‹ Les pourquoi de la guerre mondialeChapitre 65 sur 146 · New England Crafstsmen de février 1918, p · texte numérisé non relu

New England Crafstsmen de février 1918, p

Ministre des Affaires étrangères russe Sasonoff. Les nouvelles importantes devaient être communiquées à l'Empereur.

Ces rapports secrets avaient trait non seulement aux relations anglo-russes, mais à toute la politique des Etats de l'Entente. Toute la politique de la Russie dans la question des Balkans y était consignée.

Parlant de la guerre de 1914-1918, M. Clemenceau a déclaré au représentant de V Association Press que : « Ce n'était pas seulement un rêve de domination militaire de la part de la Prusse; c'était une conspiration précise et bien calculée en vue d'exterminer la France industriellement et commercialement aussi bien que militairement. »

Cette conspiration avait-elle chez nous des intelligences? Ce que nous venons de dire le donne à entendre ; mais de plus les procès retentissants faits à plusieurs de nos gouvernants et à leurs instruments ou complices ne laissent point de doute. C'est l'ambition et la cupidité qui ont été la cause première de leurs trahisons d'avant-guerre et de guerre, mais la secte n'a pu n'y être point étrangère.

Plusieurs de ces malheureux ont été condamnés à mort, d'autres à diverses peines, plusieurs ont échappé à la justice, tous ont été flétris dans l'esprit de tous les vrais citoyens d'une note infamante.

Les débats devant le tribunal militaire ont démontré que Caillaux était comme l'araignée au centre de la toile d'espionnage où avaient été pris Bolo, Malvy, Leymarie, Almereyda et Jacques Landau. Caillaux accréditait ses complices auprès du gouvernement allemand, et du côté français il leur servait de répondant auprès des quatre présidents du Conseil qui se succédèrent : Viviani, Briand, Ribot et Painlevé. C'est la triste histoire des trois premières années de guerre. La Chambre qui entra en exercice en 1914 avait été élue en grande partie par M. Malvy, ministre de l'Intérieur, soumis aux directions de M. Caillaux. Sa majorité, à quelques voix près, a toujours agi comme si elle avait voulu un rapprochement avec l'Allemagne. Il n'y a peut-être jamais eu dans l'histoire un groupement parlementaire aussi parfaitement étranger et même hostile, à en juger par ses actes, à la besogne de défense nationale qui s'imposait à lui.

Toute l'administration gouvernementale était à l'image des gouvernants. La préfecture de police était commandée par un Almereyda et un Maunoury, la préfecture de la Seine par un Dubarry (sous le nom de Delanney), la magistrature par un flibustier, la garde des Sceaux confiée à un Viviani, le service de renseignements à un bas coulissier au service de l'ennemi tel que Ladoux, les postes essentiels de l'Intérieur et de la Sûreté Générale confiés à un Malvy et à un Leymarie, la viceprésidence d'une commission de l'armée confiée à un Charles Humbert.

Les articles quotidiens de M. Léon Daudet dans V Action française avant et après la paix ont mis tout cela en pleine lumière. Voici, écourté, celui qu'il publia le 22 septembre 1919 :

La trahison de Joseph Caillaux avait une main droite et une main gauche. Ton-Jo tendait la main droite à Judet, à l'Eclair. Ton-Jo tendait la main gauche à Almereyda, à Paul Meunier (alors collaborateur au Bonnet rouge), à Jacques Landau, à Albert Dubarry, à Para dit ce Clairet » (actuellement embauché au Journal du Peuple sous un autre pseudonyme) . Ton-Jo tendait la main financière à Emile Ullmann du Comptoir d'Escompte de Paris, aux gebriider Merzbach du Gil Blas, à Rosenberg, à Arthur Spitzer, à toute une racaille de Bourse et de Coulisse, par ailleurs dévouée à l'Allemagne. Ton-Jo tendait la main crapuleuse aux frères Trivier (Alfred et Armand), policiers et maîtres chanteurs, à Napoléon Poggiale, actuellement patron de brasserie à Marseille, à une cinquantaine de cambrioleurs et d'escarpes auxquels commandait son défunt ami, le député Ceccaldi. Ton-Jo tendait la main judiciaire au président Albanel, au président Monier. Ton-Jo tendait enfin la main allemande à Jagow, à Lancken, à von Schoen, à Marx de Mannheim et enfin à Guillaume IL A l'heure où j'écris, toutes ces mains sont prises dans le sac du procureur Lescouvé et du capitaine Mornet.

Malvy avait fait du ministère de l'Tntérieur, de la Sûreté générale et d'une partie de la Préfecture de Police, trois succursales de la police allemande. Leymarie commandait les passeports, que Maunoury faisait délivrer immédiatement, et d'autant plus vite que les demandeurs étaient plus suspects.

Mais, direz-vous, comment Caillaux, Malvy, Paul Meunier, Judet et Cie ne tenaient-ils pas compte de l'hypothèse d'après laquelle leurs crimes pouvaient être, ainsi que leurs complices, surpris ou dénoncés un beau matin ?

Malvy, Caillaux, Paul Meunier, Judet et Cie se croyaient tout-puissants. Ils disposaient de la censure. Ils tenaient en laisse ces quatre chiens rampants de présidents du Conseil, qui s'appelaient Viviani, Briand, Ribot et Painlevé. Caillaux et Malvy disposaient d'une belle majorité à la Chambre de 1914, élue suivant leurs directions, lesquelles passaient par Berlin. Ils se disaient qu'aucun républicain n'aurait le toupet de leur mettre la main au collet. Ils avaient raison, puisque Viviani, Briand, Ribot et Painlevé sont venus successivement défendre devant la Haute- Cour ce que le lieutenant Bruyant, du Grand Quartier Général, a appelé

avec tant d'à-propos, une politique d'intelligences avec l'ennemi. Rien ne m'empêchera jamais de constater que ladite politique nous a coûté des centaines de milliers de morts en surcroît.

Lorsque le mandat donné à cette Chambre de 1914 fut épuisé, elle continua, elle dut continuer par la force des choses à siéger et à diriger les affaires du pays. Grâces à Dieu, Clemenceau s'était levé, il avait fait saisir Caillaux et sa bande pour les livrer à la justice militaire. Il prit vigoureusement la conduite de la guerre et exigea des armées alliées qu'elles se rangeassent sous les ordres du généralissime français. Il faut reconnaître que M. Poincaré, dont nous avons dit l'attitude aux débuts de sa Présidence dans la question des écoles, sut, pendant la tourmente, remplir son rôle de manière à mériter la reconnaissance des vrais patriotes. Il sut, dès qu'il vit l'incapacité ou la faiblesse ou même la trahison de ses ministres, faire litière de ses préférences personnelles et appeler Clemenceau3.

C'est dans de telles conditions que la victoire fut remportée. Après Dieu, c'est surtout l'intelligence et la science des chefs militaires, ouvertement catholiques, qui, malgré tout ce que la secte avait pu faire pour les écarter, nous ont valu la délivrance et la victoire. Leurs noms sont dans le cœur de tous les Français. C'est Joffre à la première Marne, Pétain à Verdun, Castelnau à Nancy, Foch à la seconde Marne, sans parler de leurs lieutenants bien dignes de tels maîtres. Du 5 au 12 septembre 1914, du 21 février au 1er novembre 1916, du 17 juillet au 11 novembre 1918, ces puissants esprits s'unirent pour concevoir et mener les opérations de la guerre et en amener le succès, et cela malgré les ordres de nos gouvernants qui vinrent plusieurs fois entraver leurs desseins et même leurs opérations ; et aussi malgré la juiverie capitaliste qui fournissait aux traîtres du gouvernement et du Parlement, comme aussi aux traîtres de la Presse les subsides les plus larges.

Le traité de paix porte aussi l'empreinte de la secte. Il a été rédigé de telle sorte qu'il se trouve placé en dehors de tous les précédents. Le nom de Dieu ne s'y trouve point. Dans la chré-

3. Il faut toutefois observer que sous son gouvernement jamais Dieu n'a été officiellement invoqué, jamais aucune action de grâces ne fut adressée au ciel, malgré l'évidence de son secours et malgré les vœux de la population.

tienté les traités avaient été faits jusqu'ici au nom de la Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, et en dehors de la chrétienté au nom de Dieu. Ce silence, en opposition avec tout ce qui avait été fait jusque-là, n'a pu ne pas être voulu. Ce serait alors un acte d'apostasie collective. La plupart des chefs d'Etat, au nom de qui il était fait, avaient, au cours de la guerre, fait profession de foi en Dieu dans leurs discours. Faut-il voir dans leur signature à l'acte suprême, l'acte athée, l'influence de la secte sur tous et chacun des représentants des nations représentées? Il y aurait en cela un signe plus effrayant que tous ceux donnés auparavant de l'état dans lequel l'humanité s'est mise en face de Dieu.

II. Après la guerre. — Une commission où se sont trouvés réunis les délégués de tous les peuples ayant plus ou moins participé à la victoire se réunit à Versailles au lendemain de la signature de l'armistice. On sait l'organisation qu'elle s'est donnée et le fonctionnement qui lui a été tracé ; et l'on sait aussi ce qu'elle a produit et l'état dans lequel le monde a été jeté par les dispositions qu'elle a prises, les engagements qu'elle a contractés et fait contracter.

Une juste observation a été faite par un écrivain anticatholique, mais clairvoyant sur certains points, M. Etienne Fournier, dans le livre qu'il publia sous ce titre : Les Volets du Diptyque :

Cette guerre, dit~iï, laisse les grandes directions du monde aux mains des puissances puritaines...

Et le judaïsme international, lui aussi, réclame sa part... Après la révolution russe, les forces israélites se sont tout naturellement rapprochées des puissances protestantes, auxquelles elles sont unies par plusieurs liens, dont le plus fort est le lien pédagogique 4.

Parlant de la manière dont ont été conduites les affaires d'Orient, M. Joseph Denais est arrivé à une conclusion semblable :

Parmi les personnages qui ont joué et qui jouent un rôle important, le nombre des protestants, des francs-maçons et des juifs, est singulièrement élevé 5.

De la guerre était sortie la Révolution qui a mis la Russie

4. Les volets du Diptyque, 1920, Berger-Levrault, p. 132-133.

Page 1