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ET LES VIEUX CATHOLIQUES

Chambre bavaroise, il eut pour successeur dans le Ministère des Cultes, Lutz, qui suivit la même ligne de conduite.

Le 27 août, Lutz admonesta, dans une lettre publique, l'archevêque de Munich qui venait de publier le décret du Concile •du Vatican et il annonça que le gouvernement de Bavière soutiendrait les prêtres révoltés contre l'autorité du Concile et du Souverain Pontife. Forts de cet appui, ceux-ci réunirent à Munich, le 21 septembre 1871, un congrès qui, dans leur pensée, devait porter un coup mortel à ce qu'ils appelaient « le romanisme ». Les congressistes déclarèrent : la supériorité de la culture de l'esprit allemand 4 qu'avaient prouvée les talents stratégiques du général de Moltke ; la convenance de détruire la hiérarchie de l'Eglise romaine et la création de foyers permanents d'agitation à Cologne, Heidelberg, Breslau, Braunsberg, Soleure, Vienne et Buda-Pesth.

Bismarck, qui avait laissé à son lieutenant Lutz la responsabilité des débuts, jugea le moment venu d'entrer dans la lice. Un docteur Wollman, professeur d'instruction religieuse au gymnase catholique de Braunsberg, avait été frappé de suspense à cause de son opposition aux définitions du Concile du Vatican. Le directeur du gymnase soutint ce malheureux prêtre. Un grand nombre d'élèves et Mgr l'évêque d'Ermeland s'adressèrent au Ministre des Cultes, pour qu'il interdît à un prêtre suspect et en rébellion contre l'Eglise, d'enseigner le catholicisme dans une école catholique malgré son évêque. Le ministre refusa d'acquiescer à cette demande.

En septembre 1871, les archevêques de Cologne et de Posen et onze évêques se réunirent à Fuîda pour délibérer sur cette grave affaire ; le 7 du même mois ils adressèrent à l'empereur Guillaume une pétition dans laquelle se trouve le passage suivant:

« Dans ses réponses à l'évêque d'Ermeland, le Ministre des Cultes déclare non seulement qu'un prêtre exclu de l'Eglise dans toutes les formes légales, à cause de son hérésie et de sa résistance obstinée aux résolutions d'un Concile œcuménique, est le seul professeur de religion légitime d'un

4. De là le nom de Kulturkampf : lutte pour la civilisation. « Nous autres, Allemands, avait dit Dcellinger en 1870, nous pouvons et devons reconnaître, sans qu'il y ait en cela quelque pensée d'amour-propre, que la tâche d'éclairer Zes autres nations nous est dévolue... A nous est échu le don de la pénétration scientifique et de la pénétration métaphysique, des recherches infatigables et approfondies ». (Considérations proposées aux évêques.)

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établissement qui est catholique aux termes de la fondation, mais aussi que tous les élèves catholiques de cet établissement sont tenus de fréquenter ses leçons de religion, même malgré eux et malgré la volonté de leurs parents, ou sont forcés de quitter l'établissement. Sire, par ce dernier acte, pour ne nous en tenir qu'à ce cas éclatant, il arrive non seulement qu'on prive un institut appartenant aux catholiques des Etats de Votre Majesté de son caractère catholique, mais on commet un empiétement flagrant sur le domaine intérieur de la foi et de l'Eglise, une atteinte ouverte à la liberté de conscience. C'est pourquoi, partout en Allemagne, les catholiques ont été saisis d'une profonde douleur à la suite de ces décisions qui menacent tous les droits de l'Eglise. Les principes de la foi catholique exigent d'une manière absolue que chaque individu se soumette aux décisions d'un Concile œcuménique dans les questions de foi et de morale. Quiconque s'y refuse se sépare par cela même de l'Eglise catholique et ne peut naturellement continuer à enseigner la religion catholique. »

A ces observations si précises, l'empereur Guillaume répondit par une lettre, dans laquelle, au lieu de s'occuper des griefs exposés par les évêques, il reproche aux éléments importants du catholicisme d'avoir été jadis opposés à V épanouissement national allemand qui se poursuivait sous la conduite de la Prusse. Dans ces dernières lignes se retrouve révélée la véritable pensée de M. de Bismarck, exprimée ci-dessus. Cette lettre fut le point de départ de la rupture du gouvernement prussien avec l'épiscopat catholique et avec Rome. Exaspéré de ne pouvoir introduire au Vatican, en qualité d'ambassadeur, un homme qui donnerait un semblant de raison à sa politique religieuse, le tout-puissant chancelier s'écria le 14 mai 1872, dans un discours au Reichstag: « La souveraineté est une et doit rester une: c'est la souveraineté de la loi ! Et qui ne se reconnaît pas lié par les lois de son pays, celui-là se place hors de la loi... Soyez tranquilles, nous n'irons pas à Canossa, ni de corps, ni d'âme. »

L'année suivante, le 7 août 1873, Pie IX écrivit à l'Empereur :

Sire, toutes les mesures que le gouvernement de Votre Majesté a prises depuis quelque temps ont de plus en plus pour but de détruire le catholicisme. Quand je me demande à moi-même quelles peuvent être les causes de ces rigoureuses mesures, je reconnais que je ne suis pas en état d'en trouver une seule.

D'un autre côté, on me dit que Votre Majesté n'approuve pas la conduite de son gouvernement et blâme la rigueur des mesures prises contre la religion catholique.

Mais, s'il est vrai que Votre Majesté ne les approuve pas (et les lettres que Votre Majesté m'a adressées autrefois me semblent prouver suffisamment que vous ne pouvez pas approuver ce qui se passe actuellement) ; si, dis-je, Votre Majesté n'approuve pas que son gouvernement

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