‹ Les pourquoi de la guerre mondialeChapitre 31 sur 146 · ET LES CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

ET LES CATHOLIQUES

dix signatures était expédiée à Berlin pour être remise au roi de Prusse, demandant que « les démarches nécessaires soient faites pour assurer et conserver la liberté et l'indépendance du Saint- Siège et de ses possessions ». Le 20, plus de deux mille catholiques, venus de tous les points de l'Allemagne, s'étaient réunis à Mayence, pour manifester leurs vœux et leur dévouement au chef de l'Eglise. A Coblentz, réunion de quinze cents catholiques, pour une même manifestation. Le 6 décembre, démonstration des étudiants de Munster en faveur de la Papauté. Le 27 janvier 1868, grand meeting catholique à Cologne. Plus de cinq mille personnes venues de toutes les parties de l'Allemagne y assistèrent. Du 31 août au 3 septembre, l'assemblée générale des catholiques d'Allemagne se tint à Bamberg en Bavière. En tête des résolutions était celle-ci : ce Assister le Saint-Père et travailler à maintenir son pouvoir temporel, est, pour tous les catholiques, le premier et le plus saint des devoirs.» En 1870 et 1871, les manifestations de 1868 se renouvelèrent. Au mois de décembre 1870, Mgr Ledochowski avait fait le voyage de Versailles pour demander au futur empereur d'Allemagne d'intervenir auprès du roi Victor-Emmanuel. On ignorait que le roi d'Italie, en profitant de la guerre pour s'emparer de Rome, n'avait rien fait sans le consentement de Guillaume. Le 8 janvier 1871, les catholiques, réunis à Stolberg, avaient également adressé au roi de Prusse une protestation contre l'usurpation de Rome. Dans les premiers jours de cette même année 1871, le diocèse de Fulda envoya à Guillaume une adresse signée par douze mille hommes pour lui rappeler, qu'ayant des sujets catholiques, son devoir était de protéger leurs droits contre les attentats du roi de Piémont. De semblables pétitions furent envoyées par la Bavière. Au mois de mars, une adresse spéciale, signée par cinquante-six députés de la Chambre prussienne, fut remise à l'empereur Guillaume Ier et publiée dans tous les journaux de la presse catholique. Ces représentants, qui bientôt formèrent le parti du Centre, demandaient que le souverain mît la force au service du droit et qu'il demeurât fidèle aux engagements pris par lui-même à l'ouverture de la Diète de la monarchie, le 15 novembre 1871. Guillaume répondit aux cinquante-six députés par des paroles qui cachaient soigneusement son intention de se couvrir de ses lauriers pour partir en guerre

Page 1