De la Société
3. La. Rhétorique française, où l'on trouve de nouveaux exercices sur les passions et sur les figures, où l'on traite à fond de la matière des genres oratoires, et où le sentiment des puristes est rapporté sur les usages de notre langue par René Bary, conseiller et historiographe du Roi, Paris, Pierre le Petit, 1639, avec privilège de 1632. Ce curieux petit livre n'a pas été assez étudié par les historiens de la société précieuse, quoique M. Livet l'ait signalé depuis longtemps; il faut y joindre l'Homme de cour du même. Voy. surtout dans la Rhétorique, p. 223-224, un passage intéressant sur les « trois sortes de langages » des pédants, du vulgaire, et de la Cour, et celui qu'il faut préférer.
la comédie de Mélite, où Pierre Corneille s'efforçait de t faire une peinture de la société des honnêtes gens ^ », et qui , malgré l'inextricable imbroglio de l'intrigue et trop de raffinement dans le style, est la simplicité même si on la compare aux comédies antérieures. Il prend nettement le parti du Cid contre Richelieu et l'Académie. S'il a le tort de désapprouver le sujet chrétien de Polyeucte, du moins reconnaît-il l'éclatante beauté des rôles de Pauline et de Sévère 2. A vrai dire, ses écrivains favoris sont Voiture et Balzac, mais , en attendant les grands prosateurs , qui ne sont pas encore venus, ceux-là ne sont pas à dédaigner. Voiture, malgré ses pointes et ses jeux de mots, ses gentillesses de pensée et d'expression, ses tours de force d'esprit, est bien souvent ingénieux et séduisant; la prose française lui doit une partie de sa souplesse et de son élégance. Or, Voiture, c'est tout l'hôtel de Rambouillet^. Balzac, épris de mots et de phrases, confond trop la forme extérieure de l'éloquence avec l'éloquence elle-même, mais il rend à la prose le service que Malherbe avait rendu à la poésie. Enfin , Vaugelas est un des premiers hôtes de Catherine de Vivonne; il recueille les façons de parler de l'hôtel, et c'est avec elles, en grande partie, qu'il compose ces Remarques sur la. Langue françoise, qui ressemblent aussi peu au Dictionnaire des Précieuses de Somaize que les « pecques » de Molière à l'illustre marquise et à ses amies *.
Sous Julie d'Angennes, la littérature de la société précieuse n'est déjà plus aussi saine. Les écrivains de la force de Chapelain, de Colletet, de Ménage, etc., trouvent chez elle trop bon accueil pour ne pas gâter un peu le goût dans un