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GUILLAUME II EN PALESTINE

fut cause de la guerre de trente ans et qui répandit dans le monde la peste du modernisme, fut tout autre chose que l'auteur d'une renaissance religieuse et morale. Mais il faut que de temps en temps les Hohenzollern rappellent au monde par quelque acte ou par quelque discours ce que la Prusse est dans son fonds, dans son essence même : le protestantisme couronné et armé contre la vérité historique aussi bien que contre la vérité religieuse.

En octobre 1892, le gouvernement de Berlin fit une nouvelle démonstration. L'Empereur se rendit à Wittemberg où Luther afficha, le 31 octobre 1517, sur les portes de l'église, ses fameuses propositions contre les indulgences. Il y eut office dans cette église devenue temple « évangélique ». Puis, au banquet, Guillaume II s'écria, tenant en main le verre dont Luther se servait dans ses débauches : « Je me réclame de Luther. »

En même temps que les fêtes de Wittemberg, des fêtes étaient célébrées à Gênes en l'honneur de Christophe Colomb. L'Osservatore romano fit cette observation :

La grandeur du génie catholique de celui qui compléta l'unité religieuse, morale et civile du monde entier a pu être mise ainsi en parallèle avec le génie rebelle de celui qui a brisé l'unité religieuse de l'Europe et ouvert ainsi la voie au douloureux déchirement de son unité politique et aussi de son unité sociale.

La même pensée d'unification des Eglises protestantes sous le sceptre et le bâton pontifical des Hohenzollern se retrouve dans le pèlerinage que Guillaume II fit en Palestine au mois d'octobre 1898. Ce fut l'un des actes les plus caractéristiques de son règne, l'un de ceux auxquels il attacha ses meilleures espérances pour la définitive réalisation du rêve de ses ancêtres.

Rappelons d'abord en peu de mots la situation que l'Allemagne occupait alors en Terre Sainte. Les premiers colons allemands qui s'établirent en Palestine furent en 1858 une douzaine de Wurtembergeois, appartenant à la secte des aménités, qui s'étaient donné pour chef un juif converti à leur culte, Samuel Pick. Successivement, débarquèrent en Syrie d'autres sectaires allemands, les mennonites et les adamites. La secte des templiers vint ensuite. Les créations d'origine germanique commencèrent

alors à se multiplier en Palestine : sous l'impulsion du Pouvoir civil, hôpitaux, orphelinats, pensionnats, exploitations agricoles, installations industrielles, etc., à Beyrouth, à Jaffa, à Ramleh, dans la plaine de la Bekna, sur la route de Tripoli à Damas, sur la route de Bethléem, près de Jérusalem et à Jérusalem, etc.

En 1883, fut fondée à Aix-la-Chapelle l' Association de la Palestine. Profitant des désastres récents des chrétientés de l'Extrême-Orient, le Bulletin de l'Association, avec une bonne foi tout allemande, annonçait que la France était désormais impuissante à protéger les catholiques confiés à ses soins ; et, dans un manifeste, l'Association invita les catholiques allemands à créer des colonies levantines pour que, suivant la parole de M. de Bismarck, on puisse au plus tôt « se soustraire au poids du protectorat français ».

Cette association avait été précédée de plusieurs autres : la Société catholique des Lieux-Saints, qui a son siège à Cologne (Verein von Heiligen Grabe), a reçu, pendant les seuls mois de janvier et février 1877 la somme de trente mille francs pour être affectée aux établissements hospitaliers allemands de la Palestine. En 1877, une association allemande pour l'exploration de la Palestine a été fondée à Leipzig ; le maréchal Moltke en fit partie ainsi que le consul allemand de Jérusalem.

En même temps, la langue allemande se répandait dans la Palestine par les orphelinats et les écoles et y faisait une sérieuse concurrence au français et à l'italien 4. C'est dans ces conditions que Guillaume entreprit son voyage.

Sa première intention était de relever aux yeux des Orientaux le culte protestant. « Pour la première fois, » écrivait M. le pasteur Rade, directeur de la Christliche Welt, le premier périodique protestant de l'Allemagne, «pour la première fois beaucoup d'Orientaux entendront dire qu'il y a une religion évangélique. Ils verront cette religion dans l'éclat d'une religion

4. Les protestants ont maintenant à Jérusalem des écoles et un grand orphelinat de garçons et de filles. Cette œuvre, qui a un budget de plus de 220.000 francs, tire ses ressources du monde entier, et a à sa tête des pasteurs de Cologne, de Munich, de Saint-Pétersbourg, des Etats-Unis. Ses orphelins, recueillis dans tout l'Orient, sont grecs, syriens, grégoriens, maronites, catholiques romains. Un quart à peine sont protestants. Il va sans dire que tous reçoivent la même instruction religieuse, et assistent au prêche deux fois par jour. On retrouve là le protestantisme avec son prosélytisme tenace, remplaçant l'unité de doctrine par l'abondance des ressources et cherchant partout a imiter et à supplanter le catholicisme.

politique. » Ce dernier mot n'était pas sans importance aux yeux de Guillaume II ; comme l'observe M. Georges Goyau, c'est le propre de l'esprit oriental d'assimiler une confession religieuse et une nationalité, de considérer la confession religieuse comme le symbole de cette nationalité, et la nationalité comme la tutrice naturelle de cette confession religieuse. En Orient, catholiques et Français sont synonymes, l'empire russe incarne l'orthodoxie grecque, et jusque-là, protestantisme signifiait là-bas Angleterre ou bien Amérique ; John Bull ou bien Jonathan, fils d'une même société. Le « Michel » allemand n'apparaissait point aux populations orientales comme le représentant de l'une des confessions chrétiennes. Il y avait là, pour l'Allemagne, une infériorité qu'il fallait faire cesser. Pour cela, Guillaume II fit bâtir à Jérusalem une belle et grande église.

Elle est sise, écrivit M. le pasteur Soden, de Berlin, sur une éminence au centre de la vieille ville, d'où n'émergent que quelques coupoles et quelques minarets élancés ; la tour, haute de quinze mètres, est visible de tous côtés; elle est comme le symbole de la ville actuelle, désormais ouverte au christianisme occidental. Les dimensions de l'église sont beaucoup trop grandes pour l'actuelle communauté allemande évangélique qui ne se compose que d'un petit nombre de familles. Il semble que par sa grandeur, elle prophétise un sérieux accroissement de cette communauté.

Guillaume II se présenta à Jérusalem avec tout l'éclat de la pompe impériale, accompagné de tous les princes protestants.

L'escorte turque, qui vint se joindre à son escorte allemande pour lui faire honneur, était commandée par le général Schakerpacha, chef du cabinet militaire du Sultan.

Les journaux arabes racontèrent que comme préparatifs à la venue de l'Empereur, un grand nombre de vieilles maisons et de vieux magasins de la Bab-el-Khalil, principale rue de Jérusalem, qui conduit à l'église du Saint-Sépulcre, avaient été démolis dans le but d'élargir la voie. On avait réparé et embelli les principaux monuments de la ville ; la mosquée d'Omar avait été livrée aux artistes peintres et sculpteurs, qui en redorèrent les colonnades, réparèrent les marbres et rafraîchirent les mosaïques.

Le Sultan avait donné sur sa cassette particulière, une somme de soixante mille piastres pour réparer et orner le Kademi-Sherif y ou palais du gouvernement de Jérusalem ; il avait mis ce monument, le plus beau de la ville, à la disposition de l'Empereur et

de l'Impératrice d'Allemagne pour la durée de leur séjour à Jérusalem. Mais Guillaume refusa : voulant à Jérusalem, comme partout au cours de son voyage en Syrie, lui et l'Impératrice, habiter sous la tente, ce qui a beaucoup plus de prestige aux yeux des populations de ce pays.

La seconde pensée de l'Empereur étant de poser le luthéranisme au sommet des sectes protestantes et de se donner, lui, comme le souverain pontife de tout le protestantisme, il venait inaugurer une église à Jérusalem, ou plutôt « consacrer », mot employé par Guillaume II lui-même dans le procès-verbal de la cérémonie. Dans son discours, il parla bien en pontife : ce Dieu, déclara-t-il, nous a permis, par sa grâce, de pouvoir inaugurer dans cette ville, sainte parmi tous les chrétiens, sur un emplacement consacré par l'activité charitable des chevaliers, le temple élevé en l'honneur du Rédempteur du monde... Bien loin au delà des frontières de l'Allemagne, le christianisme protestant s'unit, par une sympathie de prières, à la solennité que nous célébrons. Les députés des Eglises évangéliques et de nombreux coreligionnaires évangéliques sont venus ici avec nous, pour être personnellement les témoins de l'accomplissement de l'œuvre de foi et d'amour par laquelle le nom du souverain Seigneur et Rédempteur doit être glorifié, et par laquelle l'édification du royaume de Dieu doit être accélérée... Les portes de l'enfer ne sauraient prévaloir contre notre chère Eglise protestante. . . » Guillaume II termina son discours par le mot de Luther : « Le champ de bataille est à Lui, il en doit rester maître : Das Feld muss erhalten ».

L'entourage qu'il s'était donné semblait autoriser Guillaume II à tenir ce langage. Il s'était fait accompagner de tous les ministres en renom de la Prusse ; de plus il avait adressé aux ministres protestants de l'Autriche, de la Hongrie, du Danemark, de la Scandinavie et des Pays-Bas une invitation à le suivre, et toutes les sectes protestantes avaient été priées d'apporter leur contribution à l'érection du temple. Le comité directeur, dans ses invitations à souscrire et à se joindre au pèlerinage, avait dit : « Nous aimons à espérer qu'en dehors des pays allemands, les protestants ne refuseront pas leurs sympathiques intercessions à notre œuvre qui doit montrer au monde que, si l'Eglise évangélique ne possède ni ne convoite l'unité organique et la puis-

sance extérieure de l'Eglise catholique, les Eglises de tous les pays issus de la réformation sont étroitement unies sur le terrain de la foi, de l'activité chrétienne et de l'amour fraternel. »

La circulaire aurait pu ajouter : Un lien religieux hiérarchique sera ainsi créé entre les représentants et ministres des Eglises protestantes de toutes les Puissances et le chef religieux autant que politique qui siège là où le protestantisme est. né, d'où il s'est répandu sur la terre, d'où il doit supplanter le catholicisme: les actes le disaient, les paroles accentuaient le sens des actes. La Voce délia Verita fit observer que comme summus episcopus, Guillaume II ne représentait cependant pas les protestants, citoyens des autres nations, et que même chez lui une partie de ses propres sujets ° et même une fraction du protestantisme allemand lui échappait, car les protestants allemands ne sont pas tous d'accord ; là comme partout les formes de la Réforme sont infinies. Guillaume II voulut faire illusion à l'Orient en parlant à Jérusalem non seulement comme empereur et pontife d'un empire protestant, mais comme le légat-né des intérêts protestants du monde entier, comme le chef d'une religion vraiment internationale tout à la fois anglaise, américaine et allemande.

Les journaux vinrent appuyer les actes et les paroles de Guillaume ainsi que la signification qu'il avait voulu leur donner.

ce Pour cette démonstration protestante, dit Reichsbote, faite au berceau même de l'Evangile, les représentants de toutes les Eglises protestantes territoriales ont été convoqués. Et c'est notre Empereur, protestant allemand qui possède dans son empire Wittemberg, berceau de la Ré-

5. Comme empereur, Guillaume II représente de droit et de fait l'empire allemand, mais comme membre et chef de l'Eglise luthérienne, comme summus episcopus, il ne représente qu'une partie de ses sujets, et même une fraction seulement du protestantisme allemand, — car tous les protestants allemands ne sont pas luthériens.

Des statistiques officielles, publiées en Allemagne en 1898 et relatives à la loi sur les revenus paroissiaux, il résultait que les catholiques, dans l'empire allemand, atteignaient le nombre de 20.000.000 environ, alors que les statistiques gouvernementales de 1890 donnaient le nombre de 17.671.920. Le royaume de Prusse contient 11.000.000 de catholiques; la Bavière, 4. 115. 000 ; le grand-duché de Bade, 1.050.000; le Wurtemberg, 620.000; la Saxe, pays éminemment protestant, n'en compte pas moins 140.000 ; la Hesse, 300.000 ; l'Oldenbourg, 70.000; l'Alsace-Lorraine (Reichsland), 1.400.000.

Si l'on considère que les maisons régnantes de Saxe, de Bavière, et d'autres principautés fédérées sont catholiques, il faudra bien convenir que c'est beaucoup s'aventurer que de proclamer l'Allemagne un pays protestant.

L'empereur Guillaume est protestant, mais non l'empire allemand avec ses vingt millions de catholiques.

forme, qui, au berceau du christianisme, a organisé cette glorieuse manifestation de toute l'Eglise protestante de l'univers par l'inauguration d'un temple protestant 6. »

« Pour le monde oriental, dit une revue de langue allemande publiée à Jérusalem, Le Messager de Sion, la démonstration protestante de l'empereur Guillaume n'est point dépourvue d'importance. Jusqu'ici, en Palestine même, la foi évangélique était réputée une foi anglaise ; sur le Liban elle était réputée une foi américaine. Il devient évident désormais que d'autres grands peuples professent aussi cette foi et que ces peuples président à la civilisation. »

M. le pasteur de Soden, de Berlin, déjà cité, faisait, lui, à l'empire allemand l'honneur d'être le représentant souverain et le tuteur omnipotent du protestantisme, représenté en cette cérémonie, près de l'Empereur par les délégués des Eglises protestantes des divers pays, chantant tous d'une voix, sous les voûtes du temple inauguré par Guillaume II, l'hosanna du protestantisme conquérant.

Le jour choisi pour l'établissement officiel du protestantisme à Jérusalem était exactement le trois cent quatre-vingt et unième anniversaire de l'affichage des thèses de Luther sur les portes de l'église de Wittemberg. M. le pasteur Holtzhauer remarqua triomphalement que cette coïncidence voulue était une dure leçon pour la papauté. Guillaume II le savait bien et c'est pourquoi, — fidèle à la tactique observée dans ses visites au Vatican dont nous aurons à parler, tactique inaugurée par Bismarck lorsqu'il demanda l'arbitrage du Pape entre la Prusse et l'Espagne, — Guillaume II, tout en agissant et en parlant comme on vient de le voir, entoura le patriarche catholique romain, Mgr Piavi, de toutes sortes de prévenances, ainsi que le P. Schmidt, directeur de l'hospice catholique à Jérusalem, et il promit aux catholiques allemands sa protection. De plus, il fît don à la Société catholique allemande de Terre-Sainte du terrain de la Dormition de la Sainte Vierge. Grand bruit a été fait autour de cette munificence impériale, les uns la louant, les autres la blâmant, d'autres en plaisantant. M. de Nathusuis, professeur de théologie à l'université de Greifswald, en prit occasion de dire que, grâce à l'Empereur, l'Eglise catholique allait se sentir en mauvaise posture : qu'Ephèse et Jérusalem se

6. Cette citation et presque toutes les autres sont puisées dans le livre de M. Georges Goyau, Vieille France, Jeune Allemagne.

disputaient le tombeau de la Vierge, et que les révélations de Catherine Emmerich, auxquelles le Saint-Siège aimerait à ne point refuser quelque importance, justifiaient les prétentions d'Ephèse. « Il faudra bien reconnaître, continuait-il, la maison de Jérusalem comme le véritable endroit de la mort de Marie et alors déclarer fausses les visions de Catherine, ou bien suivre Catherine Emmerich, et par là même enlever toute authenticité au terrain et au sanctuaire de la Dormition 7 ». Ce qui est vrai, c'est que l'Eglise ne se prononce point sur ces sortes de choses qui ne sont point du domaine de la Révélation proprement dite. Elle laisse aux savants et aux historiens le soin de les élucider.

7. Le P. Séjourné, dans la Revue biblique du Ier janvier 1899, établit que c'est seulement depuis le VIIe siècle que le terrain de la Dormition fut considéré comme l'endroit de Jérusalem où Marie aurait rendu l'âme et que cette tradition ne présente qu'assez peu de sécurité ; d'autre part, des fouilles intelligemment dirigées par M. Jung ont montré l'exactitude de bien des détails de la vision de Catherine Emmerich.

Note complémentaire.

La première église catholique de Jérusalem fut, comme on le sait, fondée dès les premiers temps du christianisme, quand, par l'initiative de saint Jacques le Mineur, disciple de Jésus- Christ, l'on transforma en un temple sacré le cénacle de Sion, où Notre-Seigneur avait institué le sacrement de l'Eucharistie.

Après saint Jacques, qui en fut le premier pasteur, suivit une série non interrompue de trente-huit évêques, et, par une disposition du concile de Chalcédoine en 421, Jérusalem fut érigé en patriarcat, ayant sous son gouvernement cent trois diocèses sur le territoire qui s'étend de la Palestine au Hauran. Dans une région relativement petite, le nombre des évêques était si grand, parce qu'à cette époque toute grande ville avait coutume d'avoir son pasteur.

Pendant la longue période qui suivit la chute de l'empire latin, le siège patriarcal de Jérusalem demeura inoccupé, et ce diocèse était devenu un siège « titulaire » ou in partibus infidelium, comme on appelait alors ces sièges.

On n'ignore pas les efforts déployés par les fils de saint François d'Assise pour rétablir la religion catholique en sa primitive splendeur.

En 1847, Pie IX se résolut à désigner Mgr Valerga comme patriarche résident à Jérusalem. Ce prélat fit construire sa résidence, une modeste église cathédrale, un séminaire pour le clergé, et il fonda un chapitre de la cathédrale.

En 1866, la modeste résidence était déjà terminée, et le patriarche y menait la vie commune avec son clergé. Après Mgr Valerga, le siège fut occupé par Mgr Vinceni Bracco, en 1873, et, en 1889, par Mgr Louis Piavi.

Mgr Valerga créa le séminaire patriarcal, avec une belle église, à Bridschalla, à vingt minutes de Bethléem. En 1886, le

séminaire comptait vingt-huit élèves qui, presque tous, étaient de jeunes Arabes, qui recevaient pendant six années consécutives l'instruction réclamée par leur vocation ecclésiastique.

Six stations furent établies pour des missionnaires, pendant que des Franciscains, gardiens des Saints Lieux, possédaient dans toute la région vingt-sept cloîtres et hôpitaux, tous pourvus d'églises paroissiales, dont la plus grande était celle du Saint-Sauveur, laquelle devait pourvoir aux besoins spirituels de mille trois cent trente-cinq catholiques qui se trouvaient alors à Jérusalem.

Après la guerre de Crimée, une plus grande liberté ayant été concédée à l'Eglise, on implanta les congrégations de femmes, pour l'instruction des jeunes filles, des hôpitaux, des orphelinats, etc.

Le séminaire a été transféré en 1892 de Bridschalla à Jérusalem. Le nombre des catholiques, qui, en 1866,, s'élevait à six mille dans tout le patriarcat, atteignait en 1897 environ treize mille. Le séminaire comptait vingt-six élèves, dont deux Italiens, deux Hollandais, un Arménien ; les autres sont des Arabes indigènes. Le nombre des stations de missionnaires est parvenu à vingt-six : neuf dans la Judée, cinq dans la Samarie, quatre dans la Galilée, huit au delà du Jourdain. Elles ont pour objectif l'assistance à prêter aux curés dans le soin des âmes et dans la conversion au christianisme de tant de musulmans, d'hérétiques, etc.

La plus grande partie de ces postes de missionnaires possèdent une église et une école.

Il y a en tout quarante-deux écoles catholiques. La custodie des Lieux Saints s'est, elle aussi, beaucoup développée, et, désormais, elle compte quarante-neuf cloîtres avec quatre cent vingt Pères Franciscains, qui ont charge d'âme de soixantequatorze mille catholiques.

Ce n'est point seulement en Prusse et de l'initiative des Hohenzollern qu'est sortie la tentative de former une fédération de toutes les confessions, afin de promouvoir, à défaut d'une

unité dogmatique totalement impossible, une union extérieure et une coopération commune pour le maintien et la propagation du protestantisme,union qui comprendrait les Eglises dites orthodoxes. L'Eglise catholique fut elle-même sollicitée de prêter son concours ou du moins son nom à cette œuvre de Babel. La vraie Eglise ne comprend l'unité que dans la vérité.

Il s'en est trouvé cependant qui ont écouté et pensé suivre les promoteurs de ce mouvement. La Congrégation du Saint-Office leur a aussitôt prescrit l'abstention 8.

Nous avons dit ce qui a été essayé en Prusse ; des tentatives analogues se sont produites en Angleterre et en Amérique.

En Angleterre, M. Watson, dans le livre qu'il a publié sur ce sujet, dit (p. 740, 741) :

« C'est la pensée de bien des Anglicans qui reconnaissent que l'unité dans ces conditions est impossible. »

8. Décret du 2 juillet 1919, confirmant celui du 16 septembre 1864, et visant particulièrement la Société érigée à Londres « pour procurer l'unité de la chrétienté ».

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