SCENE XVII
GORGIBUS, MAGDELON, CATHOS, Violons,
violons'.
Monsieur nous entendons que vous nous contentiez à leur défaut, pour ce que nous avons joué icy.
GORGIBUS. Les battant.
Guy, ouy, je vous vais contenter, et voicy la monnoye, dont je vous veux payer. Et vous, pendardes, je ne sçay qui me tient que je ne vous en fasse autant, nous allons servir de fable-, et de risée à tout le monde, et voila ce que vous vous estes attiré par vos extravagances. Allez vous cacher, vilaines', allez
de Marivaux, dans laquelle Pasquin,- qui a revêtu lui aussi les habits de son maître, se voit forcé davouer à Lisette ce qu'il est véritablement : «Je suis... N'avez- vous jamais vu de la fausse monnaie ? Savez-vous ce que c'est qu'un louis d'or faux? Eh bien ! je ressemble assez à cela. »
•1. Var. a Un des violons. » (1734.)
2. C'est-à-dire de sujet de malins propos. Le sens primitif de fable (fabula, récit, fable, de /"art, jDarler) est ce que l'on dit, ce que l'on raconte. Corneille dit [Méd., l, 5), au même sens que Mo' Hère :
Il me laisse an milieu d'une terre étrangère, La fable de son peuple et la naine du mien.
Et Molière lui-même (Au., III, 1) : « Vous êtes la fable et la risée de tout le monde. » Et Pascal (Pens., Am. -propice, 1) : a Un prince sera la fable de toute l'Europe et n'en saura rien. »
3. Primitivement, dans le langage féodal, paysan, rolurier (bas lat. villanus, de villa, maison de campagne) ; puis, en terme de mépris, et adjectivement, par extension du sens de non noble qui est le sens propre de vilain, sale, déshonnéte, fâcheux, etc., et entin, substantivement, celui ou celle qui agit mal. De même Molière (£c. des Maris, V, 4) :
Voyez comme raisonne et répond la vilaine I
VOUS cacher pour jamais i. Et vous, qui estes cause de leur folie, sottes billevesées-, pernicieux amusemens des esprits oisifs, romans, vers, chansons, sonnets, et sonnettes^, puissiez-vous estre à tous les diables.