‹ Les prêcheurs burlesques en Espagne au 18 sìecle; étude sur le P. IslaChapitre 71 sur 103 · CONDAMNATION F.T RÉSULTATS DE « KRAY GERUNDIO · texte numérisé non relu

CONDAMNATION F.T RÉSULTATS DE « KRAY GERUNDIO

seconde partie va s'achever, gi-ûce à une idée vraiment divine qui est venue au P. Idiaquez. Si j'arrive à l'exprimer et à la développer comme je la conçois, ce sera une clef, non pas d'or, mais de diamant très précieux : ridée est d'un goût aussi original que délicat. Elle a cette particularité rare et très appréciable, qu'elle laissera l'ouvrage ouvert ou fermé à volonté : nous pourrons le continuer ou l'arrêter là, suivant les circonstances. S'il s'achève avec le second volume, il sera comi^let ; et nous ajouterions vingt nouveaux volumes, que la résurrection du héros ne paraîtrait point miraculeuse, mais fort naturelle ([). »

Cette invention, il faut l'avouer, ne méritait point tant d'enlhou^iasme, C'est l'épisode passablement incohérent que nous avons rapporté ailleurs, et dans lequel un prétendu évoque arménien et un milord anglais travaillent tour à tour à débrouiller les manuscrits syriaiiuos, d'où est tirée Vhistoire du fameux prt-dicatcur.

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Quoi qu'il en soit, ce deus ex ?7iac/iirîa satisfit entièrement l'auteur, et la prétendue clef d'or ferma l'ouvrage. Elle ne le rouvrit point. La condamnation survenue, Isla considéra, bien entendu, cette affaire comme entièrement finie, et c'est dans ce sens qu'il faut entendre ce qu'il écrit à un de ses confrères, le 26 juin 1766:

« La prétendue troisième partie de Fray Gerundio n'existe point, et je ny ai jamais songé. Assurez-le ainsi au personnage en question (1). »

On doit donc admettre que le P. Hervâs, trompé par ses souvenirs déjà lointains, nous donne comme un fait accompli ce que l'auteur ne lui avait présenté que comme une vague idée d'autrefois et un résumé du dernier chapitre de son roman. D'ailleurs le but d'Isla était atteint ; le contre-poison avait opéré, le malade était guéri.

En effet, si Fraij Gei'wndio égala en quelque chose, et surpassa peut-être Don Quichotte, c'est dans le succès qui l'accueillit et le résultat qui le couronna. L'œuvre de Cervantes n'avait point été jadis attendue avec autant d'impatience que celle d'Isla ; le débit n'en fut point aussi précipité ; mais l'effet de part et d'autre fut semblable.

Dès la publication de Don Quichotte (1605), les romans de chevalerie, s'ils ne disparurent pas entièrement, furent frappés à mort ; au lendemain du jour où parut Fray Gerundio, l'Espagne assistait au renou-

(1) Lettre inàl. à Ckristùial Saez, coadjuleur du procureur de la prov, de Castille à Madrid, le 26 juin 1766.

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