‹ Les pourquoi de la guerre mondialeChapitre 66 sur 146 · Libre Parole, 23 mai · texte numérisé non relu

Libre Parole, 23 mai

dans l'état où nous la voyons et cette révolution a engendré le bolchévisme, le dernier fruit produit par l'esprit révolutionnaire et sectaire qui menace de précipiter l'Europe et l'Asie dans la plus affreuse barbarie.

Le bolchévisme russe, a observé le Temps, est à l'œuvre, à coups de roubles, dans tous les pays neutres et dans tous les pays alliés, en Suède, en Suisse, en France, en Italie. Il est le moteur caché de tous les mouvements révolutionnaires. Bien plus, le voici ayant partie liée avec le nationalisme turc; le voici en Perse, menaçant plus loin encore l'Inde anglaise et tâchant de soulever l'immense vague musulmane 6.

L'Assemblée de Versailles n'a rien vu et n'a rien prévenu. Elle avait d'autres préoccupations, d'autres vues que celles de considérer le bien général. Toute son œuvre la montre le regard fixé sur les avantages à procurer aux nation® protestantes au détriment des nations catholiques.

On a dit de la paix de Versailles qu'elle était une paix anglosaxonne. M. Batault, dans le Mercure de France, suggère une autre épithète, encore plus juste. C'est, dit-il, une paix protestante, et qui porte la marque du quaker 7.

L'inextricable gâchis où se débat l'humanité est dû au grand malade du Nouveau Capitole, au prophète marchand, à Woodrow Wilson. Cette paix est un mélange de mercantilisme et d'impérialisme puritain :

Ménageant, et fortifiant finalement la Prusse réformée, mais exigeant qu'on écrasât la catholique Autriche, humiliant l'Italie dont la Rome païenne et chrétienne, centre de gravité du monde antique et du monde catholique est la capitale, traitant en gêneuse et en parente pauvre la Belgique martyre, coquetant avec le bolchévisme iconoclaste, destructeur de la sainte Russie, le Président souriait en caressant ses songes de pasteur fanatique... L'or tintait partout dans les caves du satrape inspiré et têtu, organisateur dément de l'universel désordre.

M. Batault aurait pu mettre en tête de l'énumération ci-dessus la France et la Pologne, chères à l'Eglise catholique par-dessus les autres, et plus que les autres aussi détestées par la secte.

La présidence de l'Assemblée avait été donnée au représentant de la France, M. Clemenceau, mais il ne nous était accordé en cela qu'une satisfaction d'amour-propre qui devait permettre de négliger dans ses délibérations nos intérêts qui devaient être sacrifiés si constamment par les commissions internationales qui lui succédèrent.

Celui qui fut l'âme de la Conférence était protestant, disciple

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