Le mot était emprunté à Bismarck
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lutte de la civilisation protestante contre la civilisation catholique, des races du Nord contre les races du Sud.
L'anéantissement de la France ne paraissait pas bien difficile à nos envahisseurs pas plus qu'à ceux qui les avaient ainsi instruits.
Ils lancèrent donc avec assurance sur nous leurs innombrables corps d'armée et ils donnèrent ouverture à cette guerre des nations, que Donoso-Cortès prophétisait ainsi dès le 14 mars 1849:
Cette guerre générale, c'est le feu prenant à la fois à tous les coins de l'Europe et peut-être du monde. C'est le cataclysme universel, le plus grand cataclysme qui soit tombé sur les peuples, qu'auront vu les nations. L'Europe n'en sortira, suivant la prédiction de Napoléon, que républicaine ou cosaque, si elle n'en sort pas catholique; troisième issue que n'avait pas prévue le génie pénétrant du grand capitaine et du grand prophète.
Cette perspective du cataclysme universel n'arrêta nullement les hommes de la Kultur, qu'ils voulaient substituer à la civilisation chrétienne défendue par l'Eglise et son soldat aujourd'hui plus ou moins conscient, la France.
Les Prussiens sont d'habiles et prudents professeurs de guerre, mais une chose manque à leur habileté et à leur prudence ; ils ne calculent pas les ressources les plus précieuses, celles qui n'existent pas dans les arsenaux. Ils ont cru pouvoir briser les bras au premier choc ; ils n'ont pas prévu qu'ils réveilleraient les cœurs. La Prusse se proposait une conquête, son entreprise aboutit à une œuvre moins vulgaire. Elle détermina chez nous une révolution qu'aucun autre moyen ne pouvait introduire avec autant de succès : refaire la France. Refaire la France, sinon aujourd'hui, au moins quand les convulsions, suites de la guerre, auront pris fin. Que Dieu soit béni de la suite qu'il a donnée à nos fautes, que nous avions accumulées comme à dessein pour périr. Par la France, dans quelques années, le genre humain se dégagera de l'esprit de la Renaissance et des entraves du Protestantisme. Il se dirigera vers le pôle opposé pour rétablir dans le monde la vérité et la liberté.
Le 11 septembre 1914, lorsque l'Allemand commença à voir qu'il y avait encore des Français en France, le Times publia une conversation que le nouveau ministre d'Allemagne au Mexique venait d'avoir eue, avant son départ, avec son maître Guillaume IL L'Empereur, qui allait se porter sur le front de
bataille, exposa dans les grandes lignes à son ambassadeur ce qu'il comptait réaliser : « Nous devons, dit-il, prendre la France ou mourir. Il est nécessaire que Paris soit conquis et l'armée française subjuguée. Pour ce but l'armée allemande devra combattre jusqu'au dernier soldat. »
Même destinée était promise à l'Angleterre. Un ordre de Guillaume II, daté de son quartier-général d'Aix-la-Chapelle, le 19 août, et publié également par le Times, disait :
C'est mon commandement royal et impérial que vous concentriez toutes vos énergies, pour le présent immédiat, sur un objet unique, qui est d'employer toute votre habileté et toute la valeur de vos soldats, à exterminer, d'abord, les Anglais traîtres, et de marcher sur la méprisable armée du général French.
La Russie ne devait pas avoir un autre sort.
Le jour où l'armée a passé, dit Le Berliner Tageblatt, de la défensive à l'offensive restera mémorable pour l'Allemagne parce que désormais on se dirige vers le vrai objectif de la guerre qui est de détruire la puissance russe.
ce Sur ce but, a déclaré le chancelier, tout le j)euple allemand est d'accord. »
L'Allemagne se déclarait donc l'ennemie de tous les peuples et voulait faire la guerre à chacun, espérant bien les ruiner tous et établir sur leurs ruines sa domination universelle.
Ainsi avait pensé et espéré Démétrius. Guillaume II disait à la France, et à l'Angleterre, et à la Russie, et aux Etats- Unis, ce que le roi de Syrie avait dit aux Machabées défendant la nationalité du peuple de Dieu contre ses entreprises : « Comment oses-tu, toi, jouer l'indépendant vis-à-vis de nous? Descends dans la plaine et mesurons-nous. » On sait quelle espèce de succès la Providence divine ménagea à l'arrogance de Guillaume comme à l'arrogance de Démétrius.
Lorsque Jéhu, ce soldat de Dieu, apprit la mort de Jezabel, il donna ordre d'aller relever son cadavre et de l'inhumer décemment et il motiva ainsi son ordre : quia filia régis est, elle est fille de rois. Lorsque la Providence dira son dernier mot sur la race des Hohenzollern, ce ne sera sans doute point une parole de respect, un ordre d'honorer, car cette race n'est point fille de roi ; quand elle s'est donnée pour telle la Papauté a protesté ; elle n'est fille que du sacrilège et de l'adultère, de la rapine et du meurtre.
Les Pourquoi de la Guerre mondiale. — III n
Guillaume II, à s'en rapporter à ses discours, partageait ces sentiments de son peuple et même les excitait ; il nourrissait les mêmes convoitises et avait les mêmes projets. Et cependant, malgré ses rodomontades, il a toujours paru redouter d'entreprendre la guerre. C'est la conviction de M. Paul Vergnet à qui nous avons emprunté bien des renseignements * . De fait, il reculait toujours au moment où il paraissait vouloir jeter le gant.
Bien d'autres parmi ceux qui l'ont observé — et ils sont bien nombreux en Europe et dans le monde, — l'ont toujours considéré et jugé comme un homme emporté par deux courants, et indécis au moment de prendre une résolution irrévocable. Il était poussé à la guerre, à la grande guerre, par les traditions et tout le passé de sa famille, par ses propres ambitions, et par l'état d'esprit dans lequel il voyait son peuple. Mais il y a une prophétie qui, depuis des siècles, a été curieusement mise en regard des faits par ses ancêtres et qui a toujours été trouvée véridique. Elle semble annoncer, pour l'heure actuelle, une fin et une fin peu honorable pour la dynastie. Guillaume ne l'ignorait pas plus que ses prédécesseurs et il avait plus de motifs qu'eux pour s'en préoccuper, puisqu'après lui elle se tait, ayant annoncé le retour de son pays à l'Eglise catholique.
Après ses manifestations belliqueuses et après chacun des événements qui devaient, semble-t-il, le mettre en demeure de passer à l'exécution, la prophétie du moine Hermann de Lehnin paraît bien s'être présentée à son esprit et l'avoir obsédé d'appréhensions. En 1899, au moment des affaires bulgares, le parti militaire essaya de le pousser à la guerre. Il résista. Vint l'affaire du Maroc, on crut en Europe que l'Allemagne cherchait à se battre. Le parti militaire essaya de nouveau de circonvenir l'Empereur qui, une fois de plus, ferma l'oreille... « Je ne dis pas, dit M. Jules Huret, qu'il soit pacifique par humanitarisme, parce que l'intérêt de l'Allemagne et le sien, en cette occurrence, sont liés. »
I~n soir de printemps de l'année 1904, parlant à son entourage tout à fait intime, il se borna à dire : « I/armée doit
i. Le livre de M. Paul Vergnet a pour titre : La France en danger. L'organe officiel de la Ligue pangermaniste, les Altdctitschr Blactter, l'a ainsi apprécié : « On est surpris de voir combien, en général, les connaissant i e de ce Français sont exactes en ce qui concerne tant la politique extérieure que la politique intérieure de l'Empire. » N° de mars 1913.
rester forte et menaçante ; c'est grâce à la crainte qu'elle saura inspirer que l'Allemagne édifiera sa suprématie commerciale, industrielle, but suprême de ma vie ». Dans les milieux ardents, on a eu, semble-t-il, cette pensée que Guillaume ne voulait pas la guerre et qu'il ne la ferait pas, et la crainte que cette pensée inspirait engagea à employer pour le stimuler divers moyens, dont quelques-uns peuvent être appelés violents.
Dans son ouvrage, Si j'étais Empereur, M. Daniel Frymann lui fit entendre ceci : « Depuis la retraite de Bismarck, le mot « l'Allemagne est rassasiée » n'est plus en vogue. Notre développement historique et nos besoins économiques prouvent que nous avons de nouveau faim, une faim qui réclame de nouveaux territoires ; et cette situation impose à la politique allemande des destinées qui dépassent les prévisions de Bismarck ».
Le comte Von Reventlow lança un pamphlet sous ce titre : Guillaume II et les Byzantins. Ce nom désignait et flétrissait les courtisans de Guillaume. Un autre pangermaniste renchérit en faisant le public juge de ses soucis allemands. Il reprochait à l'Empereur de s'appuyer sur le Centre, toujours prêt à ratifier sa politique personnelle de capitulation à l'extérieur.
Ces stimulants ne parvenant point à faire sortir l'Empereur de son indécision, les pangermanistes voulurent, en 1908, lui mettre l'épée dans les reins.
Le 27 octobre 1908, le Daily Telegraph reproduisit une série de conversations de l'Empereur allemand avec divers personnages anglais, conversations qui avaient trait surtout à la politique étrangère de l'Allemagne depuis une dizaine d'années. Cette publication remua toute l'Europe. En Allemagne, la presse de tous les partis s'empara de l'incident qui fit, en même temps, à la tribune du Reichstag, l'objet de violentes discussions.
D'une façon presque unanime, l'Empereur fut blâmé. Des discours, des articles, des caricatures, qui eussent, peu auparar vant, exposé leurs auteurs à des poursuites justifiées pour délit de lèse-majesté, mirent impunément en cause, de la façon la plus outrageante, la personne de l'Empereur. Les journaux israélites se distinguèrent, entre tous. A leur tête s'est trouvé le juif Max Harden, rédacteur à la Zukunft. Trouvant son journal insuffisant, il parcourut les grandes villes de l'Allemagne pour y
donner des conférences dont la personne de Guillaume II était toujours l'objet principal.
En présence de ces protestations contre sa politique personnelle, Guillaume II ne trouva pas une voix pour le défendre lorsque l'affaire fut portée au Reichstag les 10 et 11 novembre. Son chancelier dut déclarer que dorénavant l'Empereur s'imposerait la réserve indispensable à la continuité de la politique et à l'autorité de la couronne. Le 17 novembre, une note officielle déclara l'adhésion de l'Empereur aux engagements pris en son nom par le chancelier.
Cependant le conflit, au lieu de s'apaiser, s'aggrava. On s'attaqua aux amis de l'Empereur qui furent honteusement déshonorés par des révélations sensationnelles, et cela dans le but de l'isoler. Le Juif Maximilien Harden commença la publication d'une revue hebdomadaire, « V Avenir », le Zukunft, qui aussitôt prit une grande importance. Cette campagne eut pour but et pour effet de disperser la puissante camarilla d'Eulenbourg, non par souci de la morale, les vices de Philippe d'Eulenbourg importaient à ce Juif moins que les opinions de ce prince et son crédit sur l'Empereur. Ce courtisan était en effet opposé à une guerre éventuelle avec la France.
Sous cette pression, Guillaume II posa des actes en rapport avec ses discours. Le coup d'Agadir avait été monté par M. Kederlin-Waechter, qui était alors secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères. C'est lui qui prescrivit, non certainement sans autorisation de Guillaume, au commandant de la canonnière Panther de jeter l'ancre en rade du petit port, dans l'espoir d'une guerre franco-allemande. La guerre ayant été évitée, les pangermanistes dans la Post s'en prirent directement à ceux qu'ils qualifièrent de « valeureux poltron » et ils obtinrent la désapprobation publique de Guillaume II par son propre fils, dans un livre publié en mai 1913, sous ce titre : L'Allemagne en armes. Le Kronprinz y avait collaboré, et il écrivit à l'occasion de sa publication: ce Si le peuple allemand tout entier est décidé à risquer joyeusement sa bourse et sa vie, le monde peut être plein de diables, nous saurons en triompher. »
Résolu à poursuivre coûte que coûte l'instauration de « la grande Allemagne », les pangermanistes insistèrent dès lors plus que jamais, ils firent entendre qu'ils iraient jusqu'à un coup
d'Etat et à une révolution. Daniel Frymann donna à son livre, Si y étais V Empereur, cette conclusion :
La malencontreuse activité de Guillaume II et l'insuffisance de ses conseillers ont rendu insupportable la forme actuelle du gouvernement... Les manquements inouïs des personnages les plus haut placés, tels qu'ils ont été révélés dans la « semaine noire » (la semaine de la soumission de Guillaume II) d'automne 1908, et depuis par la débâcle de la politique marocaine de Bethmann-Holweg et de Kederlin-Waechter, ont soulevé la question de savoir s'il n'était pas urgent de penser à un régime parlementaire.
La Gazette du Rhin et de Westphalie disait de même le 14 février 1913 :
Le désir de grandeur et d'unité pourra de nouveau faire palpiter la nation allemande, et si alors les princes n'ont connu dans leur politique que le droit des princes, les Etats particuliers, les alliances princières et les intérêts des petites cours, alors le mouvement national deviendra démocratique, comme il le fut en 1848, parce qu'on ne pourra plus trouver le salut qu'en balayant tous les princes 2.
La menace, on le voit, s'adressait non seulement à l'Empereur, mais à tous les rois et princes d'Allemagne que l'on poussait tous à la fois contre la France, l'Angleterre et la Russie.
Il est difficile de croire qu'une ligue, qu'une association quelconque, formée et agissante dans un royaume gouverné militairement comme l'est la Prusse, ait pu se montrer audacieuse au point de formuler de telles menaces contre la personne de l'Empereur et la forme du gouvernement, si cette Ligue n'eût été encouragée, soutenue et défendue par une association plus vaste, tenant entre ses mains le sort des souverains et des empires. Nous touchons ici, pour ainsi dire du doigt, l'intervention plus ou moins cachée, de la secte judéo-maçonnique et nous entrevoyons la part prépondérante qu'elle a prise dans les événements qui troublent actuellement le monde.
En effet, tandis qu'elle fomentait, en Allemagne, l'état d'esprit que nous venons d'exposer, cette secte agissait partout pour préparer et hâter la conflagration générale.
En 1912, l'agence internationale romaine appela l'attention
2. M. Paul Albert Helmer a publié dans la Revue de Paris du 15 avril 1913, une étude : Guillaume II et les Pan germaniste s, où il expose la lutte engagée depuis vingt ans, dit-il, entre la Ligue pangermaniste et Guillaume II. Sa pensée concorde avec celle de M. Paul Vergnet.
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sur une agitation singulière qui se produisait en ce moment dans le monde juif :
Partout, disait-elle, ils renforcent leurs organisations existantes. On dirait qu'ils sentent l'approche d'événements extraordinaires et qu'ils veulent se trouver prêts lorsque viendra l'heure d'un événement important qu'ils prévoient, mieux vaut dire peut-être qu'ils préparent. Tels les oiseaux s'agitent à l'approche d'une tempête qu'ils sentent venir alors que les hommes n'en ont aucun pressentiment.
Voici les faits qu'elle signalait parmi les plus récents :
Le 30 juin, les membres de puissantes sociétés juives mondiales ont organisé à Franefort-sur-le-Mein, en Allemagne, une séance de la direction de la société « Samopomoc » (Selfheip), qui, de concert avec les autres grandes organisations juives philanthropiques, travaille à l'œuvre d'amélioration économique et culturale de leurs coreligionnaires dans la Pologne autrichienne. La Société « Samopomoc » a son siège à Léopold (Lwow) ; elle s'est constituée grâce à la propagande d'un certain M. Lowenstein avec l'appui imprudent des autorités locales. Son conseil dirigeant est formé de deux sionistes, de deux Juifs assimilateurs, c'est-à-dire qui se disent Polonais, et de deux socialistes. L'organisation couvée par les autorités locales à Léopold a pris un singulier développement dans l'Europe entière.
En Galicie, les synagogues travaillent pour la fondation d'une « Union sacrée » parmi les rabbins, dans un but hostile vis-à-vis des chrétiens. Les groupes sionistes, leurs organisations d'expansion, la « Ito » et la « Ika », se remuent sans trêve. On signale une expansion croissante des groupes juifs en Palestine, en Mésopotamie, et en général dans l'empire ottoman.
On a annoncé la fondation de la Ligne hispano-juive à Ceuta pour l'accaparement du Maroc espagnol. Quant au Maroc français, c'est l'Alliance israélite qui agira. On note déjà une prépondérance des Juifs à Tripoli, parmi la population indigène, depuis la conquête.
Le congrès des « territorialistes » juifs a occupé quatre jours de la première semaine du mois courant à Vienne, sous la présidence d'un Juif anglais, M. Israël Zangwill. Les « territorialistes » sont une fraction des sionistes qui mènent une campagne très vive pour arriver à coloniser la Palestine. Les « territorialistes » font, eux, des démarches pour obtenir d'un grand Etat colonial un territoire où les Juifs émigrés de la Russie pourraient s'installer. Pendant le congrès de Vienne on délibéra surtout sur la colonisation de l'Angola portugaise. On décida de créer une banque coloniale avec vingt-cinq millions de couronnes comme fonds.
On annonce qu'un congrès de toutes les sociétés juives du Progrès Social aura lieu bientôt à Varsovie. Le nombre des Juifs qui, après leur expulsion de la Russie, se sont réunis à Varsovie, dépasse deux cent cinquante mille.
Un mouvement semblable se remarque en Amérique, particulièrement aux Etats-Unis et au Canada. Dans ce dernier pays, les Juifs viennent d'organiser leur grande Ligue de la jeunesse israélite (Young Mères Hébreu Association).
Lue année ne s'était pas écoulée depuis que ce mouvement d'organisation avait été ainsi signalé, que la Serbie envoyait à
la Turquie un ultimatum que la Turquie repoussait ; et aussitôt étaient publiés les décrets de mobilisation en Turquie, en Bulgarie, en Serbie, au Monténégro et en Grèce ; l'armée autrichienne était sous les armes, une partie importante de l'armée russe était mobilisée, l'armée italienne était prête à se jeter du côté où la penchait son intérêt, et le gouvernement allemand sollicitait d'urgence le Parlement de voter une somme énorme, que le peuple aurait à fournir en vue des événements qui se préparaient.
Que s'était-il passé? Sans aucun doute une pression exercée partout par la secte judéo-maçonnique présente partout et ayant partout les moyens d'agir. Elle croyait l'heure venue de frapper le grand coup.
Le premier à entrer dans ses desseins fut Guillaume II et son peuple. Le Kaiser, mettant fin à ses hésitations, voulut réaliser les ambitions manifestées alors qu'il n'était encore que Kronprinz et acquérir la gloire de donner à ses successeurs la ce grande Allemagne », comme Guillaume Ier leur avait donné l'Empire.
Note complémentaire.
A la mi-novembre 1918, le gouvernement bavarois a publié des documents sur les origines de la guerre. Ces documents démontrent que Guillaume II a poussé l'Autriche à la déclarer. Dans une dépêche du 31 juillet 1914 il était dit : « La mobilisation aura lieu au plus tard samedi 1er août, à minuit. Le grand état-major prussien voit venir la guerre avec la France avec la plus grande confiance. Il compte que la France sera abattue en quatre semaines. L'esprit général est mauvais dans l'armée française; la France a peu de canons à tir rapide et un mauvais fusil. »
Sur la question belge, ce même document dit : « L'Allemagne ne peut pas respecter la neutralité de la Belgique. Le chef du grand état-major a déclaré que même la neutralité anglaise serait trop chèrement payée, si on devait respecter la Belgique, car une guerre offensive contre la France n'est possible que sur la ligne de la Belgique. » Le Morning Post, en publiant ces pièces, fit remarquer que les révélations qu'elles contenaient causèrent une sensation formidable dans toute l'Allemagne, particulièrement à Berlin.
A la conférence socialiste qui se tint à Berne en 1919, le délégué autrichien Friedrich Adler déclara que la guerre avait parfaitement été préparée par l'Autriche-Hongrie, de concert avec l'Allemagne. « L'Autriche-Hongrie n'aurait pas commis la bêtise de faire la guerre si elle n'avait pas été assurée de l'appui de l'Allemagne. »
Depuis de longues années, la secte n'avait cessé d'affirmer sa résolution d'anéantir l'Autriche, et Guillaume II avait des raisons personnelles de la présenter au monde comme ayant été la cause première de la catastrophe de 1914. L'Empereur était à la fin de ses jours et François-Ferdinand, son héritier présomptif, donnait pour son peuple les plus belles espérances et de grandes craintes à Guillaume II. En janvier 1919, le journal
le Cech, de Prague, fit des révélations qui donnaient à entendre que l'archiduc pouvait être considéré comme l'adversaire du Kaiser. L'organe catholique ajoutait que chaque fois que François-Ferdinand devait rendre visite à Guillaume II, aussitôt délivré de cette corvée, il arrachait et rejetait loin de lui l'uniforme prussien qu'il avait dû revêtir et qu'il exécrait ».
Le Cech remarquait que le précepteur des enfants de l'archiduc, le Dr Stanowsky, qui était le confident du prince, pouvait fouruir des renseignements intéressants sur l'assassinat de François-Ferdinand à Konopischt. L'entourage du prince déclara ensuite que l'on avait trouvé dans le parc de Konopischt des envoyés spéciaux de l'empereur Guillaume, ayant pour mission d'assassiner l'archiduc. L'attentat aurait été mis sur le compte des Tchèques et plusieurs régiments prussiens étaient massés à la frontière et prêts à envahir la Bohême.
Quand l'Autriche adressa à la Serbie son ultimatum, le ministre allemand des Affaires étrangères se hâta d'en télégraphier la teneur exacte à Guillaume IL La Serbie s'inclina, se contentant de demander des précisions sur deux articles. L'Autriche déclara les négociations rompues, et l'Allemagne fit immédiatement savoir à Saint-Pétersbourg qu'elle approuvait l'Autriche. Et comme la France, l'Angleterre et l'Italie continuaient à vouloir le maintien de la paix, l'Allemagne multiplia les réponses et les mesures dilatoires destinées visiblement à procurer à l'Autriche le temps d'en finir avec les Serbes.
A une dépêche où le tsar Nicolas II alléguait avec émotion à Guillaume II, pour l'engager à ne pas pousser les choses plus loin, « la longue amitié des deux pays, des deux familles et des deux princes », Guillaume répondit par une fin de nonrecevoir dont la brutalité était à peine voilée. L'Angleterre, de son côté, s'ingéniait en efforts et en combinaisons pour prévenir la catastrophe imminente. Ajoutons que le 31 juillet l'Autriche consentait à soumettre la question à un arbitrage. L'Allemagne, elle, n'avait cessé depuis quelque temps de susciter les incidents agressifs dans le but de nous faire prendre l'initiative des hostilités. Il n'en fut rien. Alors l'Allemagne envoya à Paris son ultimatum plein d'allégations absolument mensongères; et aussitôt après avoir violé la neutralité belge, se précipita sur le territoire français avant la déclaration de guerre.
En janvier 1920 parut à Berlin, à la librairie Curtius, une brochure écrite par un Allemand, intitulée : Lettre d'adieux de Guillaume II au peuple allemand. L'Empereur fugitif y est censé dire à son peuple de dures vérités :
Hypocrites, leur dit-il, vous savez bien que cette guerre, vous l'avez voulue. Vous savez bien que je tardais trop à la déclarer selon vos désirs, bien que, pour envahir la France, nous devions violer la neutralité belge, puisqu'à vos députés du Reichstag on expliquait, en commission, pourquoi il fallait construire des chemins de fer stratégiques et puisque tous, en séance, socialistes compris, votaient les crédits demandés. Si nous n'avions pas perdu la partie, je serais pour vous le plus grand monarque de tous les temps. Si vous me reniez, reniez-vous vous-mêmes et toute votre histoire.
Ce qui est dit ici tous les Allemands sensés et sincères doivent se l'avouer et même le dire, du moins à voix basse.
Voici l'un des passages les plus intéressants de cette brochure:
... Tous les jours, j'entendais dire par les gens instruits et par les ignorants de la nation que l'Allemagne avait annuellement un excédent de huit cent mille âmes pour lesquelles le cadre étroit de notre pays ne suffisait plus. En outre, l'industrie allemande produisait annuellement plusieurs centaines de millions de marks de marchandises de plus que n'exigeaient les besoins de la nation. Je devais donc fonder des colonies et créer de nouveaux débouchés, et comme il n'existait plus de territoires libres dans le monde, il me fallait donc les enlever à ceux qui les possédaient. Cela pouvait-il se passer autrement que par la force, autrement que par la guerre, par une guerre mondiale ?
... La flotte, que j'ai toutefois créée sans vous et malgré vous, n'étaitelle pas la conséquence inévitable de la politique coloniale de ce grand style que vous projetiez, vous, les insatiables ?
... Naturellement, l'Angleterre ne pouvait tolérer une flotte aussi puissante à côté de la sienne. Chaque enfant le voyait et vous-mêmes n'avez pas manqué de le reconnaître. Mais cela vous a-t-il détourné de votre politique d'expansion? Absolument pas! Non, pas du tout. Vous avez compté sur ce conflit plus que moi-même, beaucoup plus que moi !
... Que ce cauchemar viendrait c'était une chose certaine. La question était de savoir s'il aurait lieu sous mon règne ou sous le règne de mon successeur.
L'Allemagne voulait la guerre.
... Les plus jeunes éléments de la social-démocratie, du parti en principe hostile à la guerre, n'ont-ils pas accepté les idées et les efforts impérialistes des pangermanistes ? En 1913, la social-démocratie n'a-t-elle pas voté les crédits supplémentaires pour la défense nationale ? Ne devais-je pas croire mes conseillers, me disant depuis 1911, lorsque j'avais pour la troisième l'ois sauvé la paix (\u monde d'un danger imminent, (aie si je sauvais encore une fois la paix, je gagnerais peut-être le prix Nobel,
mais perdrais ma couronne ? N'y eut-il pas un soupir de soulagement parmi vos rangs, lorsqu'enfin je déclarai la guerre à la Russie et à la France ? A ce moment, je vis que mes conseillers avaient vu juste dans vos idées. Ce ne fut que quand l'Angleterre nous déclara la guerre que mon courage m'abandonna. Je vis venir le destin implacable, le terrible dilemme, mais vous fûtes aveugles et vous restâtes aveugles.
... Quatre-vingt-treize chefs intellectuels de la nation ont signé, dans les premiers jours de la guerre, le manifeste intitulé : ce Ce n'est pas vrai », dans lequel, tout en invoquant Kant, Goethe et Beethoven, et au nom de tout ce qui est sacré pour un Allemand, ils assuraient le monde d'autant d'inexactitudes qu'ils émettaient de prétentions. Ce manifeste volontaire et les nombreux écrits et articles mensongers émanant des esprits les plus éclairés de la nation ont déshonoré le nom allemand dans le monde et non pas les quelques mensonges obligatoires de mon ministre.
... Vous auriez déjà pu avoir la démocratie et l'empire il y a soixante-dix ans, sous Frédéric-Guillaume IV, et vous auriez pu vous épargner, à vous et au monde, les trois guerres de Guillaume Ier. Si vous me chassez maintenant, c'est que toute l'histoire allemande des deux dernières générations aura été une grande erreur et une grande perte de temps.
... Je n'aurais pas cru que vous me renversiez, moi et tout mon passé qui date de cent ans. Non, je n'aurais pas cru cette chose possible, et c'est parce que je n'y croyais pas que j'ai attendu deux jours d'abdiquer, ce qui fut un bien court délai pour un bouleversement aussi fondamental. Votre volonté est faite. Et ce dernier service que je vous ai rendu en abdiquant est encore un effet de votre volonté, comme tous les services innombrables que moi-même et ma maison vous ont rendus pendant un siècle. Tout cela n'arriva que par votre volonté et non par la mienne.
C'est afin que vous le sachiez, vous et vos enfants, jusque dans les générations les plus éloignées, que j'ai écrit cette lettre d'adieux. Afin que vous sachiez que, si vous avez du malheur et de l'amertume, c'est à vousmêmes qu'il faut le reprocher.
M. Clemenceau, s'appuyant sur l'ouvrage édité en février 1916 par les soins du Grand Etat-major allemand sur l' Industrie en France occupée, a observé que cette agression n'était pas seulement due au rêve de domination militaire qui hantait la Prusse, que c'était aussi une conspiration précise et bien calculée, en vue d'exterminer la France industriellement et commercialement aussi bien que militairement. Il aurait pu ajouter que cette conspiration visait la France jusque dans ses racines, allant jusqu'à vouloir anéantir la race française,
Le Dr Calmette a fait à l'Académie de médecine une communication sur l'état hygiénique de Lille pendant l'occupation. L'exposé de Péminent directeur de l'Institut Pasteur lillois
s'applique, proportion gardée, aux autres grands centres industriels du Nord et de toute la région occupée.
La ville de Lille comptait, lors de la déclaration de guerre, deux cent vingt mille habitants. Au jour de la délivrance il n'y en avait plus que cent dix mille. La moitié de la population avait disparu. M. Calmette évalue à soixante mille environ les départs effectués par la mobilisation, et à vingt-cinq mille les évacuations de jeunes hommes, jeunes filles, adolescents et vieillards enlevés pour travaux forcés au profit de l'Allemagne, en tout quatre-vingt-cinq mille. Sans la guerre le chiffre de deux cent vingt mille habitants se serait maintenu ou plutôt eût été dépassé, le nombre des morts n'égalant point celui des naissances, lesquelles ont été au nombre de quatre mille pendant l'occupation : soit deux mille cent cinquante-quatre en 1915 et une moyenne de six cent vingt pour les trois années suivantes. La mortalité a donc été bien grande à Lille durant les quatre années passées sous le joug de l'Allemand. De fait, tandis que dans les années qui ont précédé 1914 la moyenne des décès était de dix-neuf à vingt-et-un par mille habitants, elle atteignit progressivement de 1915 à 1918 : 27,73; 29,26; et enfin 41,55 par mille, et cela alors que la mortalité enfantine qui représentait 18 % des décès était devenue presqu'insignifiante, les naissances étant devenues rares. Ce sont les jeunes gens qui furent frappés par la mort en plus grand nombre, ceux transportés sur les chantiers du front par l'autorité allemande. Ils succombèrent là aussi sous le feu auquel on les exposait, les autres périrent par le froid, par la faim, ou rentrèrent chez eux avec de graves lésions pulmonaires qui ne tardèrent point à les enlever. A cela il faut ajouter l'insuffisance toujours croissante de l'alimentation, causée par les entravements que nos occupants apportaient au ravitaillement de leurs victimes. Ceux qui virent dans cet ensemble de choses un calcul ne se trompèrent sans doute point. Et si l'Allemand était parvenu à s'emparer de Paris et de là occuper toute la France, que serait-il advenu de la race des Francs ? Cette question se pose plus poignante encore quand on considère non plus seulement les paroles et les intentions de nos bourreaux, mais leurs actes. Nous n'essayerons pas d'en faire le tableau, nous nous contenterons de reproduire les chefs d'accusation portés contre eux par la seconde sous-commission
de la Conférence de la paix. Au cours de son enquête, cette commission a relevé ces trente catégories de crimes :
1° Massacres de civils.
2° Assassinats d'otages.
3° Tortures infligées à des civils.
4° Famine créée chez les civils.
5° Rapt.
6° Enlèvement de femmes et de jeunes filles dans le but de les livrer à la prostitution 3 .
7° Déportation de civils.
8° Internement de civils dans des conditions inhumaines.
9° Travail forcé de civils pour les opérations militaires de l'ennemi.
10° Usurpation de souveraineté au cours de l'occupation.
11° Enrôlement forcé parmi les habitants des pays occupés.
12° Pillages.
13° Confiscations de propriétés.
14° Exactions par réquisitions ou contributions illégitimes ou exorbitantes.
15° Avilissement et émission illégale de papier-monnaie.
16° Imposition de pénalités collectives.
17° Dévastations et destructions par plaisir.
18° Destructions criminelles et bombardement de villes non défendues.
19° Destruction illimitée d'édifices et de monuments religieux, charitables, historiques et d'éducation.
3. A Rome et à Paris, Mgr Charost, évêque de Lille, a fait d'émouvantes conférences sur les souffrances de cette ville pendant l'occupation allemande. Il parla des jeunes filles chassées et enlevées à leurs familles le lundi de Pâques 1916. Pour cette opération les Allemands avaient placé à tous les coins de rues des sentinelles en armes et des mitrailleuses aux carrefours. Ils transportèrent leurs victimes dans les Ardennes ou les présentèrent comme des femmes de mauvaise vie dont ils purgeaient la région lilloise. Ces jeunes chrétiennes ne tardèrent pas à triompher de cette calomnie par leur conduite irréprochable. Ce qui n'empêcha point les Allemands d'offenser leur pudeur par d'ignobles inspections plusieurs fois répétées.
A Lille, Mgr Charost a protesté contre les évacuations de la population mâle qui ont eu lieu pendant tout le temps de l'occupation, et contre l'emploi qui a été fait de nos compatriotes à des travaux forcés présentant une utilité militaire pour l'ennemi. Son intervention n'a eu d'ailleurs aucun résultat, et un mandement, dans lequel il prescrivit aux prêtres d'interdire à leurs paroissiens d'exécuter des travaux préjudiciables à la patrie, lui a valu deux mille cinq cents marks d'amende, avec menace d'internement.
20° Coulage de navires marchands ou de navires à passagers sans examen ni avertissement.
21° Destruction de bateaux de pêche ou de ravitaillement.
22° Bombardements d'hôpitaux.
23° Attaques et coulages de navires-hôpitaux.
24° Autres infractions aux règlements de la Croix-Rouge.
25° Usage de gaz délétères et asphyxiants.
26° Emploi de balles explosives4.
27° Ordonnances de ne faire aucun quartier.
28° Mauvais traitements envers les prisonniers de guerre.
29° Emploi abusif des drapeaux employés pour les suspensions d'armes.
30° Empoisonnement de puits.
Et que l'on ne croie^point que ces crimes n'aient été commis que par des scélérats agissant de leur propre mouvement. Ces criminels n'ont agi que par ordre.
Les quatre-vingt-treize docteurs des universités allemandes qui ont publié un manifeste pour la défense des leurs, y ont fait cet aveu : « Nous n'exerçons aucune cruauté indisciplinée ; on ne doit pas reprocher à des Allemands d'être cruels ni d'être voleurs quand ils sont de service commandé. »
Parmi les documents publiés par le gouvernement bavarois se trouve celui-ci, tiré des archives du commandant de la place Chatel-Chehéry (Ardennes) :
« Nous n'avons absolument aucune raison pour épargner la population française. En conséquence, je vous réitère l'ordre de
4. Un abonné belge à la Dépêche de Lille a écrit que voulant débarrasser, avec l'aide d'un de ses amis, une balle de fusil du plomb qui paraissait la remplir, il vit, avec une surprise épouvantée, cette balle s'enflammer au contact du feu dont il l'avait approchée. Il souffla sur la flamme sans pouvoir l'éteindre et jeta l'engin au loin, où il continua de brûler pendant quelques secondes encore. Ayant nettoyé la balle, puis l'ayant examinée avec soin, il constata qu'elle était plus allongée que les autres, et portait sur le côté un petit orifice par lequel la matière intérieure s'était dégagée. Sur les cinq cents cartouches, environ, qui avaient été trouvées par les deux camarades, une douzaine seulement présentaient cette étrange particularité.
Ayant scié l'une de ces balles, ajoute la Dépêche, notre correspondant et son ramarade ont constaté qu'elle contenait une matière qui dégageait une odeur aliacée et qui leur a paru être un composé de phosphore. Ils ont été amenés à conjecturer que l'échauffement de la balle par l'inflammation de la poudre et le frottement dans le canon du fusil devait suffire à fondre la mince rouche de plomb qui scellait l'ouverture et à enflammer le phosphore.
On peut se faire une idée des atroces souffrances que devait éprouver un malheureux touché par un tel projectile ; il était condamné à expirer après quelques instants de véritable torture.
vous enquérir exactement du point jusqu 'auquel on peut infliger des impôts aux habitants et l'ordre de ne pas vous laisser émouvoir, au cours de cette opération, par une sotte compassion pour les gens du pays. Ce serait peut-être bon de savoir s'il n'y aurait pas lieu d'infliger parfois de la prison aux habitants, afin d'assurer le succès du projet. » L'ordre porte la signature de Vollbrecht.
« Nous Allemands, nous ne devons pas faire de sentimentalité. Soyons durs, c'est-à-dire soyons féroces : nos ennemis nous craindront 5. »
« La guerre doit être un instrument dur et rude. Elle doit être aussi impitoyable que possible... C'est pourquoi l'Allemagne est autorisée à user de tous les moyens de guerre existants pour abattre son adversaire G. »
« Modestie, de notre part, serait pure folie... La guerre ne doit laisser au vaincu que les yeux pour pleurer 7. »
C'est le chef, l'empereur Guillaume II, dont nous avons fait entendre la voix, s'élevant avec autorité au-dessus de toutes les autres, qui prescrivait cette conduite inhumaine.