‹ Les précieuses ridicules; comédie. Nouv. éd., conforme à l'éd. originale, avec les variantes, une notice sur la pièce, le sommaire de Voltaire, un appendice et un commentaire historique, philologique et littéraireChapitre 126 sur 155 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

JODELET

II m'en doit bien souvenir, ma foy : j'y fus blessé à la jambe d'un coup de grenade *, dont je porte encore les marques. Tàtez un peu, de grâce, vous sentirez quelque coup, c'estoit-là^.

CATHOS

Il est vray que la cicatrice est grande.

MASCARILLE

Donnez-moy un peu vostre main, et tàtez celuy-cy là, justement au derrière de la teste. Y estes-vous?

MAGDELON

Ouy, je sens quelque chose.

MASCARILLE

C'est un coup de mousquet* que je receus la dernière campagne que j'ay faite.

JODELET^

Voicy un autre coup ^ qui me perça de part en part à l'attaque de Gravelines'^.

1. La grenade était une boule de fer creuse, ainsi nommée en raison de sa forme, qu'on remplissait d'étoupes et de poudre, et que l'on jetait à la main sur l'ennemi, après y avoir mis le feu avec une fusée.

2. Toutes les éditions anciennes de Molière et la plupart des édi^ tions modernes écrivent, à tort : « Vous sentirez quel coup c'étoit là. »

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