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CONGRÈS SIONISTES

temps sa résolution de fonder une académie hébraïque. Les congrès annuels devaient être tenus dans ce palais et le comité permanent devait y avoir sa résidence. Revint-on sur ces décisions? Nous l'ignorons. Toujours est-il que onze ans plus tard, en 1908, le congrès fut tenu à Hambourg. Là vinrent les délégués non seulement de l'Europe, mais de l'Amérique, du Sud de l'Afrique, de l'Egypte, de la Sibérie, de la Mandchourie, etc. A ce congrès, M. Belisha prononça ces paroles, d'après le Jewish World du 15 décembre 1908 :

Ce que nous voulons, c'est une institution qui serait puissante et effective, une institution représentant tous les juifs dans une Assemblée internationale juive, qui serait basée sur les principes démocratiques et serait responsable devant la nation juive. Nous avons besoin d'un Parlement qui agirait comme Grand Conseil de toute la nation. Ce que je propose, c'est que cette assemblée internationale se compose de cinq cents membres, élus par toutes les communautés juives du monde, proportionnellement à leur nombre et à leur importance.

On remarquera l'étonnant rapport entre ces paroles et le projet de constitution formulé par les révolutionnaires de 93 pour le gouvernement de la République universelle, et aussi avec le tribunal que le Congrès de la Paix a- institué dans la Société des Nations pour juger des conflits de peuple à peuple.

Au congrès de 1901, il y eut plus de deux cents délégués. Il en était venu de la Mandchourie, d'Amérique, du lac Tchad, delà Sibérie, du Sud de l'Afrique, d'Egypte et de toute l'Europe.

Le Dr Herzl, président du comité permanent d'action, fit connaître qu'il avait été reçu en audience particulière par le Sultan et que celui-ci avait déclaré hautement que le sionisme trouverait en lui un puissant protecteur. Après le président, différents membres du comité d'action rendirent compte de la situation au point de vue propagande.

Les chiffres cités méritent de fixer l'attention. C'est ainsi qu'un délégué viennois annonce que toute l'Europe orientale est traversée d'une ardeur de prosélytisme extraordinaire. En Bulgarie, sur six mille Juifs il y a deux mille sionistes. La Russie compte six cents groupes, dont chacun dispose d'au moins mille francs pour la propagande. Le chiffre officiel donné au congrès, pour toute l'Europe, au chapitre ce Agitation », est de cent cinquante mille francs.

Le congrès de 1905 compta plus de sept cents délégués repré-

sentant vingt-deux Etats et quinze cent soixante-douze associations sionistes.

Le sionisme a cependant des opposants : généralement parlant, les Juifs parvenus, les grands Juifs ; à leur tête le baron Hirsch. Le retour en Palestine, à eux du moins, paraît peu désirable.

Au second des congrès qui s'étaient tenus à Baie, celui de 1898, avait été résolu la création à Londres d'une banque internationale. L'année suivante, L'Intransigeant publia cette information :

Une Compagnie juive (Limited) , enregistrée conformément à la loi anglaise sur les sociétés anonymes, s'est fondée au capital de deux millions de livres sterling, soit cinquante millions de francs, divisée en 1.999.900 actions d'une livre sterling et 100 parts de fondateurs.

La société a pour secrétaire général M. J.-H. Lœwe. Le siège social est établi à Londres, Broad Street Avenue 2.

Le conseil de surveillance est composé de vingt juifs de marque, parmi lesquels nous relevons les noms suivants : Théodore Herzl, homme de lettres, à Vienne; Bodenheimer, avocat, à Cologne; Bernstein Kohan, docteur en médecine, à Kissingers (Bavière) ; Samuel Pineles, négociant, à Galatz.

Le conseil d'administration compte parmi ses principaux membres : David Wolffsohn, de la maison Bernstein et Wolffsohn, de Cologne; J.-H. Kahn, de la maison Lissa et Kahn, de La Haye; S.-L. Heymann, de Londres; Rodolphe Schauer, de Mayence; Horenssein, négociant, à Kiew. Banque de la Société : London and Provincial Bank (Limited) , 7, Bank Buildings, Lothbury, Londres.

La composition des divers comités chargés de diriger cette Compagnie financière juive est établie avec un éclectisme remarquable. Il y a là de bons Israélites d'Autriche, de Hollande, de Russie, surtout d'Allemagne.

Les statuts de la société déclarent le but en ces termes :

La Compagnie n'a pas pour but exclusif l'acquisition de bénéfices et la distribution de dividendes.

Elle a pour but de se livrer aux opérations ordinaires de Banque dans toute région du globe, selon que l'exigera l'intérêt du peuple juif, conformément à Vopinion du conseil d'administration.

Les promoteurs du sionisme s'adressèrent alors aux Puissances et aux politiques de tous les pays : d'abord à Guillaume II, auquel ils offrirent le protectorat de Sion et, en attendant, préparer son entrée triomphale à Jérusalem aux acclamations enthousiastes des Juifs : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » Au Tsar, Herzl persuada que le meilleur moyen

2. La banque de Londres eut trois succursales, une à Jérusalem, une autre à Jaffa et la troisième à Caïffa.

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