CHAPITRE III ISI.A A SALAMANQLi; — LA . JEUNESSE TRIOMPHANTE
lp|a à Salamanqiic : Études philosophiques et théologiques. — L'Espa^'ne en face des idées nouvelles. — Le Jésuite Luis de Losf^da. — Le Uéuédii tin Feijoo cl son œuvre. —Satires d'isia en s.i faveur.— i.i Jutentud triunfantf : une mascarade scolastiquc. — Mystères et farces eu 1127. — Querelles de couvent.
Son noviciat terminé, Islafut envoyé do Villagarcia de Campos à Salamanquo pour s'y livrer, durant six ou sept années, aux éludes philosophiques et théologiques suivant les règles de son Ordre. Il dut arriver ù Salamanquu dansTautoinne de 172U. Cette ville était encore de nom l'antique capitale de l'Espagne savante. Avec son Université, ses quatre Colegios Mayores, ses collèges séculiers au nombre de vingt environ, ses douze collèges monastiques ou réguliers, la Rome espagnole n'avait guère changé d'aspect depuis deux icnls ans. Mais on y eût cherche en v.iiii di-s niiiiiics ( ommo
Lebrija, le Pinciano, François de Victoria, Melchior CanoetTolet, des écoliers comme Maldonat, Suarez ou Calderon; et l'on sait à quel triste état y était réduit l'enseignement, celui surtout des sciences naturelles et de la médecine.
L'Université avait à cette époque pour vice-recteur un étrange personnage, qui, après avoir promené sur les grands chemins de l'Espagne et du Portugal une jeunesse passablement aventureuse, était devenu médecin, professeur de mathématiques et écrivain des plus féconds : il se nommait D. Diego de Torres Villaroel. Il a écrit une autobiographie très sincère que l'on ne saurait bonnement ranger ailleurs que dans la littérature picaresque (1). Il y peint au vif, de la façon la plus amusante, l'abaissement de l'enseignement scientifique à Salamanque. Mais ses exagérations burlesques ne permettent pas à un historien sérieux de faire grand fond sur l'autorité d'un tel homme, et son ignorance de ce qui se passait hors de son université interdit absolument de généraliser le tableau qu'il trace.
On a souvent cité le passage où Torres raconte qu'après avoir suivi de longues années les cours de l'université de Salamanque, il découvrit un jour, en feuilletant de vieux livres pour se distraire, qu'il existait au monde une science qui s'appelait les ma-
(1) Vida, ascendencia, nacimiento, crianza y aventuras del D^ D. Diego de Torres Villaroel, catedràtico de Prima de Mathemàticas en la Universidad de Salamanca, escrita par el mismo D. Diego de Torres Villaroel. Barcelona, por Juau Franc. Piferrer, in-18, s. a.