XIV INTRODUCTION
logne, exigeait seule une étude capable de retarder quelque peu le récit biographique.
Ce riche et curieux sujet est encore presque intact pour l'historien et le critique. Quelques pages solides de Sismondi et de Ticknor, un assez bon article dans la Nouvelle Biographie générale, l'édition de Fray Gerundio publiée en 1885, à Leipzig, par M. Lidforss, — puis les lignes banales et souvent pleines d'erreurs que s'empruntent mutuellement les manuels et les encyclopédies, — voilà à peu près tout ce qu'ont obtenu de l'érudition, dans ce siècle, Fray Gerundio et son auteur.
J'ai eu l'avantage de pouvoir mettre à profit de nouvelles et précieuses sources d'information, de nombreux écrits, jusqu'ici inconnus, du P. de Isla, et notamment plus de trois cents lettres, qui abondent en détails inédits sur sa vie et ses œuvres. Ces lettres, écrites par Isla à ses confrères, à sa sœur et à deux de ses intimes amis, aux époques les plus intéressantes de sa carrière, se trouvent réparties en deux collections principales.
L'une m'a été ouverte par les PP. Jésuites espagnols de la province de Castille, avec une libéralité dont je ne saurais leur témoigner assez de gré. L'autre se cachait au British Muséum, protégée contre la curiosité des chercheurs par les indications inexactes d'un