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LES EMPEREURS PRUSSIENS

De son côté, l'Allemagne, au lendemain de la création de l'Empire, s'empressa de rendre ses actions de grâces à la secte ouvertement par le Kulturkampf, puis, plus hypocritement, par ses démarches au Vatican.

Cette entente, les organes de la secte n'en firent pas mystère. Le Grand-Orient d'Italie à Rome adressa, le 25 octobre 1886, aux sociétés secrètes d'Allemagne, un manifeste de guerre internationale contre la Papauté. La Bauhutte, l'organe des Loges de l'empire allemand, publia ce document dans son numéro de janvier. Voici les passages caractéristiques de ce programme de combat :

« Chers et vénérables Frères ! Vous avez, sans doute, pris connaissance du réveil de la guerre que notre pays, l'Italie, poursuit, d'une manière glorieuse, contre le cléricalisme de la Rome papale. La maçonnerie italienne n'a cessé de combattre scientifiquement et moralement la superstition catholique. Mais, comme il s'agit d'un ennemi puissant, cette guerre dégénérerait en une simple agitation nationale, sans aucune garantie de succès, si elle n'était appuyée par l'action commune de toute la Franc- Maçonnerie du globe entier.

» En nous adressant à vous pour implorer votre concours puissant, l'appui de votre expérience indiscutable et de la force formidable de votre presse, nous sommes sûrs qu'ainsi, nous remporterons plus facilement et plus sûrement la victoire. »

Le Grand-Orient de Rome ne se trompait point d'adresse. Il savait l'esprit qui animait les Hohenzollern et celui qu'ils s'efforçaient d'inspirer à leur peuple. La Gazette d'Augsbourg ne craignit pas de manifester en ces termes la pensée dominante du Pangermanisme :

« Sur les champs de bataille du Rhin, nous n'avons pas fait seulement la guerre contre la France, nous avons aussi combattu Rome, qui tient le monde asservi, nous avons tiré sur le clergé catholique l. »

I. Extraits cités dans La politique prussienne par un allemand anonyme,

L'historien allemand Treitschke loue dans son histoire lancêtre des rois de Prusse d'avoir, en passant à la Réforme, sécularisé les biens des chevaliers teutoniques ; et là-dessus il dit avec fierté : ce L'Etat prussien doit l'une de ses assises à un glorieux vol commis contre l'Eglise romaine. » Il montre l'Etat prussien par toute son évolution « solidaire de l'Eglise protestante ».

L'historiographe officiel de la Prusse de Guillaume 1er a aussi dit : « En embrassant le protestantisme, l'Electeur de Brandebourg devint par cela même le champion de l'Allemagne indépendante » (du Saint-Siège). « L'idée de la solidarité entre le protestantisme et le véritable esprit allemand, dit M. Goyau, obsède le cerveau de Guillaume IT et l'exalte jusqu'à un rôle de Pape de la Réforme. On l'entend parler de son ami Luther presqu'aussi librement que de son « vieux Dieu », son Dieu Unser Gott.

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