EN EUROPE ET DANS LE MONDE
les pays de l'Entente. Partout les grèves éclatèrent. Elles furent excitées et surexcitées dans tout le cours du mois de juin : les ouvriers des usines de produits chimiques, des fabriques de carrosserie, d'automobile, les travailleurs de l'habillement amorcèrent le mouvement. Pour des raisons qui ne furent point dites, les mineurs du Nord qui devaient attendre jusqu'au 15 juin se mirent en grève le 30 mai ; le Métropolitain et les Transports Parisiens entrèrent dans le mouvement le 4 juin ; les employés des Omnibus ne trouvèrent de revendications professionnelles à présenter que plusieurs heures après la déclaration de grève. Enfin les métallurgistes reçurent le 2 juin un ordre de grève inattendu. Cette grève fut la plus violente de toutes. Elle se prolongea jusqu'à la fin du mois, maintenue par une infime minorité qui l'imposa aux autres par la violence et elle ne s'éteignit qu'après avoir tout tenté pour généraliser le mouvement, fait appel vainement au cartel des autres corporations, et épuisé et même endetté les caisses syndicales.
Nous ne dirons rien de ce qui se passa dans les autres pays, et pour ce qui est de la France nous sommes très brefs, et la raison en est que ce premier essai de bouleverser le monde échoua. En dépit des mensonges, des menaces et des violences, en dépit de l'or allemand et bolchevik, et bien que la C. G. T. ait dit : « Nous ordonnons », les ouvriers et en tête les ouvriers de France, voyant clairement le caractère, non professionnel, mais politique, et même révolutionnaire de ce qu'on voulait obtenir par eux, se cabrèrent et déclarèrent qu'ils n'iraient pas plus loin, qu'ils cesseraient d'obéir à des ordres contraires à leurs statuts et à l'intérêt de leur pays. D'ailleurs,* le gouvernement s'était décidé, un peu tard, à employer la répression ; et la C. G. T. battit en retraite et décommanda la grève générale.
C'est en Espagne que cette révolution avait été concertée avec les Allemands, et c'est de là qu'elle fut dirigée bien longtemps avant qu'elle n'éclatât. Le 31 novembre 1918, le major Von Kall avait envoyé à son gouvernement à Berlin la note suivante :
L'attaché militaire allemand à Madrid propose aux dirigeants de Berlin un plan d'action ayant pour hul do provoquer IV'dosion du bolchévismc
LA PAIX WILSONIENNE. 207
en France, ou, « s'il est vrai que l'on ne puisse pas compter sur une victoire du bolchévisme en France », dans un coin du pays seulement. Et ce serait suffisant pour effrayer le gouvernement et le décider à tenir compte des désirs exprimés par les socialistes touchant les conditions de t'aix.
De son côté, l'attaché naval allemand en Espagne, lieutenant Steffan, avait fait des propositions semblables à l'amirauté allemande. Le 20 novembre 1918, l'Amirauté répondit à l'attaché naval :
L'Amirauté accepte les propositions de l'attaché naval d'exercer une action sur les milieux ouvriers espagnols par des agents et sur les socialistes français par l'intermédiaire d-3 Longuet, pour obtenir des conditions de paix « supportables ». oc Faites, de concert avec votre ambassadeur, tout ce qui est possible dans le sens de votre proposition. »
Berlin, on le voit, visait tout d'abord son intérêt : mais le mal des autres n'était pas négligé.
Au-dessus de l'Allemagne, il y avait, il y a toujours, agissant dans le même sens, la banque internationale.
En juin 1920, le Docteur Chevalier, président de la section A. F. du VIe arrondissement, a organisé dans la salle des Sociétés savantes une réunion où étudiants, ouvriers, hommes du monde se serraient en grand nombre. M. Boubée de Gr amont y montra le rôle de l'or dans les mouvements révolutionnaires qui agitent le monde à l'heure actuelle. Il énuméra les indices où se révèle la main de la richesse anonyme et vagabonde à laquelle il opposa la richesse française qui est sortie du sol pour récompenser le travailleur qui fait vivre le pays après lui avoir sacrifié son sang pendant la guerre. Il montra le devoir du gouvernement, devoir qui s'impose plus que jamais de s'opposer à l'immixtion de la finance internationale dans les affaires françaises.
Depuis la guerre, la Haute Banque internationale a déplacé certains de ses sièges sociaux, par exemple, celui d'Allemagne, organisé par Bleichrœder, Ballin et autres Hébreux, les usines Krupp, l'« Alliance de Francfort » avec ses ramifications étrangères (groupe Caillaux en France, Banque commerciale en Italie, certaines entreprises espagnoles, etc.). Son centre de gravité s'est partiellement porté du côté de l'Amérique avec laquelle la banque allemande est étroitement liée. New- York est devenu par là l'un des centres les plus importants de la Haute Banque et, par conséquent, de la haute politique juive. Ses organes y