises Mgr Hoyek aux visiteurs qui se sont présentés à lui depuis son arrivée à Paris, « voilà notre devise. Nous voulons notre indépendance et nous ne la voulons qu'avec un mandat français. »

C'est cette thèse de l'indépendance complète d'un Liban étendu jusqu'à ses frontières naturelles avec l'aide et le concours de la France, que Mgr Hoyek est venu soutenir et défendre à Paris devant la Conférence de la Paix.

Malgré tout cela, le Journal des Débats, en 1919, était amené à poser cette question douloureuse: « Comment pourrions-nous, après la victoire de 1918, perdre en Orient une situation que la défaite de 1871 ne nous avait pas enlevée ! »

La politique de l'Angleterre a fait surgir deux éléments nouveaux, en guerre l'un contre l'autre et en opposition l'un et l'autre avec les intérêts et les traditions de la Syrie : l'arabisme et le sionisme. Ils ont prétendu soumettre aux musulmans de

PHedjaz des pays chrétiens et, au mépris de toutes les invocations à la civilisation et au progrès, livrer les populations fort civilisées des Echelles du Levant et du Liban aux tribus encore nomades de l'Arabie. Ils ont prétendu faire une « nation syrienne » et l'ont démembrée en lui enlevant la Palestine convoitée par l'Angleterre. Ils ont donné à la France un mandat sur la Syrie ; mais elle trouvait là en face d'elle l'émir Fayçal qui rêve de faire un vaste Empire arabe, tourné non vers Paris, mais vers La Mecque. Et ainsi, la Syrie devenait le champ clos de toutes sortes de rivalités qui, demain, pourraient être des conflits armés : rivalités entre Juifs et chrétiens à Jérusalem et en Palestine ; rivalités entre chrétiens et Arabes dans le reste de la Syrie. Telle a été la solution anarchique que les signataires de la paix ont donnée à la question de Syrie 9 .

Vint le traité turc. Il paraît encore plus défavorable au point de vue français. La France en sort diminuée. Elle perd à ce traité la situation privilégiée que les capitulations ottomanes lui assuraient dans tout l'Orient. Elle perd la Palestine qui, depuis les croisades, était sous notre influence. Le traité fait passer aux successeurs de Richard Cœur de Lion l'héritage de Philippe- Auguste et de S. Louis. Elle y perd encore le protectorat moral de l'Arménie qui avait coutume d'en appeler à la France de la barbarie turque et de la tyrannie russe. Elle est maintenant laissée aux influences protestantes d'Amérique et d'Angleterre.

Une puissante association s'est aussitôt constituée aux Etats-

9. Trois principes résument la solution adoptée. Le premier est que l'administration de la province sera confiée par les principales puissances alliées à un mandataire (qui n'est pas nommé). Le second est qu'il y aura en Palestine un « foyer national juif ». Le troisième est que la Société des nations nommera une Commission chargée de régler les questions « relatives aux diverses communautés religieuses ».

Lisons entre les lignes.

Le premier principe signifie que l'Angleterre prend possession de la Palestine en raison de son utilité stratégique. C'est la suite naturelle de la main mise par elle sur le canal de Suez.

Le second principe signifie que les Anglais paient aux Juifs la dette qu'ils ont contractée vis-à-vis d'eux le jour où là-bas ils ont mis en avant l'influence sioniste, en vue surtout de contrecarrer l'influence française.

Il n'est pas nécessaire de faire ressortir la haute gravité du troisième principe. L'Angleterre prend la Palestine comme bastion de l'Egypte. Elle prend Mossoul et la Mésopotamie. Elle tient le haut du pavé de Constantinople. Elle a fait surgir autour de Fayçal un empire arabe dont elle a organisé toute la constitution contre nous. Elle a de l'Egypte et de la Méditerranée la voie libre devant elle vers l'Inde.

Unis dans le but d'amalgamer les intérêts de tous les établissements d'enseignement qui ont été fondés dans l'Empire ottoman. Cette organisation doit comprendre les écoles primaires et secondaires en Syrie, Palestine, Arabie, Mésopotamie, Anatolie, les Balkans, le Caucase, et éventuellement en Perse, en Egypte et même en Abyssinie. Dans ces divers territoires ont déjà été envoyés des professeurs américains qui ont recruté un total de trente-et-un mille trois cent vingt-neuf élèves et quatre millions soixante-dix mille cent trente-six dollars ont déjà été dépensés pour cette entreprise 10.

Nos écoles avaient fait du français la langue de tous ceux qui représentaient là-bas la civilisation. Qu'en sera-t-il dans quelque temps ?

Le Times a avoué que ce la France a peu récolté des fruits de la victoire et qu'elle en a goûté moins encore. » Rien de plus évident. L'Angleterre peut s'en réjouir ou du moins se féliciter de la part qui lui est faite, alors que c'est pour la défendre aussi bien que pour défendre notre propre patrie, que nous avons sacrifié un million cinq cent mille de nos enfants, sans parler du reste 1X.

L'Allemagne regarde et se frotte les mains.

Dans son Epître aux Romains, chapitre XI, l'apôtre saint Paul parle des Juifs et de leurs destinées dernières : « Je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère : Une partie d'Israël est dans l'aveuglement jusqu'à ce que la masse des Gentils soit entrée (dans l'Eglise)... Je demande donc : Ont-ils bronché, afin de tomber pour toujours? Loin de là! Par leur chute, le salut est arrivé aux Gentils afin de causer une émulation qui la fît rentrer en eux-mêmes. Or, si leur chute a été la richesse du monde et leur amoindrissement la richesse des Gentils qui se sont convertis en si grand nombre, quelle grâce ne verrons-nous pas reluire quand ils retourneront avec plénitude ! Si leur réprobation a été la réconciliation du monde, leur rappel ne sera-t-il pas une résurrection de mort à vie ? Que si les prémices tirées de ce peuple sont saintes, la masse l'est aussi ; si la racine est saine, les rameaux le sont aussi, et si quelques-unes

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