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server que dans la seule ville de New-York, il y a près d'un million de Juifs.

M. Edouard Drumont a dit, il y a vingt à trente ans :

ce Ce dont il faut bien se pénétrer, c'est que les Etats-Unis d'aujourd'hui ne ressemblent plus du tout aux Etats-Unis d'il y a seulement vingt ans.

» Il y a eu, surtout depuis la guerre avec l'Espagne, une transformation radicale des mœurs, des idées et des sentiments de ce pays. Les Etats- Unis étaient naguère une grande démocratie laborieuse et pacifique; ils sont devenus peu à peu une démocratie militaire, orgueilleuse de sa force, avide d'agrandissements et de conquêtes; il n'y a peut-être pas dans le monde entier d'impérialisme plus ambitieux, plus résolu et plus tenace que l'impérialisme américain. Che^ ce peuple, qui eût haussé les épaules autrefois si on lui eût parlé de la possibilité d'une guerre avec une puissance quelconque, il n'est question actuellement que de dissentiments, de conflits et d'aventures.

» On sait les progrès énormes qu'a faits en ces dernières années la marine américaine. Quant au budget militaire des Etats-Unis, il dépasse aujourd'hui quinze cent millions. C'est un chiffre singulièrement significatif dans un pays qui, il y a si peu de temps encore, ne voulait pas entendre parler d'avoir une armée.

» Remarquez également combien l'action diplomatique des Etats-Unis est différente de ce qu'elle était jadis. Au lieu de se borner à maintenir l'intangibilité de la doctrine de Monroë, la grande République a la prétention maintenant de jouer partout son rôle de puissance mondiale. Elle ne veut pas que nous intervenions dans les affaires américaines, mais elle intervient à chaque instant et à tout propos dans nos affaires d'Europe. »

Quelle confirmation ont donnée à ces paroles les derniers événements ?

Depuis le gouvernement de M. Roosevelt, en 1902, et celui de M. Wilson, à la doctrine de Monroë, se substitue de plus en plus la doctrine impérialiste. Ainsi a été déchiré le traité de 1848 avec la Colombie et a été pris le Panama ; ainsi les Etats- Unis ont mis la main sur les dernières colonies de l'Espagne, Cuba et Porto-Rico. Wilson est intervenu, les armes à la main, dans les affaires du Mexique ; il a débarqué des matelots et des fonctionnaires à Saint-Domingue et Haïti. Benjamin Jefferson, l'ambassadeur américain à Nicaragua, a imposé à cette République un traité de cession relatif à l'Isthme, etc., etc. Que s'est proposé M. Wilson? que se proposent-ils les Américains qui le secondent par leur intervention dans les affaires de l'Europe ?... Ils se sont déclarés adversaires de l'Allemagne, ils ont aidé ceux qui les combattaient. Dans quelle pensée et en vue de quel résultat à obtenir pour l'avenir de l'Amérique6?

6. Ce fut le 3 janvier 1917 que M. Wilson, profitant de la note du Kaiser allemand qui décrétait le torpillage sans restriction des navires même neutres

Les journaux des Etats-Unis ont publié dans la première qunzaine de février 1919 un article de M. Franck H. Simonds, du syndicat de Mi-Lure New-York. Nous y lisons :

« Le jour où le président Wilson retournera en Amérique, il emportera avec lui comme une ébauche de la Ligue des nations. Tous les efforts et toutes les recherches de la Conférence de la paix convergent actuellement vers ce but et l'on peut espérer un résultat positif. »

De fait, la conférence de la Paix s'est transformée de jour en jour en une ligue des nations. M. Franck H. Simonds disait encore :

« Le président Wilson est venu ici plaider une œuvre7. Le fait même de sa venue en Europe est pour des millions d'Européens, une manière de symbole et la promesse d'un ordre et d'un arrangement différents de ceux qu'ils attendaient jusqu'ici de leurs dirigeants. Sa venue a provoqué comme une explosion d'idéalisme et d'aspirations chez ces millions d'individus, Les démonstrations qui l'ont accueilli prouvent combien vivement et combien sérieusement tous ces Européens espèrent en lui, et s'imaginent que c'est pour la défense de son projet qu'il est venu en Europe. »

Ces milliers d'individus étaient les Francs-Maçons et ceux qu'ils suggestionnent par la presse ou par d'autres moyens.

C'est tout ce que voulait pour le moment la corporation judéomaçonnique. M. Wilson est Franc-Maçon comme tous ses prédécesseurs à la présidence des Etats-Unis. L'histoire dira sans

faisant le commerce avec nous, adressa au Congrès un message demandant la déclaration de la guerre à l'Allemagne. Elle fut votée d'acclamation les 4 et 6 avril de cette même année. Cette jeune nation de cent millions d'âmes jeta alors dans la lutte ses millions d'hommes, ses milliards de dollars, ses inépuisables ressources en munitions et en vivres.

Une première loi de conscription mit neuf millions de soldats à la disposition de l'Etat. La loi d'avril 1918 ajouta un appoint de treize' millions de jeunes gens susceptibles d'être enrôlés. La première brigade débarqua en France le 28 juin 1917. Au 4 juillet 1918, jour de la fête de l'Indépendance, ils étaient un million chez nous.

7. Le président de la République des Etats-Unis et par conséquent M. Wilson est, de par la Constitution, un véritable et parfait autocrate, un autocrate comme il ne s'en trouve point d'autres. Il ne voit son autorité limitée par rien. La Chambre des députés a pour seule fonction de voter le budget, et c'est tout. Le Sénat qui a un droit de contrôle politique, et sans le concours duquel nul traité ne peut être signé valablement, voit, en fait, son pouvoir bien diminué, puisqu'il ne participe à aucun titre aux négociations ; lorsqu'il a son avis à donner, il se trouve donc toujours en présence d'un fait accompli qu'il ne peut faire autrement que d'enregistrer. De ministère responsable, il n'y en a pas. En réalité le Président des Etats-Unis est le maître absolu de sa politique et il n'en doit compte à personne. C'est bien ainsi que nous l'avons vu se conduire pendant son séjour en Europe. Il agissait de lui-même, sans s'occuper de ce que l'on disait en Amérique de ses agissements, qui étaient blâmés par des personnages importants qui, à leur retour, ont fait une longue opposition au Traité. Où donc, pourrait-on trouver, à l'heure •actuelle, un souverain qui ait pareille puissance? Nulle part.

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