‹ Les pourquoi de la guerre mondialeChapitre 21 sur 146 · AUTRES PAYS · texte numérisé non relu

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doute que la mission principale que lui a fait accepter plus ou moins ouvertement la secte aux jours de sa promotion, fut de préparer la Société des Nations, telle qu'elle devait sortir plus tard des délibérations du Congrès des Maçonneries des nations alliées et neutres, des 28, 29 et 30 juin 1917. Tout dans les vœux et les résolutions de ce congrès a pour dernier objet l'établissement d'un super-Etat, étendant son autorité sur toutes les nations du globe. C'est ainsi que l'Amérique a compris les projets de M. Wilson; et M. Taft, l'un des principaux opposants, a fini par se convertir et à donner son adhésion. Le Daily Mail a ensuite fait connaître l'intention de M. Wilson d'être à Genève le premier président de ce super-Etat lorsque sera terminée sa Présidence aux Etats-Unis.

Après avoir dit comment l'Angleterre et l'Allemagne sont entrées en concurrence pour se donner l'hégémonie du monde, nous devions dire les sujets de crainte que l'Amérique donne aussi sous ce rapport.

Faut-il ajouter qu'il ne manque point de Japonais qui aspirent à entraîner la Chine et l'Asie entière à la conquête de l'Europe et de là à l'empire des jaunes sur les blancs et sur les rouges? Déjà leurs armes sont en mesure de dire leur mot à l'heure propice.

Il est des sociologues éminents à qui la race noire donne les mêmes craintes et qui les ont exprimées dans leurs ouvrages.

Fut-il jamais de moment plus redoutable pour le genre humain? Et quelle civilisation en s'écroulant l'a jamais menacé d'une ruine plus profonde que celle où le précipite « la civilisation moderne », première cause et principe, nous le dirons, de l'état où l'humanité se trouve réduite à l'heure actuelle.

Cette ambition n'est point chose nouvelle dans le monde. La Sainte Ecriture nous rapporte qu'Arphaxad, roi des Mèdes, après avoir soumis à son empire beaucoup de nations, fut attaqué et vaincu par Nabuchodonosor qui régnait à Ninive.

Celui-ci, enivré de son triomphe, envoya des messagers à tous les peuples de l'Asie occidentale pour en recevoir des tributs et les mettre sous sa domination. D'un commun accord ils refusèrent, et Nabuchodonosor assembla ses conseillers et ses guerriers et leur dit que son dessein était de soumettre toute la

terre à son empire. Ce discours fut approuvé par tous. Nabuchodonosor leva alors son armée et dit à Holoferne, général en chef : « Ton œil n'épargnera aucun royaume et tu me soumettras toutes les villes fortes. » Il lui ordonna d'exterminer tous les dieux de la terre (protecteurs des pays qu'il voulait conquérir), afin que lui-même fût seul appelé dieu par toutes les nations qu 'Holoferne pourrait soumettre.

D'autres, dans l'antiquité, voulurent rétablir à leur profit l'unité rompue à Babel. Ce fut le rêve non seulement de Nabuchodonosor, mais des Cyrus, des Alexandre et des César. La race humaine tend à se reconstituer en unité matérielle, comme la race de ceux que Dieu s'est acquis par Jésus-Christ aspire à l'unité spirituelle : Vnum ovile unus pastor. L'une et l'autre auront leur heure. L'unité qui sera réalisée par l'antéchrist sera la contrefaçon satanique de l'unité spirituelle que Notre-Seigneur a promis de donner à son Eglise.

Notes complémentaires.

On évalue à vingt-cinq millions les Américains de sang allemand, et parmi eux, de dix à douze millions ceux dont l'origine allemande se montre visiblement. Aussi la colonie allemande est, aux Etats-Unis, une puissance. Dans l'Amérique du Sud, ils atteignent le demi-million, dans l'Amérique centrale cinq cent mille, en Océanie cent dix mille ; six cent vingt-trois mille en Afrique. D'autres Allemands ont émigré en Orient, du côté des possessions turques ou russes comme aussi en Palestine. D'autres colonies allemandes ont été fondées en Asie et en Afrique. Le nombre des Allemands résidant en Europe s'élève à soixante-seize millions cinq cent mille; ils sont en France quatre-vingt-sept mille, en Angleterre cinquante-trois mille, en Italie onze mille. On les trouve aussi en Bulgarie, en Roumanie, etc. L'Angleterre voyait donc partout des foyers d'action allemande, des masses de levain qui, à un moment donné, pourraient agir sur leur entourage et aider à l'établissement de la République universelle : c'est ce qu'Israël pouvait se dire lui aussi.

Autre sujet de crainte d'une part, d'espérance de l'autre : l'Allemagne était devenue, depuis 1871, un grand pays d'exportation, elle avait agrandi son industrie, développé son commerce maritime ; ses intérêts industriels dans les diverses parties du monde s'étaient accrus dans des proportions considérables, qui lui permettaient d'avoir son mot à dire partout au nom et «n faveur des siens.

Aussi l'Allemagne a rendu peu à peu sa politique, d'européenne, mondiale. Se basant sur l'ubiquité des Allemands et l'universalité des intérêts allemands, le cabinet de Berlin, depuis 1871, s'est appliqué à étendre l'action allemande sous toutes ses formes et dans le monde entier ; il a resserré de jour

eai jour les liens de solidarité entre les Allemands de l'empire et ceux du dehors, pour arriver à une entente et à une opération communes.

Dans ces conditions, l'Allemagne se flattait, non à mots couverts, mais hautement, d'arriver bientôt à se procurer l'hégémonie en Europe et dans le monde : l'hégémonie navale, coloniale et commerciale. Les manifestations de ses ambitions étaient devenues phénoménales. Le général Benhardi, dans son livre, paru en 1913, pose cette alternative pour l'Allemagne : « Puissance mondiale ou déchéance ». Il exige « la place exclusive au soleil pour le peuple élu, la place à l'ombre pour les autres... » ce L'Allemagne doit être l'agent provocateur et s'arranger de manière que les autres soient obligés d'attaquer... Elle est en état de soutenir victorieusement cinq campagnes de l'importance de celle de 1870. » Maximilien Harden, Ernst Hasse, Frymann, Frobenius, l'amiral de Tirpitz, le comte Reventlow, Naumann, dans les journaux, les revues, les conférences faisaient chorus. Une violente épidémie de patriotisme plongeait jeunes et vieux, grands et petits, dans une attente fiévreuse. Germaniser le monde est un droit, donc un devoir.

Ce qui achevait de lui donner pleine confiance, c'est que l'Allemagne croyait et se vantait être arrivée à avoir déjà la direction de la pensée dans tous les centres d'enseignement.

Le vieux professeur Lassen a dit avec la suffisance qui les caractérise tous : c< La gloire allemande et la prospérité allemande ont été préparées par la pensée allemande, par les philosophes et les mathématiciens. Le pays par excellence des écoles et du service militaire obligatoire créera, une fois accepté le jugement de Dieu, une Europe germanique. »

Nous venons de voir que l'émigration des Allemands hors de chez eux leur a procuré sur les différents points du monde des colonies qui, en cas d'une nouvelle guerre mondiale, seraient des points d'appui pour leurs armes.

L'Angleterre, sous ce rapport, est en bien meilleure situation. Elle, ce n'est pas sur des colonies d'immigrants qu'elle peut

compter, mais sur les Loges maçonniques qu'elle a fondées sur tous les continents depuis trois ou quatre siècles. Grâce à elles, la Grande-Bretagne est partout et son empire était avant la guerre le plus vaste qui ait été vu sur la terre. La guerre, loin de le diminuer,, l'a encore notablement accru.

Notre alliée possédait autour de l'Océan quatre grandes masses territoriales complètement séparées les unes des autres : l'Australie, l'empire des Indes, l'Afrique orientale et l'Afrique australe. Grâce • à la guerre, nos alliés ont opéré la soudure entre l'Afrique australe et l'Afrique septentrionale par l'occupation de la colonie de l'Est Africain allemand, la soudure entre l'Afrique septentrionale et l'Inde par les accords de 1916, réservant à leur influence la région comprise entre la frontière égyptienne et le golfe Persique, et par leur accord avec la Perse ; si bien qu'aujourd'hui on peut aller du Cap à Singapour en passant par Alexandrie, Bagdad, la Perse, l'Inde, et continuer ensuite jusqu'à l'extrémité sud de la Tasmanie en ne parcourant uniquement que des territoires anglais ou soumis à l'influence anglaise.

Du Cap à Alexandrie, en ligne droite, on compte environ huit mille kilomètres et douze mille d'Alexandrie à Singapour, et huit mille encore de Singapour au sud de la Tasmanie. Un voyageur peut donc aujourd'hui faire vingt-cinq mille kilomètres autour de l'Océan Indien sans quitter des terres anglaises ou soumises à l'influence anglaise.

Du fait de la guerre, l'empire anglais s'est agrandi du Sud- Ouest Africain allemand, soit huit cent trente-cinq mille kilomètres carrés ; de l'Afrique orientale allemande, soit près d'un million de kilomètres carrés ; d'une partie du Togo et du Cameroun, soit cent mille kilomètres carrés environ ; de la Nouvelle- Guinée et de l'archipel Bismarck, soit deux cent quarante mille kilomètres carrés.

Les colonies portugaises de l'Angola et de Mozambique (près de deux millions de kilomètres carrés) passent sous l'influence économique anglaise ; la Perse (un million six cent quarante-cinq mille kilomètres carrés, peuplés de dix-neuf millions d'habitants) passe sous son protectorat, ainsi qu'un million de kilomètres carrés environ dépendant de l'ancien empire turc.

Aujourd'hui, si l'on fait le total de toutes les terres sou-

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mises directement ou indirectement à la Grande-Bretagne qui s'étendent autour de l'Océan Indien, on arrive au chiffre de près de trente millions de kilomètres carrés (dont huit millions en Asie, treize en Afrique et huit millions et demi en Océanie), peuplés de plus de quatre cent millions d'habitants.

L'Angleterre entière ne s'étend que sur trois cent quatorze mille kilomètres carrés, c'est-à-dire que son empire de l'Océan 'Indien est près de cent fois plus vaste qu'elle-même.

En résumé, l'Angleterre domine le septième de la surface du globe terrestre et le quart des habitants du monde vit sous sa loi.

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